Agir au lieu d’élire!

Agir au lieu d’élire!
Urne élections

Une fois de plus, on est reparti pour un tour de manège de la grande farce électoral..

Mais celle-ci ne nous fait plus rire depuis bien longtemps.

Il faut bien dire qu’elle a comme un air de déjà-vu et qu’elle est pour le moins répétitive…

On veux nous faire croire qu’on a du pouvoir, qu’on peux décider du déroulement de nos vies en allant glisser un ridicule bout de papier pour choisir qui ira se gaver au grand banquet de la politique politicienne tout en nous mettant les chaînes…

« Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Eh bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. » Anselme Bellegarrigue

De l’absurdité de « si tu votes pas, te plains pas »

Certainement l’un des arguments les plus entendus de la part des grand.e.s défenseur.euse.s de la démocratie représentative… Sous-entendant que lorsque l’on ne vote pas, on laisse les autres décider à notre place.

Sauf que, justement, quel est le principe même du vote dans les « démocraties » représentatives? C’est de déléguer son pouvoir décisionnel à quelqu’un.e qu’on estime nous représenter. C’est renoncer à notre pouvoir décisionnel propre, laisser cette personne gérer à notre place.

Dès lors, on pourrait plutôt dire à tou.te.s ces vaillant.e.s élect.eur.rices , si tu votes, te plains pas!

Représentative?

L’idée même de représentation peux largement être remis en question.

Qui représente ces politicien.ne.s? De quelles milieux viennent-iels? De qui défendent-iels les intérêts?

L’immense majorité vient d’un même milieu social privilégié et ayant eu accès à des études supérieurs. Iels ont suivi le même parcours, sortent des mêmes écoles, se côtoient tou.te.s depuis bien longtemps… Un certain nombre d’entre-elleux ont par ailleurs choisi leur couleur politique en fonction de leurs opportunités de carrière plus qu’en raison d’idéaux politiques.

Le peu d’entre-elleux qui viennent de milieu plus défavorisé en ont de toute façon oublié les intérêts depuis bien longtemps à force manger à la même table que les banquier.e.s et les patron.ne.s de multinationales.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que la majorité d’entre-elleux viennent de milieux bourgeois et en défendent les intérêts. Pour avoir une chance d’être un jour élu, il faut des ressources, il faut de l’argent pour pouvoir inonder les boîtes aux lettres d’horrible flyers, pour polluer tout l’espace visuel d’affiche affligeante dont le message politique se limite à un nom, une photo et parfois un slogan qui tient plus de l’accroche publicitaire que du message politique.

Pour avoir une chance d’être élu.e, il faut également être visible d’un point de vue médiatique. Il faut participer à ce cirque pathétique qui se vomit sur tout nos écrans de télévision en période pré-électorale. Il faut participer à ces misérables jeux de séductions des électeurs/électrices, qui poussent le fond des débats politiques vers les abîmes. Il faut aller dégueuler partout où l’on peut son lot de promesses insipides qu’on aura bien vite oubliées une fois l’échéance passée.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que ces médias appartiennent également aux riches et qu’ils donneront la parole à celleux qui défendent leurs intérêts.

La nécessité d’avoir accès à ces ressources pose un autre problème de la démocratie représentative. En effet dans notre système capitaliste, les ressources sont répartie de manière extrêmement inégale rendant de facto la possibilité d’avoir accès au pouvoir tout aussi inégalitaire. Même avec un système d’assemblé et démocratie directe, si ces inégalités économiques sont maintenue, les inégalités politiques le seront également. Les riches pourront toujours acheter les voix dont iels ont besoins ou mettre la pression sur leurs travailleur.euse.s en les menaçant de sanctions économiques… De même iels auraient toujours un accès privilégiés aux moyens de communication, leur permettant de matraquer leurs idées à grand coup de propagande. Il n’y aura pas d’égalité politique sans égalité économique.

Par ailleurs, n’oublions pas que le droit de vote a d’abord été limité aux hommes riches avant de s’étendre progressivement et à la suite de luttes sociales – et non d’élections- à d’autres catégories de la population. Les riches ont par ailleurs veillées à ce que ce droit ne mette pas en danger leurs positions et leurs privilèges.

On ne le répétera par ailleurs jamais assez, mais nos « acquis » et nos « droits » sociaux n’ont jamais été obtenus par la voie des urnes mais bien par la lutte, par l’instauration de rapports de forces contre le gouvernement et le patronat. Ces « droits » ne sont que des miettes que concéder par le pouvoir et la bourgeoisie afin de permettre leur survie.

La question de la représentativité ne se pose d’ailleurs pas qu’en terme de classes sociales. Il suffit de regarder la composition de n’importe quel parlement pour s’en rendre compte. Combien y a-t-il de femmes? de jeunes? de gay? de personne trans? L’immense majorité est sans aucun doute composé d’homme cis blanc de la cinquantaine… Pas très représentatif de la population en général, non? Qui plus est la plupart des minorités y sont complètement invisibilisées.

Personne d’autre que nous-même ne peut nous représenter dans notre entière individualité. Personne d’autre que nous ne peut porter nos aspirations, nos idéaux, notre vision du monde, nos problèmes et les solutions que nous voudrions y appliquer. Personne et certainement pas des politicien.ne.s complètement déconnecté.e.s de nos modes de vies et de nos réalités.

Au-delà de la représentativité, on peux se poser la question du pouvoir qu’est censé nous apporter la « démocratie ». La réponse est simple: la démocratie représentative ne nous donne pas de pouvoir décisionnel au-delà de choisir qui nous tiendra enchaîner. Au contraire, elle nous dépossède de tout pouvoir en le déléguant à des professionnel.le.s de la politique sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.

Une fois élu.e, nous n’avons aucun moyen -légal- de les empêcher de passer une loi qui nuit à nos intérêts, aucun moyen de les empêcher de détruire nos milieux de vie, de gentrifier nos quartier, de nous imposer l’austérité. Aucun moyen non plus de les révoquer avant la prochaine échéance électorale. La seul manière que nous avons de les empêcher de nuire et de les obliger à -un peu- nous écouter est d’instaurer un rapport de force dans la rue et par l’action directe.

On peux également ajouter que l’économie ainsi que nos lieux de travail – où beaucoup d’entre-nous passent une grande partie de leurs vies- ne sont pas géré du tout de manière « démocratique », pas même au sens de la démocratie représentative.

En effet, nous n’avons aucune main-mise sur l’économie -qui a pourtant une influence majeure sur nos vies-. Nous n’élisons pas les patron.ne.s d’entreprise et pourtant iels ont un pouvoir énorme, y compris sur les politicien.ne.s. Les grandes entreprises dépensent d’ailleurs des sommes astronomiques en lobbying pour influencer les politiques en leur faveur. Évidement pouvoir élire les patron.ne.s ne changerait pas fondamentalement le problème de l’exploitation capitaliste et de l’autorité. Il s’agit juste ici de démontrer que des pans entiers de nos vies, au sein même de nos « démocraties représentative » sont gérés de manières complètement arbitraire. De l’école aux lieux de travail, il n’y a pas l’ombre de démocratie.

L’illusion du choix

L’un des piliers de notre système politique c’est de nous faire croire qu’on a le choix. Qu’on peux choisir la meilleur – ou plus souvent la moins pire- des options. C’est cette illusion qui permet l’adhésion massive des opprimé.e.s dans leurs propres oppressions. C’est elle également qui permet, de ce fait, aux « démocratie » d’être bien plus stable et efficace que ne le sont les dictatures. Dictatures avec lesquelles pourtant nos chèr.e.s démocrates n’hésitent pas à négocier, commercer pour le bien de leurs portefeuilles.

Pourtant ce choix n’est qu’illusoire. Il se résume à choisir entre la peste et le choléra. Si le niveau de répression, la rapidité à laquelle sont démanteler les services publiques ou encore les politiques migratoires varient légèrement d’un parti à l’autre, leurs programmes économiques restent fondamentalement les mêmes. Peu importe le parti au pouvoir, on aura droit à notre lot d’austérité (n’oublions pas que le P$, soit-disant défenseur des pauvres, a été le premier à instaurer l’austérité).

Aucun ne remet fondamentalement en question le capitalisme et ce y compris dans la gauche dite « radical ». Aucun parti ne veut de changement vraiment radicale de notre système politique et économique. Changement devenu pourtant indispensable au vu des inégalités croissantes et des problèmes liées au réchauffement climatique.

Aucun n’oserait non plus s’attaquer aux privilèges des riches. Et même s’iels le voudraient, iels ne pourraient pas le faire. Le système décisionnel est complexe, lourd, inégale. Il est bien rodé et pousse à l’immobilisme plutôt qu’au changement. Il est trop inégalitaire pour pouvoir s’en servir pour en finir avec les inégalités. Dans le capitalisme, les décision concernant les terres et les moyens de productions n’appartiennent qu’à leurs riches propriétaires…

De même le pouvoir économique de la bourgeoisie est trop important et trop lié au système politique pour que quelque parti que ce soit ose ou ni même n’ait la possibilité de s’y attaquer. La bourgeoisie défendra ses intérêts coûte que coûte, par tout les moyens à sa disposition.

Par ailleurs nous n’avons le choix qu’entre des options pré-définie et aucun moyen de définir nous-même les dites options. Nous sommes de fait exclu.e.s des décisions qui touchent à nos vies et au fonctionnement de la société.

Le problème c’est le pouvoir

Le pouvoir est maudit : C’est pour cela que je suis anarchiste !

Louise Miche

On nous rétorque souvent que l’humain a besoin de dirigeant.e.s. Que l’on est trop bête, trop brutal, trop irresponsable, trop incapable pour prendre nos vies en main par nous-même. Mais si tel est cas comment pourrions faire le choix pour qui devra nous diriger? Les dirigeant.e.s seraient-iels à l’abri de ces problèmes? Seraient-iels meilleurs que nous? Bien peu de gens le pensent, et pourtant l’illusion persiste. Et ce malgré la situation catastrophique tant du point de vue sociale qu’écologique dans laquelle iels nous ont poussé.e.s.

Tant qu’il y aura des rapports de pouvoir hiérarchique, il y aura domination des dirigeant.e.s sur les dirigé.e.s. Il n’y aucune raison pour que des gens qui détiennent le pouvoir n’en profitent pas pour servir leurs intérêts.

Le pouvoir dans nos démocraties modernes est bien plus subtil et abstrait qu’il ne l’est dans une dictature ou qu’il ne l’était dans une monarchie de droit de divin.

On voudrait nous faire croire que « nous » avons le pouvoir par le biais des élections. Pourtant on ne décide de rien. C’est toujours une petite clique appartenant à un même milieu qui décide de nos vies. Iels nous ont volé.e.s toute prise sur notre quotidien tout en arrivant à nous faire croire qu’on en est les maîtres. Le gouvernement c’est la soumission des un.e.s à l’autorité des autres. La liberté ne peut exister qu’en s’opposant au gouvernement. Celui-ci ne peut nous donner la liberté. On ne pourra la conquérir qu’en luttant contre son pouvoir. Une situation cesse d’être révolutionnaire dès lors qu’elle aboutit à la formation d’un nouveau gouvernement. On l’a bien vu avec les bolcheviques en Russie. Par leur prise de pouvoir, on est passé d’un moment où tout pouvait changer, tout pouvait être remis en question, ré-imaginer suite à la chute du régime tsariste à une situation figé dans le marbre menant à une répression sanglante.

L’état s’est accaparé la notion de justice. Dans le sens où lui seul se donne le droit de décider ce qui est juste ou non à notre place et sans même nous consulter. Il nous fait croire que la loi est au dessus de tout, une sorte de divinité moderne. Que celle-ci est un contrat librement consenti et nécessaire au vivre ensemble. Ce n’est évidement pas le cas. La loi est profondément injuste. On ne sera pas jugé.e de la même manière que l’on soit riche ou pauvre, … L’état par ailleurs peut se permettre d’enfreindre ses propres lois. Lui seul peut les changer quand elles ne lui conviennent pas. Ces lois n’existent pas pour permettre de vivre ensemble, elles ne sont pas un contrat nécessaire au bon déroulement de la vie sociale. Elles nous sont imposées par en haut pour maintenir le statu-quo, les inégalités et pour asseoir le pouvoir de l’état.

De même, l’état s’est également accaparé le monopole légale de la violence pour asseoir son autorité et son monopole de la justice.

Il ne s’agit pas de conquérir le pouvoir mais bien de le détruire. Et bien entendu celleux qui détiennent le pouvoir qu’il soit politique ou économique (les premier.e.s étant au service des seconds) ne se laisseront pas défaire de leurs privilèges juste parce que « le peuple » le veut. Non, iels se battront pour que rien ne change et conserver leur position dominante. De ce fait, nous devons nous aussi nous battre, lutter.

L’imposture de la gauche institutionnelle

La liberté et l’égalité ne viendront pas de la gauche parlementaire. Les soi-disant défenseur.euse.s du « peuple », des pauvres défendent en réalité les intérêts du capital. Et ce depuis qu’iels ont goutté.e.s au pouvoir. Iels en ont oublié.e.s le sens même du mot « socialisme »; l’idéal d’une société sans classe ni état. A force de réformisme mou, a force de concession pour pouvoir accéder/rester à la tête de l’état. Iels ne sont plus désormais que des valets de la bourgeoisie.

Nous devons pas oublier que le PS a mit en place les premières mesures d’austérité, la dégressivité des allocations chômages, qu’iels ont géré les centres fermés, créé des prisons,… Iels appliquent à peu de chose près les même politiques économiques que les autres.

Il n’y a rien à attendre non plus de la gauche parlementaire dite « radicale », iels n’attendent que d’avoir accès à la gouvernance pour être aussi corrompu que les autres.

Il suffit de voir Syriza en Grèce et ses promesses pré-électorale de mettre fin à l’austérité, à la main-mise de la Troika, d’en finir avec les centres fermés. Ces promesses ont même réussis à aller faire voter certain.e.s anarchistes. Pourtant, une fois au gouvernement, l’austérité a continué, les centres fermés n’ont pas été détruit, la répression contre les mouvements sociaux s’est maintenue. Au final, rien n’a vraiment changé.

La méfiance accrue envers les institutions

D’années en années, l’abstention ne fait qu’augmenter. On pourrait même dire qu’elle a gagné certaines élections… De plus en plus de gens ne croient plus dans ce cirque électorale.

Nombreu.x.ses également, sont celleux qui ne font pas confiance aux politicien.ne.s, qui les voient comme des gens corrompu.e.s ne servant que leur propres intérêts mais qui par manque de perspectives autres continuent d’aller voter par dépit, par automatisme, pour le « moins pire ».

Cette méfiance se ressent jusque dans les mouvements sociaux, comme on peux le voir avec les gilets jaunes. Qui malgré les nombreuses tentatives de récupération se maintient à l’écart de la politique politicienne et maintient de ce fait sa combativité.

Reprenons nos vi(ll)es en main!

autogestion abstention

Nous n’avons pas besoin de politicien.ne.s, nous n’avons pas besoin de gouvernement. Nous pouvons gérer nos vies, nos moyens de production, nos villes et nos villages par nous-même, sans autorité suprême, sans oppresseur.euse.s, sans profiteur.euse.s capitalistes.

Mais alors qu’avez-vous a proposer?

Nous ne sommes pas un parti politique, nous n’avons pas de programme clé en main à proposer. Tout au plus, nous avons quelques pistes à proposer, à creuser ensemble, pour inventer un monde, une vie sans autorité. Nous devons tout remettre en question, tout repenser, réimaginer une autre façon de vivre. Le monde parfait n’existe pas et nous ne prétendons pas y mener. Mais un monde meilleur, libéré de l’autoritarisme est possible.

Les assemblées et la prise de décision par consensus sont des pistes pour gérer dès à présent nos collectifs, nos luttes, nos lieux de travail et de vie. Mais rien n’est figé. Nous ne prétendons pas détenir la vérité absolu. Nous laissons ce genre d’affirmation trompeuse aux politicien.ne.s.

Nous prônons l’autogestion. Elle n’est pas utopique. Elle a déjà fait ses preuves dans l’histoire en Espagne, en Ukraine, dans les luttes ouvrières autonomes. Elle continue à exister jour après jour dans des collectifs militants, dans nos groupes affinitaires, dans nos lieux autogérés, dans nos luttes, dans les assemblées gilets jaunes ou encore sur les ZAD. Sans chef.fe.s pour nous dicter nos vies, nous pouvons avancer vers la liberté, nous pouvons créer dès aujourd’hui des contre-pouvoirs, des communautés.

Nous devons être en réflexion permanente, rester attentif.ve.s pour éviter de recréer des rapports de dominations et de pouvoir. Les rapports de dominations sont partout. On nous apprends à obéir du berceau à la tombe. Nous devons dès lors tout renverser, tout repenser.

Voir aussi

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