(ZAD Arlon) Communiqué – L’occupation continue ; appel à des chantiers collectifs et lancement de comités de soutien

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1 réponse

  1. Olivier MONTULET dit :

    Pouvez-vous me dire en quoi ce combat, la « zad des sablières » est anarchiste ?

    Je ne lui accorde rien d’anarchiste. C’est un combat typiquement de l’idéologie environnementaliste. Idéologie obscurantiste totalitaire et autoritaire.
    L’écologisme n’a rien d’anarchiste si ce n’est qu’il prétend combattre l’ordre établi au nom de « bons sentiments » (ce qui n’est en rien suffisant pour définir l’anarchisme). Cette idéologie veut imposer un autre ordre basé sur des angoisses infondées et justifiées par des croyances surtout pas scientifiques.

    Prenons en exemple les sablières en question.

    Voilà bien un endroit 100% industriel et artificiel (un peu comme un champ d’éoliennes d’ailleurs). Certes grâce à l’industrie qui a « saccagé » un écosystème pour créer des profits financiers (comme les éoliennes), certaines espèces non locales ont pu y trouver une niche précaire (précaire comme absolument tous les milieux écologiques) pour s’implanter. Cette niche, très artificielle, a une espérance de subsistance extrêmement courte car le milieu « naturel » plus large dans lequel elle se trouve exerce sur elle une telle pression que sa condamnation à disparaitre rapidement est un fait « naturel ». Le projet d’IDELUX consiste à faire perdurer une activité industrielle très profitables et nécessaire au bien être de tous sur un site dégradé par l’industrie plutôt que de l’implanter sur un autre site si pas dégradé ayant tout autant de « niches » à préserver. S’implanter là permet de préserver d’autres lieux. Mais au surplus, le projet intègre l’originalité du site et l’incongruité artificielle de la présence d’une niche écologique originale. Le projet prévoit donc de préserver sur le site ce milieu en lui permettant de se perpétrer. Sans cette action humaine ce milieu, déjà aujourdhui « artificiel », est condamné.

    L’écologisme (au surplus radical) est peut-être, peut-être !, bien intentionné mais il est surtout idiot car mal informé (Ses militants sont avant tout des croyants désinformés).

    L’anarchie authentique prône l’émancipation totale des individus contre toutes les formes de pouvoir et sans violence mais par l’éducation et notamment des connaissances de la science.

    Il n’y a absolument rien d’anarchiste dans les faits :

    1. d’occupation de force ;
    2. de son adhésion et aliénation à une idéologie obscurantiste ;
    3. de se complaire dans des croyances (religieuses et mythiques) et de s’y aliéner ;
    4. de se référer à des croyances (et de la propagande) plutôt qu’à la science ;
    5. d’agir dans l’air du temps et selon les injonctions sociales largement diffusées avec complaisance par les médias (car se ne sont pas les anti-environnementalistes qui occupent les espaces public, économique et politique mais bien les tenants de l’environnementalisme) ;
    6. de soutenir un mouvement qui refuse toute objection et décrie et rejette ceux qui critiquent son dogme et lui opposent des faits avérés qui mettent à mal ses dogmes et croyances ;
    7. de croire qu’on détient la vérité contre tous les autres qui eux se tromperaient avec certitude ;

    Je trouve que cette « zad » n’a rien d’émancipateur pas plus que les manifestations des jeudis. Ce sont des crises d’adolescents remplis d’idéalisme romantique, mus par leurs sentiments d’indignation (l’indignation ne produit jamais rien de bon) répondant à leur peur activée par une propagande idéologique apparaissant généreuse et de bon sens mais obscurantiste (ascientifique) et totalitaire. Brefs des agitations d’ados mal informés qui ne sont tout comptes faits que des suiveurs embrigadés dans un mouvement qui les dépasse et qu’ils sont incapables de déconstruire car pas armés pour cela.

    Un vrai mouvement anarchiste, éduquerait (au sens informer et donner accès à l’information et les moyens de la critique) à ces ados (quelque soit leur âge effectif) plutôt que de les soutenir dans un chemin d’aliénation.

    Être anarchiste ce n’est pas être contre-dépendant en condamnant ses ainés (qui vous ont tout donné et dont vous êtes le produit et les principaux bénéficiaires) et l’ordre établi parce que c’est l’ordre établi et que de facto tout ce qu’il produit serait mauvais.
    Se révolter n’est pas anarchiste. S’opposer (par principe) encore moins.

    Être anarchiste, pour moi et dans la tradition de Kropotkine :
    1. c’est aimer l’humanité (à l’inverse de l’environnementalisme),
    2. c’est aimer ses alter ego sans différence entre-eux ;
    3. c’est respecter tous les environnements à commencer par les environnements sociaux et ce qui les constitue ;
    4. c’est prôner la diversité, la collaboration, la coopération, le métissage, la symbiose, le dialogue, le débat pas la compétition et la concurrence ;
    5. c’est être pacifiste et refuser toute violence (y compris psychologique sociale, dogmatique, économique, professionnelle…) celle-ci étant toujours illégitime. On lutte contre soi-même et ses inclinations mais jamais conte un autre ;
    6. c’est vouloir l’épanouissement de tous et de fournir la capacité de l’être à tous et selon ses seuls critères ;
    7. C’est s’instruire, être septique, s’autocritiquer et ne rien considéré comme acquis et définitif ;
    8. c’est questionner constamment ses croyances, certitudes, convictions, idéologies et actions ;
    9. ne jamais être satisfait de ce que l’on sait et connait. C’est être d’une curiosité jamais rassasiée ;
    10. c’est aimer avoir tord car avoir tord c’est aussi avoir appris quelque chose et surtout c’est ne plus se fourvoyer ;
    11. c’est aimer la controverse et c’est écouter les autres mais aussi se faire entendre ;
    12. c’est aimer avoir des adversaires et les aimer car ce sont les auxiliaires indispensables pour ce remettre en question et remettre en question ce que l’on croit ;
    13. c’est aimer l’étranger et les différences car se sont ceux qui nous permettent d’accéder à d’autres points de vue et d’élargir notre vision ;
    14. c’est être patient et avoir le temps long car rien ne s’acquière vite sinon par la violence ;
    15. c’est appliquer le principe que la seule lutte qui vaille est la lutte intérieure (dont la lutte contre ses certitudes et ses ignorances) car toute autre lutte est un combat de domination. La lutte intérieur est LE combat d’émancipation ;
    14. c’est avant tout savoir que l’on ne combat les idées que par des idées, l’ignorance par l’instruction, l’obscurantisme par la critique et le débat ;
    15. C’est savoir aussi que lutter contre un pouvoir c’est déjà vouloir imposer son pouvoir ;
    16. C’est refuser le « réalisme », la censure au nom du réalisme, car le réalisme est par nature réactionnaire et conservateur ;
    17. C’est savoir aussi qu’on ne peut être parfait et que l’idéal (l’indispensable utopie) est un fanal (indispensable) pour nous guider mais pas un but à atteindre ;
    18. c’est refuser tous les mots d’ordre, toutes les injonctions. Mais c’est faire ses choix librement et respecter les limites qui me conviennent et respectent les autres ;
    19. c’est connaitre ses limites car c’est le préalable pour les dépasser. C’est refuser pour ses idées le compromis (sauf à titre transitoire). Le refus de compromis nous impose d’approfondir nos idées et de dépasser les limites qu’elles nous imposent ;
    20. le compromis n’est acceptable que dans la mesure où il permet la vie sociale. Mais le compromis ne doit jamais être définitif car il devient alors compromission ;
    21. c’est se méfier des actions collectives qui par nature sont très vite aliénantes ;
    22. c’est savoir que le nombre, le consensus ou l’expérience ne constitue pas une vérité inaliénable. Au mieux, ils ne peuvent être que des étapes dans la recherche du juste. C’est de même savoir que le vrai, la vérité, le réel, la réalité sont des chimères car sont locaux, historiques, multiples, changeants et jamais définitifs ou universels. Aucune valeur ni aucun système de valeur n’ont une légitimité universelle ;
    23. c’est aussi être transparent et dire en toute franchise et en entièreté ce qui est et ce que l’on pense. C’est donc refuser le mensonge et l’occultation. C’est refuser toutes les manipulations des idées, des autres par soi-même et de soi par les autres. C’est donc aussi lutter contre tous les biais de pensées ;
    24. c’est rechercher de manière acharnée la cohérence dans ses pensées, façons d’être, moyens d’agir et actions. La logique est l’outil philosophique indispensable à cette aspiration.

    L’anarchisme est une sorte ascétisme rigoureux (très proche finalement des méthodes scientifiques) qui n’empêche pas la jouissance mais se fonde sur l’amour et la réciprocité. C’est une philosophie sociale suivie individuellement dans la solitude et non dans la cohue et les injonctions d’un mouvement (ce qui n’empêche pas le débat avec d’autres, au contraire).

    Cet anarchisme est, de mon point de vue, le seul moyen efficace et légitime de changer radicalement le monde, c’est à dire de changer le réel (la réalité, l’environnement, les interactions) humain. C’est le seul moyen d’abolir la domination, toutes les dominations et toutes leurs formes.
    Le meilleur moyen de diffuser l’anarchisme est de convaincre, certes par les idées, mais surtout par son attitude anarchiste exemplaire.

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