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Un guide étape par étape pour l’action directe

Un guide étape par étape pour l’action directe
action directe

Traduction d’un texte de Crimethinc.

Qu’est-ce que c’est, à quoi ça sert, comment ça marche

La signification de l’action directe c’est simplement la suppression de tout intermédiaire: c’est résoudre les problèmes par soi-même plutôt que de quémander aux autorités ou de faire appel à des institutions extérieures. Toute action qui outrepasse les réglementations et la représentation pour atteindre directement des objectifs est une action directe – elle englobe tout, du blocage des aéroports à l’ aide aux réfugié.e.s qui s’échappent, en passant par la sécurité et à l’ organisation de programmes visant à libérer votre communauté de la dépendance du capitalisme . Nous présentons ici un guide pas à pas pour organiser et mener des actions directes, des premières étapes de la planification au débriefing final, en passant par le support juridique, la stratégie médiatique et la définition du niveau de sécurité adéquat.

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Il existe d’innombrables scénarios dans lesquels vous pourriez vouloir utiliser une forme d’action directe. Peut-être que des représentant.e.s de multinationales ignobles envahissent votre ville pour y tenir une réunion et que vous voulez faire plus que simplement tenir une pancarte; iels sont peut-être déjà là depuis longtemps,tenant des franchises qui exploitent les travailleur.euse.s et ravagent l’environnement, et vous voulez mettre fin à leurs méfaits; vous souhaitez peut-être organiser un événement festif axé sur la communauté, tel qu’une fête de rue. Une action directe cela peut être planter un jardin partagé sur un terrain abandonné ou le défendre en bloquant des bulldozers; cela peut prendre la forme d’occupation de bâtiments vides pour loger des sans-abri ou bloquer des bureaux du gouvernement. Que vous agissiez en secret avec un.e ami.e de confiance ou dans une action de masse avec des milliers de personnes, les éléments de base restent les mêmes.

Une action directe en quelques mots: Un guide étape par étape

Tout d’abord…

Brainstorming: choisir un projet et élaborer un plan

Le brainstorming peut commencer avec un problème que vous souhaitez résoudre ou une contribution sociale que vous souhaitez apporter. il peut être fondé sur les ressources que vous avez, le type d’expérience que vous désirez ou les personnes avec lesquelles vous souhaitez travailler. Vous pouvez conspirer pour une courte aventure ou pour une campagne à long terme. Souvent, le meilleur brainstorming a lieu au cours de rêveries et de conversations informelles: il est de bonne politique de croire que vos idées les plus folles peuvent devenir réel et de tenter de les réaliser.

De même, y compris lorsque vous assistez à des événements organisés par d’autres, il est préférable de prévoir un plan pour que vous puissiez contribuer à votre manière.

S’il est logique que votre action soit organisée ouvertement, définissez un format, tel qu’une assemblée publique, pour élaborer une stratégie et des tactiques. Invitez des ami.e.s, faites circuler des tracts ou faites du porte à porte pour l’annoncer. Présentez vos propres propositions à l’avance, au cas où personne ne le ferait.

Pour des actions plus clandestines, faites un brainstorming dans un environnement sécurisé avec un.e ou plusieurs ami.e.s de confiance. Gardez vos idées pour vous pendant que vous en discutez afin que vous ne les ayez pas déjà divulguées quand vous serez prêt.e à les essayer.

Objectifs: établir et hiérarchiser les objectifs de l’action

A qui votre action est-elle destinée? S’adresse-t-elle aux specta.teurs.trices présent.e.s sur place, aux audi.teurs.trices des médias mainstream, aux propriétaires de certaines sociétés, à leurs actionnaires, à la police et au gouvernement, à d’autres membres de la communauté, aux participant.e.s elleux-mêmes?

Qu’est-ce que vous voulez accomplir? S’agit-il de communiquer des idées, d’attirer l’attention sur une injustice, d’inspirer des gens, de sécuriser des ressources, de prendre une initiative particulière, d’infliger des dommages matériels invalidants, de dissuader, de démontrer un modèle que d’autres peuvent appliquer, de servir d’expérience d’apprentissage et de création de liens pour les personnes impliquées?

En établissant une compréhension commune des objectifs de l’action dès le départ, vous vous épargnerez beaucoup de maux de tête plus tard, lorsque vos plans changeront et que des conflits potentiels surgiront.

Structure

Groupes affinitaire: travaillez étroitement avec celleux que vous connaissez

L’un des modèles les plus efficaces et les plus sûrs pour l’organisation d’actions directes est le modèle du groupe affinitaire . Un groupe affinitaire est un groupe d’ami.e.s qui se font mutuellement une grande confiance et qui partagent les mêmes objectifs. En travaillant ensemble sur une longue période, iels deviennent efficaces.

Pour une petite action, les membres d’un groupe affinitaire peuvent assumer différents rôles. Pour une action plus importante, les groupes affinitaires peuvent travailler avec d’autres groupes affinitaires dans une «grappe», chaque groupe jouant un rôle. Cela peut rendre la prise de décision plus facile que dans une grande masse, chaque groupe pouvant envoyer un.e représentant.e à une assemblée. Des grappes de groupes affinitaires peuvent travailler ensemble pendant de longues périodes, renforçant ainsi la confiance et l’efficacité.

Recrutement: amenez prudemment d’autres individu.e.s et groupes

Une fois que vous avez un plan à proposer, déterminez le nombre de personnes dont vous avez besoin pour le réaliser. Si votre plan nécessite de garder le secret, invitez uniquement des personnes de confiance et dont vous êtes sûr qu’iels veulent y participer – toutes les personnes que vous invitez et qui ne participeront pas sont un risque de sécurité inutile. Étendez les invitations une à une, ou groupe affinitaire par groupe affinitaire, afin que celleux qui décident de ne pas participer ne sachent rien des autres participant.e.s. Commencez par poser des questions générales sur ce qui pourrait intéresser un.e participant.e potentiel et ne divulguez pas les détails critiques du plan, tels que l’objectif exact ou la date, jusqu’à ce qu’iel soit prêt.e à prendre un engagement. Au fur et à mesure que les gens rejoignent le plan et en amènent d’autres, assurez-vous que tout le monde a la même compréhension du degré de sécurité approprié.

À mesure que de plus en plus de personnes s’impliquent dans le projet, il est important que tout le monde comprenne le degré d’engagement attendu de sa part. Parfois, le groupe qui présente un plan en premier est plus investi que les autres; s’iels font des mois de travail de préparation, uniquement pour avoir un autre groupe sur lequel compter qui abandonne à la dernière minute, tout ce travail est gaspillé. Tout le monde partage la responsabilité d’être honnête dès le début sur ce qu’il est réaliste d’attendre d’elleux. Dans le même temps, celleux qui initient un projet doivent veiller à partager les responsabilités avec toutes les personnes impliquées.

Dynamique: assurez-vous que le pouvoir est distribuée horizontalement au sein de votre groupe

Prennez toutes les décisions de manière participative et consensuelle. Si votre groupe est suffisamment large pour le justifier, utilisez un processus de réunion formel ou informel pour vous assurer que toutes les voix sont entendues: fixez l’ordre du jour de chaque réunion et choisissez un.e facilita.teur.trice pour que les choses se déroulent comme prévu. Au plus tout le monde participera, meilleures seront les décisions que vous prendrez.

Soyez conscient.e des dynamiques internes qui peuvent être déséquilibrées, telles que celles entre des personnes d’origines différentes, ou entre des organisa.teur.trice.s locaux et des participant.e.s de l’extérieur de la ville. Au plus tout le monde participe à la planification et à la préparation de l’action,au plus tout le monde s’investira dans son succès. Un groupe avec une bonne dynamique interne est plus intelligent que n’importe quel individu.e; les individu.e.s peuvent apporter des idées, mais ensemble, le groupe peut trouver le meilleur moyen de les appliquer.

Assurez-vous que tout le monde se sent soutenu.e et à l’aise tout au long du projet; s’informent mutuellement aussi bien à l’extérieur des structures formelles qu’à l’intérieur de celles-ci. Bien que souvent négligé, le maintien du moral est un aspect essentiel d’une bonne organisation d’une action directe. Gardez la tête froide face aux surprises et aux incertitudes.

Les bases

Culture de la sécurité: Faites circuler l’information selon le besoin de savoir

La culture de la sécurité est un moyen d’éviter la paranoïa malsaine en minimisant les risques en tout temps. Si vous et vos ami.e.s vous comportez toujours avec sagesse, vous aurez moins à craindre les infiltrations et la surveillance.

L’essence de la culture de la sécurité est que les informations soient partagées selon le besoin de savoir. Dans certains cas, toute la ville a besoin de connaître votre action pour que celle-ci soit un succès. dans d’autres, il est crucial que l’action ne soit jamais évoquée en dehors du cercle des personnes directement impliquées. Toute personne au courant de l’action doit partager le sens du niveau de sécurité jugé approprié et respecter les besoins des autres en matière de sécurité.

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Le consentement est aussi important pour la sécurité que pour l’intimité; il n’est jamais acceptable de violer les souhaits de quelqu’un.e d’autre en matière de sécurité. Énoncez dès le début vos propres besoins en matière de sécurité; prêter serment de silence ensemble au besoin. Ne parlez jamais de votre implication ou de celle d’autres personnes dans des actions passées,peu importe à quel point elles sont anciennes, sans leur permission expresse.

Lorsqu’un groupe se réunit pour travailler sur un projet, assurez-vous que toutes les personnes présentes sont certifiées fiables et dignes de confiance par les autres membres du groupe. Pour vous protéger, vous devez être prêt.e à garder le silence face aux interrogatoires et aux pressions légales.

Dès le début d’un projet, vous devez opérer selon le niveau de sécurité le plus élevé possible. vous pouvez toujours devenir moins prudent plus tard, mais si vous commencez par être insouciant.e.s, vous vous fermez à beaucoup d’options.

Soyez conscient.e.s de toutes les manières dont vos actions peuvent être surveillées ou suivies: les enregistrements des caméras de surveillance, les achats que vous effectuez, les endroits où vous allez et les personnes avec lesquelles vous êtes vu.e, l’emplacement des réunions, les objets que vous jetez à la poubelle , les sites Web que vous visitez, les fichiers sur votre ordinateur, les empreintes digitales que vous laissez (sur les batteries à l’intérieur d’une lampe de poche ainsi qu’à l’extérieur de celle-ci, par exemple) et pratiquement tout ce qui implique un téléphone. Inventez des codes et préparez des alibis selon les besoins.

Toutes les personnes impliquées dans l’action doivent être conscientes des risques qu’ielles prennent et des éventuelles accusations criminelles qui y sont associées et être préparées à ces dernières. Il est important de ne pas pousser les choses plus loin que vous ne vous sentiez prêt.e à aller: si vous êtes blessé.e ou arrêté.e tout en vous exposant à un niveau de risque pour lequel vous n’êtes pas préparé émotionnellement, les effets peuvent être dévastateur. Il est bien plus préférable de commencer lentement, de construire une implication durable avec des projets d’action directe pouvant se poursuivre tout au long de la vie, plutôt que de foncer dans une action, de vivre une mauvaise expérience et d’abandonner toute activité de ce type.

Si votre action peut entraîner des arrestations, préparez une structure de soutien juridique pour celleux qui y participent. Cela peut inclure un numéro d’aide juridique à appeler par les personnes arrêtées, des observa.teur.trice.s juridiques pour surveiller et documenter les agissements de la police , de l’argent, des avocat.e.s pour fournir un soutien immédiat aux personnes arrêtées et pour les représenter devant un tribunal, et un cercle de personnes disposées à offrir un soutien émotionnel, financier et logistique tout au long des procès.

Le numéro d’aide juridique doit être accessible pour recevoir des appels à tout moment de l’action; N’oubliez pas que dans certains cas, vous ne pourrez pas appeler un téléphone portable depuis une cellule. Le numéro d’aide juridique ne doit pas incriminer les personnes arrêtées ni les destinataires des appels. Si votre alibi tient en partie au fait que vous ne vous connaissez pas, n’appelez pas le même numéro quand vous êtes enfermé.e.s. Si vous craignez d’oublier le numéro, écrivez-le au marqueur permanent sur une partie cachée de votre corps. La personne qui utilise le numéro d’aide juridique doit connaître le nom complet des personnes susceptibles d’être arrêtées afin de vérifier leur statut. (NdT: Texte états-uniens, le contexte légal est différent ici et selon nous ce n’est pas nécessaire)

Une partie plus technique vis-à-vis de la législation US a été retiré de la traduction. Elle n’as pas d’intérêt à nos yeux étant donné les grosses différences de législations. Pour plus d’infos sur la législation belge, n’hésitez pas à consulter le guide légale.

Toute communauté dont les membres pourraient être arrêté.e.s ferait bien de constituer à l’avance une caisse de soutien financier; Cela peut économiser beaucoup de temps passer à courir dans tout les sens en cas d’urgence. Organisez des soirées de soutien, vendez des t-shirts, sollicitez des dons de sympathisant.e.s fortuné.e.s,… Assurez-vous que la caisse de soutien reste avec quelqu’un qui est impartial.e, digne de confiance et toujours facile à joindre.

De même, déterminez quelle sera votre stratégie médiatique – s’il est judicieux d’attirer l’attention du public et du soutien vers les personnes arrêtées.

Médias: Établissez quelle couverture vous voulez et obtenez-la

Bien avant une action, lorsque vous établissez et hiérarchisez les objectifs, déterminez exactement quelle couverture médiatique vous souhaitez, de quelles sources et comment vous allez l’obtenir ou l’éviter. Cela peut vouloir dire écrire et envoyer un communiqué de presse (qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi) ou une revendication, désigner un.e porte-parole pour représenter votre projet auprès de la presse, inviter des journalistes de média mainstream ou indépendant.e.s à participer à l’action ou à une conférence de presse, faxer des revendications ou faire des appels téléphonique à la presse, donner des interview (en personne ou par téléphone), ou faire de l’auto-média. Si vous souhaitez éviter certains types de couverture, vous pouvez également demander à un.e participant.e de s’assurer que les photographes ne dirigent pas leurs appareils photos vers vous.

Si vous communiquez avec les médias, organisez des sujets de discussion, des petites phrases que votre porte-parole répète pour être sûr qu’ils obtiennent une couverture médiatique. Donnez aux représentant.e.s de la presse le moins de matériel possible pour qu’iels soient obligé.e.s utiliser la partie que vous souhaitez. Gardez une trace des journalistes qui ont tendance à fournir une couverture positive et approchez-les personnellement. Si vous avez un site Web, insérez cette adresse dans la couverture médiatique mainstream pour rediriger les téléspectateur.trice.s vers votre média. Vous pouvez également informer le public vous-même en collant des affiches, en utilisant une radio pirate, en prenant la parole lors de conférences ou en entamant des conversations en porte-à-porte.

Si votre action justifie un haut niveau de sécurité, envoyez votre communiqué en toute sécurité: par exemple, depuis un ordinateur public qui ne laisse aucune trace de qui l’utilise. Sachez que les appareils que vous utilisez peuvent vous incriminer.

Préparation

Planification: étudiez le contexte, élaborez une stratégie, planifiez différents scénarios

Une bonne planification est l’essence même d’une action directe sûre et efficace. Gardez à l’esprit vos objectifs et vos priorités, ainsi que les ressources avec lesquelles vous devez travailler, élaborez et comparez différentes stratégies. Évaluez les risques et les avantages potentiels de chacune: choisissez toujours le moyen le plus sûr d’atteindre un objectif donné et soyez sûr de pouvoir assumer les risques que vous avez choisis de prendre. Il arrive parfois que, au fur et à mesure du processus de planification, un projet devienne de plus en plus ambitieux et dangereux, jusqu’à ce que certaines des personnes impliquées commencent à avoir des doutes; à ce stade, il sera peut-être nécessaire de mettre au point une version plus sûre ou plus réduite du plan, afin que celui-ci puisse toujours avoir lieu.

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Il y a d’innombrables facteurs à prendre en compte dans la planification. Vous devez choisir la tactique la plus efficace dans le contexte de la situation sociale et politique présente. Vous devez choisir le meilleur emplacement pour l’action et prendre en compte toutes ses caractéristiques. vous devez choisir la meilleure date et heure. Vous devez garder à l’esprit les autres personnes qui seront dans la région et leur réaction: seront-elles sympathiques ou des groupes de « justicier.e.s » hostiles pourraient-ils nuire à vos activités? Vous devez coordonner la synchronisation des différentes parties de l’action, prévoir le temps que chacune prendra et déterminer comment les personnes impliquées dans l’action communiqueront.

Lors de la prévision des réactions des autres, par exemple de la police, prenez en compte les facteurs qui les influencent: s’attendent-iels à ce que vous planifez ou avez-vous un élément de surprise? Si vous avez l’avantage de la surprise, combien de temps durera-t-il? Y aura-t-il beaucoup d’attention concentrée sur l’événement? Est ce que ce que vous faites sera immédiatement évident? Y aura-t-il des citoyen.e.s de classe moyenne ou des journalistes dans les environs et leur présence va-t-elle freiner la réponse des autorités? Quelle sera probablement leur stratégie, basée sur les précédents concernant le comportement de la police dans ce contexte? Est-ce que leurs chef.fe.s veulent vous décourager avec force ou veulent iels éviter de provoquer du remoud ? À quel point leurs communication sont-elles éfficace, à quelle vitesse se déplacent-iels, où sont-iels situés et quels itinéraires empruntent-iels?

Ne sous-estimez pas les défis de simples problèmes de logistique, tels que le transport de personnes ou la communication dans des situations stressantes. N’oubliez pas non plus de planifier une stratégie de fuite.

Étant donné que les plans fonctionnent rarement tels qu’ils sont prévus, il est important de disposer de plans de secours pour différents scénarios: «Si ____, nous allons ____; si ____, nous allons ____.  » Pensez à différents objectifs, au cas où votre premier choix s’avérerait impossible. Disposer d’une structure de base pour les communications et la prise de décision vous aidera à vous préparer aux situations qui se déroulent différemment des scénarios que vous aviez imaginés.

Veillez à ne pas mettre les autres en danger pour vos actions; les autorités vont probablement accuser les auteur.e.s des crimes les plus graves possible, et il est donc important que celleux qui prennent des risques quittent la zone en toute sécurité et que les chefs d’accusation sérieux ne puissent être reprochés à qui que ce soit. Dans certains cas, vous pouvez regrouper des groupes à plusieurs niveaux dans lesquels tout le monde connaît l’objectif général, mais seuls quelques-un.e.s connaissent des détails essentiels, tels que la cible ou les personnes qui exerceront l’activité la plus risquée.

Soyez prêt.e.s pour le meilleur des cas, mais aussi pour le pire. Les nouvelles idées, si elles sont bonnes, ont tendance à échouer parce que les gens ne les poussent pas assez loin, tandis que les idées anciennes échouent généralement parce qu’elles sont trop familières à tout le monde, y compris aux autorités. Parfois, les meilleurs résultats proviennent de l’application de tactiques familières dans des contextes entièrement nouveaux.

Retournez dans le passé pour rechercher des précédents, des occasions où des actions similaires ont été tentées dans des contextes similaires. Ceux-ci peuvent être très instructifs. En accumulant des années d’expérience et en tirant parti des succès et des échecs des autres, vous développerez des compétences vous permettant de prévoir et de vous préparer à une grande variété de situations.

Préparation: Rassembler le matériel et s’habiller convenablement

Une fois que vos plans sont posés, établissez un calendrier jusqu’à votre action, en comptant à rebours depuis le grand jour pour établir les délais pour tout ce qui doit être mis en place.

Dès le début de la planification, déterminez le financement, le matériel et les autres ressources dont vous aurez besoin ainsi que la manière de les obtenir. Si la sécurité est une priorité, obtenez ce dont vous avez besoin de manière à ce que cela ne puisse vous être attribué; Les groupes affinitaires de l’extérieur de la ville peuvent acquérir du matériel potentiellement incriminant loin du lieu de l’action.

Assurez-vous que tout le monde a des vêtements appropriés pour l’action, y compris différentes couches de tenues si nécessaire. Prenez en compte les problèmes de sécurité en ce qui concerne les vêtements: si tout le monde s’habille en noir pour l’anonymat, assurez-vous que personnes n’aient des vêtements avec des caractéristiques d’identification uniques; De même, si vous vous présentez comme des passant.e.s, rappelez-vous que la tenue civile est différente à Miami de celle à Seattle. Si le timing est important, assurez-vous que toutes les montres soient synchronisées.

Vérifiez deux fois pour vous assurer que tout est prêt avant la date limite. Passer par une séance d’entraînement, verbal si pas physique. Si les participant.e.s ne connaissent pas bien la région, distribuez des cartes. Au besoin, dissimulez le matériel nécessaire dans la zone avant l’action, en prenant soin de ne rien divulguer pendant le processus.

Repérage: étudiez le site de l’action et restez au courant des changements

Avant l’action, étudiez attentivement la zone. Tracez des itinéraires sûrs à l’entrée et à la sortie; cherchez des cachettes, des obstacles, des cibles potentielles et des caméras de surveillance (y compris celles situées dans des guichets automatiques et des feux de signalisation). Notez combien de temps il faut pour parcourir les distances clés et soyez conscient de la visibilité depuis et vers les emplacements clés. À quelle distance se trouvent les autorités, combien de temps leur faudra-t-iel pour arriver? Leur approche peut-elle être retardée? Qui d’autre est dans la région?

Pendant le repérage, veillez à ne pas attirer l’attention sur vous-même ou à ne pas laisser de trace évidente de votre passage. Veillez à effectuer au moins une partie de votre repérage à la même heure de la journée que l’action prévue et, si possible, effectuez une vérification rapide juste avant celle-ci pour vous assurer que rien n’a changé. Si votre action nécessite des tâches intimidantes, telles que grimper sur un toit escarpé, il peut être utile de faire un entraînement pratique à un moment donné.

Des informations peuvent également être recueillies à partir de photos, de cartes et de brochures. des cartes aériennes ou des plans peuvent être disponibles. Dans certains cas, vous pouvez obtenir des informations auprès d’un centre touristique, ou appeler et poser des questions sous un prétexte (comme un.e étudiant.e qui fait un rapport, par exemple), ou même avoir une visite guidée. Une fois que vous avez collecté de nombreuses informations, il peut être utile de regrouper les éléments importants dans une carte adaptée à vos besoins. Veillez à disposer de tous les fichiers et documents en toute sécurité.

Rôles: répartir les responsabilités et mettre en place les structures décisionnelles

Identifiez tous les rôles nécessaires à la réalisation de votre plan et assurez-vous qu’ils sont tous remplis. Certains rôles potentiels peuvent inclure:

  • guetteur.euse.s
  • éclaireur.euse.s
  • liaisons vis-à-vis de la police
  • porte-parole vis-à-vis des médias
  • automédia («intégré»)
  • contacts d’aide juridique
  • observateur.trice.s juridiques
  • street-medics
  • Distractions
  • «Planqué.e.s» (par exemple, des personnes déguisées en spectateur.trice.s innocent.e.s qui sont prêt.e.s à intervenir si nécessaire, ou qui klaxonnent poliment pendant qu’une barricade est érigée devant elleux)
  • conducteur.trice.s pour fuir
  • des gens pour transporter des matériaux
  • des gens qui recoivent des informations et prennent des décisions tactiques
  • des gens pour mener à bien l’action à proprement parler

Dans certaines situations, il est sage d’avoir des doublons pour les rôles importants, au cas où il s’avérerait à la dernière minute que quelqu’un.e ne peut pas participer. Cela est particulièrement vrai si vous ne savez pas à l’avance quelle sera la date de votre action – par exemple, si elle doit coïncider avec un événement que vous ne pouvez pas prédire à l’avance, tel que l’annonce d’un verdict ou une déclaration de. guerre.

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Diplomatie: réfléchissez à la manière dont l’action affectera les autres

Si votre action se déroule pendant ou dans le cadre d’un événement plus important, il peut y avoir de grandes réunions au cours desquelles différents groupes tentent de coordonner leurs efforts. Celles-ci peuvent être utiles, mais elles ont tendance à consommer beaucoup de temps et d’énergie, alors assurez-vous d’y aller en sachant exactement ce que vous espérez accomplir.

Que vous agissiez au milieu de milliers d’autres militant.e.s ou loin de quiconque, tenez compte de la manière dont vos actions affecteront les autres. Vont-elles mettre les autres en danger? Provoqueront-elles la répression policière? Si tel est le cas, les autres en subiront-iels les conséquences et est-il possible de compenser cela? Vos actions rendront-elles plus difficile pour d’autres personnes d’effectuer un travail important dans une communauté donnée? Y a-t-il des négociations ou des garanties que vous devriez engager avant, pendant ou après l’action?

Respectez tous les accords que vous concluez avec d’autres groupes; certains pourraient être disposés à vous aider, avec ou sans connaissance des détails spécifiques de ce que vous faites. Avec le temps, si vous vous montrez fiable et prévenant, vous construirez des alliances avec elleux.

Pendant et après l’action

Vigilance: restez alerte tout au long de l’action

La vigilance est la clé du succès de toute action. Souvent, l’atmosphère peut changer très rapidement. Il est important de vous tenir au courant de ce qui se passe autour de vous et d’avoir établi à l’avance votre réaction à un scénario donné. Par exemple, l’arrivée d’une seule voiture de police est-elle un problème? Et s’il y en a dix? Est-il courant pour la police de traquer les manifestant.e.s dans cette ville? Bien que vous ne puissiez jamais être certain.e.s de ce qui va se passer, le fait d’examiner d’avance des scénarios possibles et d’avoir une idée de la façon dont votre groupe veut les traiter donnera à chacun.e une idée plus concrète de la façon de réagir – et de ne pas réagir excessivement – quand la situation évolue.

Lorsque vous informez les autres d’une évolution, annoncez les informations brutes, et non les conclusions que vous avez pu en tirer («La police met des masques à gaz», pas «Iels vont nous gazer!»), Afin que d’autres puissent en tirer leurs propres conclusions. Résistez à l’envie de paniquer et aussi à la tendance à vous laisser emporter.

Communications: se tenir mutuellement au courant

Pendant l’action, les guetteur.euse.s peuvent suivre les changements sur le terrain tels que l’arrivée de la police, les mouvements de foule, les activités des autres à proximité et les zones sûr. Iels peuvent utiliser des systèmes de communication tels que des téléphones prépayés (NdT: En Belgique, malheureusement une identification est nécessaire) une messagerie texte cryptée , des radios ou des sifflets pour rester en contact. des signaux audio ou visuels tels que des klaxons de voiture ou des feux d’artifice peuvent également servir. Un scanner radio peut être utilisé pour surveiller les communications de la police. (NdT: Plus possible en Belgique et en France où les communications de police sont numériques et cryptées depuis plusieurs années)

Pour rendre la communication plus efficace, les guetteur.euse.s peuvent rapporté les informations à un individu ou à un sous-groupe au centre de l’action; dans un cadre plus large, iels peuvent rapporter leurs observations à un centre d’information central par téléphone, que les autres peuvent appeler pour poser des questions.

Le matériel de communication peut vous rendre plus efficace tout comme il augmente également le risque de surveillance. Vous pouvez utiliser des codes et des noms de code, mais soyez judicieu.x.ses – les codes compliqués sont faciles à oublier et les procureur.e.s peuvent affirmer que vos codes ont un sens plus radical que ce qu’ils n’avaient réellement. Même si aucun autre système de communication n’est utilisé, il peut être utile d’avoir l’option d’un signal d’abandon en cas d’urgence.

Dispersion: arrêter tant que vous avez de l’avance

Une évasion en toute sécurité est la partie la plus souvent négligée de l’organisation d’actions directes. Assurez-vous d’avoir une stratégie de fuite élaborée à l’avance. Si vous faites partie d’un grand groupe, en particulier avec d’autres qui n’ont pas participé au processus de planification, réfléchissez à la manière d’éviter la mentalité de troupeau qui maintient les foules rassemblées après qu’il ait été préférable de se séparer. Sachez quand profiter de votre avantage et quand partir – quand courir aussi vite que vous le pouvez et quand marcher nonchalamment. Jeter tout ce qui pourrait vous incriminer, si possible dans un endroit où cela ne sera pas trouvé; attendez pour changer d’apparence jusqu’à ce que vous soyez sûr de ne plus être observer.

Au besoin, rassemblez-vous ensuite dans un endroit sûr et assurez-vous que tout le monde est pris en compte; recueillir de l’argent de la caution, demander de l’aide extérieure, rédiger des communiqués de presse Tant que toutes les personnes impliquées sont toujours présentes, obtenez les coordonnées de toute personne susceptible de pouvoir témoigner ou de fournir des documents pour aider les personnes arrêtées.

Débriefing: Regroupez-vous pour discuter de ce qui a bien fonctionné et des leçons que vous pouvez en tirer

Après l’action, détruisez toute preuve pouvant être utilisée contre vous; conservez des outils qui pourraient être liés à l’action dans une cachette à l’extérieur de votre maison. Si vous devez témoigner devant un tribunal à une date ultérieure, envisagez de noter tous les détails dont vous pourriez avoir besoin sur un morceau de papier et de le cacher à un endroit où vous pouvez être sûr qu’il ne sera jamais retrouvé. Rassemblez-vous dans un environnement sécurisé et passez en revue ce qui s’est passé. Assurer un suivi des questions en cours, telles que soutenir les personnes ayant des procès, fournir au public des éclaircissements supplémentaires sur les objectifs et les idées qui sous-tendent l’action, et régler les conflits. Célébrez vos victoires, faites-vous des critiques constructives, tirez les leçons de vos erreurs et établissez des plans pour le prochain projet.

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Wallonie Lib

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3 commentaires sur “Un guide étape par étape pour l’action directe

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