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Notes en faveurs d’une grève des électeurs et des électrices.

Notes en faveurs d’une grève des électeurs et des électrices.

Texte du Groupe Anathème (lien FB)

groupe anatheme

NOUS NE VOULONS PAS UNE PLUS GROSSE PART DU GÂTEAU. NOUS VOULONS LA BOULANGERIE.

Pourtant, autour de nous tourne le monde. Puis ces villes et campagnes où nous sommes joyeusement enfermés. Autour de nous ces choix qui n’en sont pas. Ces carrières que l’on nous propose. Ces jobs qu’on nous impose. Ces études qu’il faut bien faire. Autour de nous ces images qui défilent. Ces sons qui s’enfuient. Toutes ces fêtes auxquelles l’on se rend encore, par habitude ou par ennui.
Et toujours au final ce sentiment qu’il manque un substrat à l’existence.
Nous voilà donc jeté dans le siècle du divertissement. Siècle d’ennui.
On ne peut divertir qu’un être qui s’ennuie.
Nous aurons, par-dessus tout, bientôt à subir deux années électorales. Cela a déjà commencé. Déjà s’affichent ces visages d’inconnus et d’inconnues qui réclament notre suffrage au nom d’un bonheur général. Cette mascarade à déjà été jouée trop de fois. On observe, distrait, les ambitions s’ébattre comme on regarde une mauvaise pièce de théâtre. Comme une antépénultième rediffusion du mariage de mademoiselle Beullemans. Tout y est mauvais. Les acteurs. Le scenario. Les dialogues.
Tandis que d’autres gèrent le cours de nos vies. Tandis que nos choix se résument a si peu de choses réellement choisies ; nous attendons, exalté ou patient, que quelques chose se passe.
Mais rien ne bouge.
D’avance, nous connaissons le déroulement de ce mauvais rêve. C’est qu’encore une fois, ce spectacle est de l’ordre du déjà-vu. Comme tout le reste.
Le Parti Socialiste fera semblant d’être de gauche. Le CDH fera semblant de s’opposer. La droite accélérera ses projets répressif, raciste et antisocial. Le vote utile sera invoqué.
« Sortez les sortants ! »
Sera invoquée aussi la possibilité d’une nouvelle majorité PTB. Et puis, Ecolo jouera comme toujours le rôle de variable d’ajustement.
Nous voici à nouveau noyé de force dans l’eau vaseuse d’un habituel filet de duperie. Et c’est le même tapage tous les quatre ans. Il ne reste encore pour s’y intéresser vraiment que l’éventail des râteliers universitaires, journalistiques et associatifs – et de temps en temps, ce brave citoyen mu par l’habitude. Au final, quelques changements à la marge seront obtenus.
Mais ce ne sera qu’un changement de personnel. Et encore. Puis tout ce beau monde, après avoir joué les gladiateurs au cœur de l’arène, se retrouvera à la buvette pour quelques arrangements. Au royaume de Belgique, le pouvoir est à la République des Copains.
Tout ça, pour ça.
On n’invoquerait pas tant la démocratie si elle semblait évidente à chacun.
On ne parlerait pas tant de peuple si nous avions encore la sensation de faire peuple.
C’est qu’en réalité, ce qu’on appelle société n’est qu’un ensemble de dispositifs destinés à mettre chaque individu.e.s sous tutelle.
L’école n’appartient pas à nos enfants ; elle appartient aux professeurs.
La rue ne nous appartient pas ; elle appartient à la police.
L’usine, ou le bureau, ou nous passons la majorité de notre temps, appartient à un boss.
Même le lieu où nous vivons ne nous appartient pas.
– les heures appartiennent encore aux horloges.
Et nous devrions, en plus, céder à d’autres le loisir de gérer une commune, une région, un pays, un continent ? Rien ne nous est plus propre sinon la peine d’une vie passée dans l’absence à soi, soumis aux désirs d’autrui, à la contingence des grands intérêts qui monétisent l’ennui. Tous devinent pourtant le désastre qui s’avance. Et la lourdeur des jours qui se ressemblent. Des vacances si semblables aux dernières vacances. Cette sensation d’éternellement courir sur un tapis roulant basic-fit. Cette sensation de courir sur des chemins qui ne mènent nulle part.
Pourtant, nous étions 15,7 % des électeurs et électrices à ne pas voter en 2014. Nous étions 1,2 millions à refuser de participer à la farce électorale. Que ce soit pour des raisons politiques, par désintérêts, ou par manque d’organisation.
Nous étions 1,2 millions, donc, à refuser le chantage à l’amende.
Que le vote soit obligatoire est en soi, encore un argument contre la démocratie représentative.
On n’invoquerait pas tant la démocratie si elle semblait évidente à chacun.
Entrons en grève.
Si la démocratie c’est cela.
Si la démocratie c’est choisir tous les quatre ans qui ira négocier à notre place le court de nos vies, dans l’opacité des palais, et des sièges de parti ;
Si la démocratie consiste à voter pour une politique et obtenir invariablement une gestion centriste et libérale, soumise aux desiderata de l’Europe des marchands ;
Si la démocratie, c’est offrir un blanc-seing à quelques partis pour qu’ils négocient ensuite entre eux, aux mépris des choix politique, en invoquant, bien sûr, la démocratie – décidément bien pratique pour justifier toute trahison ( Poke le MR) ;
Si la démocratie c’est cela :
Nous ne voulons pas de votre démocratie.

Entrons en grève.

Wallonie Lib

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3 commentaires sur “Notes en faveurs d’une grève des électeurs et des électrices.

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