À nos amis des villes

À nos amis des villes

À nos amis des villes

Nous vous voyons de nos bâtisses de pierre, avons parfois fréquentés vos mondes de pavés et de murs. Nous vous avons vu parler et pour certain.es idéaliser la vie des campagnes. Ce texte est pour vous afin de poser certains constats de réalité.

De nos campagnes, nous les voyons rongées peu à peu, par les tronçonneuses, les bulldozers et les bétonneuses. Nous voyons les maisons émerger, chasser le sauvage afin de laisser place aux paradis terrestres entre quatre murs et monoculture herbacée rases. Nous entendons la complainte des citadin.nes du monde sauvage qui poussé à bout ose enfreindre les sacro-saintes frontières de leurs appartements quatre façade. Nous sentons l’odeur des pesticides et nous voyons la disparition d’un monde à cause de l’idéologie répugnante qui règne concernant la vie de campagne.

Les citadins dans nos villages, nous les reconnaissons, de part leurs modes de vie et leurs habitudes. De part la démesure outrancière de leurs habitats à la flamande qui vienne défoncer nos lieux de vie. Il n’y a pas un jour sans que ce constat se pose: le citadin, une fois sa petite bulle idéale bien formée, va s’enfermer dedans histoire de pouvoir respirer l’air frais de son gazon fraichement tondu après une longue journée de travail et de trajets en voiture. Pas ou peu de bonjour, de lien social encore moins, de solidarité n’en parlons pas.

La campagne pour beaucoup est synonyme d’isolement, comme si la vie sociale n’y existait pas. Mais pourtant elle est belle et bien présente, elle vibre à son rythme loin des délires fulgurants de la ville. N’y voyez pas juste « un rythme plus lent », c’est du cliché réducteur. Les rapports de voisinage sont bien loins des tristes mondanités des voisins de pallier normalisées. Non que vos villes ne regorgent que d’isolé.es, mais la réalité sociale nous donne à voir la différence de ce qu’habiter veut dire pour bon nombre de personnes qui vienne de vos mondes.

Bien sûr, nous comprenons que beaucoup d’entre vous qui fantasment parfois depuis longtemps de vivre en dehors de vos prisons de béton s’y opposent. Mais ces dynamiques d’appropriation du territoire pour développer l’isolat (avec un peu d’herbe pour donner un air de fraîcheur au tarmac encore humide), nous amène à les penser en terme de colonisation de nos espaces de vie: des communautés, qu’elles soient isolées ou bien dans une volonté de développer une vie collective extra-saepes, n’ont que l’hypocrisie des bonnes-intentions à revendre lorsqu’elles s’imposent sans prendre en compte nos existences. Ne répétez pas l’erreur des exilés urbains qui pensent que l’accès à la propriété leurs donnent tous les droits sur celle-ci. Quoiqu’illes en pensent, le tissu social est bel et bien présent. La nature quoique grandement expulsée a son droit d’existence sur les terres que nous lui avons arrachées avec tant de violence et de bêtise.

wlib

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