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L’AG et les opressions psychophobes

L’AG et les opressions psychophobes

Ahhh l’assemblée générale, sacro-sainte pierre angulaire de l’autogestion, si souvent (trop) glorifié par le milieu anarchiste. Celle-ci se veut être l’endroit où tout se dit, tout se décide dans la plus parfaite égalité (sic). Ce mode de fonctionnement est tellement ancré qu’il est pratiquement impossible de le critiquer ou de le remettre en question. Et pour que cela soit clair dès le début de ce texte: Non, je n’ai pas de solutions clés en mains pour améliorer et/ou remplacer l’AG. Mais ce n’est pas, selon moi, une raison pour ne pas poser certaines questions, certaines réflexions qui mériteraient d’être approfondies..

L’AG, lieu de décisions horizontales, ça c’est pour la théorie…

Dans la pratique, on en est bien loin. Pas besoin d’avoir fait 1.000 AG pour se rendre compte que se sont souvent les même qui s’expriment. Il n’y a pas de doutes non plus sur le fait que la parole de certain.e.s est plus écoutée que celles d’autres personnes. Et en générale celleux qui s’expriment le plus et -surtout- que l’on écoute le plus sont les personnes les plus privilégié.e.s. Les oppressions sexistes, racistes, classistes, validistes sont clairement présente, y compris au sein de nos modes d’organisations et ce malgré notre volonté (et encore, ce n’est pas le cas de tout le monde ..) de les combattre. Évidement, il y a un contexte et des constructions sociales autour de cela et l’on ne supprimera pas toutes formes d’oppressions d’un claquement de doigt…

Mais si l’on veut vraiment combattre ces systèmes d’oppressions, nous nous devons d’y réfléchir, de nous remettre en questions, de tenter d’y remédier et d’écouter les premièr.e.s concerné.e.s. Et pour se faire, il faut aussi faire en sorte que celleux-ci aient l’espace pour s’exprimer. Ce n’est pas toujours simples étant donné qu’on donne bien trop souvent un côté « urgentiste » aux AG et une attente d’efficacité qui se fait du coup au détriment de l’horizontalité.

Il va être question en particulier dans ce texte, des oppressions et difficultés que peuvent subir et ressentir les personnes neuroatypiques et/ou psychoatypiques. Que cela soit clair, il n’est pas question de hiérarchiser de quelques manières que se soit les différentes oppressions. Et il y a sans aucun doute de nombreuses réflexions, remises en questions et améliorations à faire dans nos AG vis-à-vis de toutes les autres oppressions.

Néanmoins, il faut bien dire que le sujet de la psychophobie et même plus largement du validisme n’est que peu abordé dans nos milieux. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de nos manières de nous organiser. Il est pourtant primordiale que ces questions soient visibilisées afin d’ouvrir des réflexions, de rendre nos milieux plus inclusifs et d’éviter d’y reproduire des comportements oppressifs.

Ce texte ne se prétend pas non plus exhaustif. Il ne prétend pas faire le tour de toutes les oppressions et difficultés que peuvent rencontrer les personnes NA/psychoatypique dans le cadre des AG.

Le sujet est extrêmement complexe et le vécu ainsi que les difficultés de chaques personnes peuvent être très différentes. Ce n’est d’ailleurs qu’une bribe, un début de réflexions, forcément incomplète et biaisé par mon vécu, des discussions que j’ai pu avoir ainsi que des témoignages que j’ai pu lire. De fait, ce texte est fort axé sur les difficultés de sociabilisation et de concentration liées au TDAH, du fait de mon vécu. J’ai voulu également parler de difficultés/oppressions dans nos modes d’organisations ressenties par d’autres personnes NA/PA, mais je ne peux évidement pas être aussi précis et exhaustif avec les vécus qui ne sont pas le mien. Ce n’est évidemment pas dans le but de visibilisé d’avantage le TDAH par rapport à d’autre NA/PA mais bien parce que c’est ce que je connais le mieux et je ne voudrais pas confisqué la parole aux concerné.e.s par d’autres NA/PA.

Par ailleurs, n’hésitez pas si vous le souhaitez à poursuivre cette réflexions, à partager vos expériences, vos opinions sur cette question complexe et si souvent oublié ou peu prise en considération.

Le capital social et les rapports hiérarchiques inconscients

De fait, dans les AG, les personnes qui ont le capital social le plus conséquent seront celleux dont les avis seront les plus pris en compte.

Non seulement parce que celleux-ci sont généralement à l’aise de s’exprimer devant un groupe, auront les codes, le vocabulaire, mais aussi parce que de facto le fait d’avoir beaucoup d’ami.e.s dans l’AG nous mets dans une position privilégié.

En effet, quand on connaît une bonne partie des gens présent.e.s, on se sentira plus à l’aise, on sait par qui on aura du soutien. De fait nos opinions seront plus écouté.e.s que celles exprimées par celleux qui n’ont pas beaucoup de relations sociales. Elles n’auront pas la même valeur. Peut-être même les questions discutées, l’auront déjà été en petit groupe informel et qu’on se retrouve en réalité dans une discutions pour la forme où en réalité les gens extérieur à ce groupe n’ont pas vraiment l’espace pour influencer la discussion.

Avoir plein de potes, permet aussi de s’affranchir plus facilement des « règles » de l’AG. Combien de fois ne voit on pas des AG où des personnes bien intégré.e.s dans le milieux peuvent se permettre de couper la parole ou de faire des ping-pongs sans que cela ne fasse réagir alors que si durant cette même AG, une personne moins connu.e et/ou qui a moins intégrer les codes militants se fait incendier?

Cette question du capital social est complexe.

Elle touche bien évidement au validisme. Les personnes NT, qui n’ont pas d’anxiété sociale, pas de difficultés de communications, pas l’air « bizarre » – y compris dans nos milieux qui se disent « inclusif »-, ont de fait un capital social plus important.

Ceci est d’autant plus vrai que la socialisation dans nos milieux se fait généralement d’une manière très normé (Aller en soirée/teuf, boire des bières en groupes plus ou moins imposant, aller à des rencontres ou des discutions). Ces espaces de socialisation ne prennent la plupart du temps pas du tout en compte les personnes neurodivergentes et/ou handicapé.e.s. Il y a généralement dans ces lieux beaucoup de gens, beaucoup de bruits, beaucoup de lumière agressive. Aucun endroit n’est aménagé pour pouvoir s’y réfugier en cas de crise. Généralement ces lieux sont peu voir complémentent inaccessible aux personnes en chaise roulante. Certes rendre un lieu accessible à tout.e.s peut être long et complexe mais ces questions ne se posent même pas.

Il en va de mếme pour les personnes qui ne sont pas physiquement valide. Beaucoup de lieu de sociabilisation peuvent leur être inaccessible ou difficilement accessible, diminuant par la même occasion leur capital social.

Mais cette question du capital social touche aussi à d’autres formes d’oppression.

Le classisme, par exemple, les gens ayant une situation financière confortable et des revenus fixes peuvent plus facilement se déplacer, aller à des concerts, boire des verres avec des potes et donc accéder à des lieux de sociabilisation. De même avoir eu accès à une bonne éducation et savoir bien s’exprimer facilitera la socialisation.

Ces diverses formes d’oppressions et de privilège peuvent en plus s’imbriquer les unes les autres. Il est de fait plus difficile d’avoir une situation financière stable quand on est pas valide. Et la précarité peut avoir des graves conséquences psychologiques.

De fait, les personnes qui ont le plus grand capital social sont bien souvent celleux qui accumulent le plus de privilège.

Ne pas aller ou quitter ce n’est pas s’en foutre

Ne pas aller en AG ou la quitter plus tôt, cela ne veux pas dire que la discussion ne nous intéresse pas ou que l’on ne veux pas participer aux prises de décisions. Non, de nombreuses raisons peuvent rendre ces moments très difficile et ce n’est pas juste une question de faire « un petit effort ». Ce qui est un petit effort pour certain.e.s personnes -Neurotypique- peut vite représenter une montagne insurmontable de difficultés pour d’autres. Qui plus est quand ces difficultés s’enchainent et qu’il faut arriver à socialiser, participer à des actions et faire 3 réunions par semaine pour être un.e « bon.ne militant.e »… Bref encaisser à n’en plus pouvoir au risque d’être vu comme une « personne qui ne veut pas vraiment s’impliqué ».

Pour un peu mieux illustrer les difficultés que peuvent représenter, pour des personnes NA/PA/handis, des choses qui paraissent « simple » aux yeux des NT vous pouvez lire la théorie des cuillères.

Anxiété sociale

L’anxiété sociale ce n’est pas juste de la timidité NT. Il ne suffit pas de « faire un effort » pour la surmonter. Et aller rabâcher ce genre d’arguments aux personnes concerné.e.s, c’est profondément violent. L’anxiété social, c’est une forte angoisse à l’idée d’être exposer aux autres, à leurs regards, à leurs jugements. De ce fait, juste aller à une AG représente un effort considérable, y participer encore plus.

Et parfois cette anxiété est trop forte, c’est juste insurmontable. Ce n’est pas pour autant qu’iels s’en fichent, ne sont pas intéressé.e.s ou ne veulent pas s’impliquer.

Parfois, même en ayant fait l’effort de venir, il arrive un moment de saturation, alors la personne part.

Il arrive aussi que même en ayant déjà fait l’effort considérable de venir à l’AG y participer soit trop compliqué, trop angoissant.

On peux réfléchir pour rendre ces moments moins angoissant, plus accessible. Et ainsi permettre aux gens de prendre part aux prises de décisions/réflexions sans être nécessairement présent.e.s.

On peux, par exemple, imaginer qu’une personne donne une note, un mots avec ce qu’iel veux exprimer à quelqu’un.e d’autres qui la retransmettra à l’AG. Cela peut être aussi valable si la personne est présente à l’AG mais ne veux/peux pas s’exprimer publiquement. On peux aussi imaginer que certaines questions soient d’abord discuter en petit groupe informel. Et ensuite d’en rediscuter en plus gros groupes, éventuellement en faisant des allers-retours entre ces deux modes de discutions si c’est plus accessible à certaines personnes.

On peux aussi réfléchir à nos manières de mener des réunions/AG, le modèle du grand groupe de cercle n’est pas forcément la plus inclusive et la moins angoissante…

De même les tours de paroles, où tout le monde se doit de s’exprimer peuvent être très angoissant. Donner l’espace à tou.te.s de s’exprimer c’est important mais il faut être attentif.ve.s que cela ne devienne pas une pression sociale, une obligation.

De même ne pas regarder une personne dans les yeux quand on lui parle ou quand elle nous parle ne traduit pas un manque d’intêret pour l’interlocuteur.trice.

Concentration

Rester concentré.e.s peux vite être compliqué, entre autre pour les personnes TDA(H). Suivre une AG qui dure des heures sans pause peut même s’avérer insurmontable.

Dans ce cas, se mettre à faire autre chose en AG, se perdre dans ce qui se dit, avoir l’air d’être ailleurs ce n’est pas du tout manquer d’intérêt pour ce qui est dit. Avoir l’espace pour pouvoir demander à ce que certaines choses qui ont été dites soient résumé, répété ou pouvoir demander à faire une pause sans que la moitié de l’AG protestent s’avèrent important. Pouvoir faire d’autres choses pendant l’AG sans être regarder de travers l’est aussi. Certaines personnes TDA(H) parviennent mieux à se concentrer en dessinant, en écrivant ou en faisant d’autres activités en même temps. De même pouvoir au moins de temps en temps, se lever de sa chaise et se dégourdir un peu, permet de rester plus concentrés par la suite.

Outre les pauses, il peut être intéressant de noter sur un tableau, par exemple, les idées clés qui se dégagent au fil discussion. Cela peut aider à garder le fil malgré des moments d’inatention.

Ne pas vouloir faire dans l’efficacité à tout prix peut également être d’une grande aide. Permettre que l’on répète ce qui a déjà été dit sans que cela fasse soupirer la moitié de l’assemblée. Prendre des notes, faire des compte-rendus et permettre à celleux qui le souhaitent de relire ces compte-rendus avant de prendre une décision à tout prix le jour même peut permettre une meilleur réflexions, plus posée. A plus fortes raisons quand on a du mal à rester concentrer pendant des heures.

Avoir les codes

Beaucoup de personnes NA éprouvent des diffcultés à comprendre et appliquer les codes sociaux. Nos milieux militants, qui ont tendance à affirmer vouloir déconstruire les normes sociales, en ont créer bien d’autres. Cela créer des sortes « d’anti-normes » accompagnées de leur floppé de codes sociaux. Il y a aussi dans nos milieux, une bonne manière de s’exprimer, d’agir voir parfois même de s’habiller… Souvent c’est inconscient mais cela créer une pression sociale à se fondre dans le moule, bien réel. Et si l’on évite complétement de réfléchir ou de se poser des questions sur ces sujets, on ne pourra jamais se rendre compte de ces normes et codes sociaux.

Ce n’est, de facto, pas inclusif pour les gens qui ont des difficultés ou qui ne comprennent pas du tout les codes/normes. A plus fortes raisons, qu’il faut parfois s’adapter à des normes dans la « vie non-militante » (travail, administrations, familles,…) et à d’autres normes dans la « vie militante ».

C’est d’autant plus vrai au sein des AGs et réunions, où tout est extrêmement codés.

En AG, il y a une bonne manière de prendre la parole (quoi que si tu es connu.e de tou.te.s, il y aura une bien plus grande tolérance à ce niveau..), une bonne manière de se tenir (mieux vaut ne pas avoir l’air trop dans ses pensées ou être en train de dessiner ou chipoter avec son bic ou autre) et une bonne manière de s’exprimer avec tout le complexe vocabulaire militant.

Bien sur, c’est utile d’avoir des mots précis pour nommer des situations précise. C’est important également de réfléchir à ce vocabulaire pour pouvoir s’exprimer de manière non-oppressive. Ce qui par ailleurs, devraient également inclure de ne pas utiliser des expressions psychophobes comme  » je fais mon autiste », « c’est un schizo/psychopathe/.. » (pour parler d’un.e dirigeant.e qui fait des horreurs par exemple).

Mais il faut bien se rendre compte que le jargon militant peut devenir extrêmement complexe et difficile à maîtriser. Encore une fois, il ne s’agit pas du tout de remettre en question l’importance d’un vocabulaire non-oppressif et/ou d’utiliser des mots spécifique pour ne pas devoir faire des phrases de 200 mots à chaque fois que l’on veut parler d’un truc. Que cela soit clair, il ne s’agit pas non plus de dire aux personnes concerné.e.s par des oppressions, qu’iels ne peuvent pas s’énerver ou qu’iels doivent plutôt expliquer quand du vocabulaire oppressif est utilisé. Les mots ont clairement leur importance et peuvent être vecteurs d’oppressions. Mais quand on finit par utiliser un vocabulaire tellement spécifique qu’il n’en devient compréhensible que par des militant.e.s convaincu.e.s, cela peut en devenir excluant.

Quand la forme finit par prendre le dessus sur le fond, on se retrouve à discuter uniquement du vocabulaire qu’il faut absolument maîtriser à fond pour pouvoir s’exprimer dans le milieu. Au final la discution de fond sur les oppressions systèmiques se retrouve reléguer au second plan. Cela en devient par moment un concours à le/la meilleur.e militant.e qui a le mieux intégrer les codes, les anti-normes figées et le vocabulaire.

S’exprimer et se perdre

Pour beaucoup de NA, s’exprimer oralement est compliqué à bien des égards. Cela peut etre causé par de l’anxiété sociale mais cela ne se limite pas à cela. Un certain nombre de personnes peuvent facilement se perdre dans leurs pensées, perdre le fil de la conversation ou divergez du sujet en se perdant dans sa réflexion. Faire remarquez qu’une personne est en train de dérivé du sujet de base, peut certes parfois aider au déroulement de la conversation et même aider la personne à revenir à sa réflection principale. MAIS cela doit se faire avec bienveillance. Il ne faut pas culpabiliser les NA pour cela, au risque d’augmenter la peur et l’anxiété qui peuvent etre lié au fait de s’exprimer en publique. Parfois aussi, pour certaines personnes, l’oral n’est pas le meilleur moyen d’expression pour exprimer son opinion et ses ressentis d’une manière claire.

Varier les modes de communications – Tout n’est pas verbal

L’oral n’est pas le seul moyen de communications. Il est intéressant parfois d’avoir recours, par exemple, à l’écrit tant pour l’expression que pour la compréhension. Il devrait être possible de pouvoir faire passer un mot avant/pendant l’AG pour exprimer ses idées/ressentis. De même prendre note des grandes lignes de la discutions sur un tableau peut aider non seulement à la compréhension mais aussi à garder le fil, à se rappeler de ce qui a été dit, particulièrement quand on a du mal à rester concentrer.

Avoir l’espace pour exprimer ses difficultés

Souvent, il n’y a pas d’espace dans les AG pour pouvoir exprimer ses difficultés. A plus fortes raisons quand on a déjà du mal à s’exprimer en publique. On sent souvent une forte pression sur « l’efficacité » de celles-ci. Vouloir faire une pause parce que l’on arrive plus à se concentrer ou parce qu’on arrive plus rester en place, parce qu’on déborde, on en peux plus pour une raison ou une autre, va souvent déclencher une levée de bouclier de gens voulant être efficace à tout prix, quitte à exclure celleux qui ne sont pas capable de se taper 2h d’AG ininterrompue.

Alors on le fait une fois, puis on voit les réactions et on ose plus. Du coup la prochaine fois, on se casse en pleine AG, on reste pour faire acte de présence mais en fait on est pas vraiment là, on suit plus et on interagit encore moins ou alors on se met à éviter les AG et on se retrouve catégoriser dans celleux qui s’en foutent, qui ne s’impliquent pas (assez/vraiment). Cette catégorisation se fait concrètement sur la capacité à venir et à suivre une AG. C’est donc une division intrinséquement capacitiste.

Infantilisation et retour aux bancs d’écoles?

En AG comme à l’école il faut se tenir silencieu.x.ses et bien droit.es sur sa chaise, ne pas avoir l’air trop dans la lune, trop inattentif.ve.s,…

Un certain nombre d’injonctions ( Fais un effort, concentre toi, on dirait que tu t’en fiches, exprime toi plus clairement,…) sont tout à fait similaire à celles qui nous étaient faites à l’école. En sachant que cette période de la scolarité et son lot de remarque ont souvent été difficile à vivre -voir traumatisante- pour les personnes NA. Ce genre de remarques ont également souvent eu de graves conséquences à long terme sur la confiance en soi. Du coup se les reprendre en pleine gueule en AG c’est particulièrement violent.

Cela rentre souvent dans une infantilisation plus large des personnes neuroatypique/psychoatypique. Les personnes neurotypiques se croient toujours permis.e.s de nous dire comment gérer nos anxiétés, nos émotions, nos difficultés de concentrations,… Et sans rien savoir de ce que représentent nos difficultés, iels pensent avoir les bonnes réponses. Cela part généralement d’une bonne intention mais c’est franchement maladroit et pas toujours bienvenu.

Un lieu approprié

Les lieux où se déroule les AG – et beaucoup d’activités militantes de manière générales – sont bien trop souvent bruyants, avec de grosses lumières agressives néons et peu/pas accessible à des personnes non-valides.

Encore une fois, je ne dis pas qu’il est toujours et en toutes circonstance possible d’avoir un lieu accessible à tou.te.s. Mais quand cette question est systèmatiquement évitée, qu’aucun effort n’est fait de la part des personnes NT/valides, le résultat en est que les AG et autres activités militantes en deviennent toujours inaccessible ou difficilement accessible. Y compris quand un lieu plus accessible auraient pu etre choisi. Quand des aménagements auraient pu être fait pour ne pas se retrouver dans un bruit insupportable ou bombarder dans des lumières agressives de néons.

Ce qui résulte de cette non-prise en considération est grave. C’est toujours aux personnes NA/non-valide de faire des efforts – y compris quand sa représenteraient un effort bien moindre pour les personnes NT/valides de rendre/trouver le lieu accessible-. C’est également toujours les NA/non-valide qui vont de fait se retrouver exclu.e.s.

Quand on s’éloigne du fonctionnement neuro/psy dominant, on passe déjà notre temps à devoir faire des gros efforts pour socialiser, pour (sur)vivre, pour nous en sortir avec les administrations et autres… Alors quand cette situation, ces exclusions, se retrouvent jusqu’à dans des milieux militants dit inclusif, il y a problème.

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