L’imprévu

D’une manif à une attaque en règle contre les keufs
Plusieurs organisations, politiques et syndicales, avaient lancé l’appel à une manifestation « contre les violences policières » pour le 15 mars. Avant de vous raconter comment cette initiative leur a heureusement quelque peu échappé, nous aimerions nous attarder quelque peu sur le contenu que ces organisations avançaient dans le cadre de cette « action ».
S’ils avaient pour but de dénoncer les « abus » policiers, ils revendiquent, au fond, une « meilleure » police, une police moins brutale. Or, non seulement il s’agirait de quelque chose contraire à la nature même de toute institution policière, dont la fonction est justement le contrôle et la coercition, qui produisent toujours leur lot de tortionnaires, tabasseurs, violeurs et racketteurs, mais, surtout, revendiquer une police moins brutale revient à légitimer l’existence de la police, à la renforcer… Et donc, à dire que la liberté n’est pas possible hors du cadre d’un Etat, avec ses lois et ses sbires.
Quant à nous, si nous nous battons pour la liberté, c’est parce que nous pensons qu’après avoir supprimé les sources de l’oppression et de l’exploitation, les êtres humains seront capables de vivre en liberté, c’est-à-dire, de vivre leur vie à leur guise et de faire des accords entre eux quand cela leur semble nécessaire. L’Etat, c’est la négation de la liberté, une négation qui, pour se maintenir, a recours à la police, à l’armée, à la prison… ainsi qu’à l’intégration de ses possibles opposants via le dialogue, la participation, les élections et tout ces choses-là. Le système réussit à se maintenir autant grâce à la police qui le protège que grâce à la collaboration de ceux qui le subissent ou l’acceptent.
De fait, dès le début de la manifestation, les organisations qui l’avaient appelée ont montré de quel monde ils rêvent : tout le monde devait marcher derrière un camion-sono qui crachait leurs slogans tandis qu’une petite armée de service d’ordre, spécialement recrutée pour l’occasion, encadrait les « manifestants ». Si les organisateurs prétendaient dénoncer les abus de la police, ils se montraient déjà prêts à la remplacer eux-mêmes.
Fort heureusement, l’imprévu vient souvent bouleverser les plans de ces apprentis-chefs. Ainsi, vers la fin de la manifestation, l’encadrement a été débordé par des dizaines de personnes ne voulant ni se plier aux mots d’ordre officiels, ni se courber devant les vigiles des organisations. Une patrouille de police a été attaquée et quatre flics en civils (d’ailleurs, des types bien connus pour leurs interventions musclées) ont été coincés et ont bien ramassé. Une demi-heure plus tard, tandis que les révoltés narguaient une rangée d’anti-émeute, les vigiles du service d’ordre ont été pris à partie quand ils tentaient une fois de plus d’endiguer la rage émeutière. Les vigiles et les prêcheurs semaient la confusion, ce qui faisait grandir la méfiance et l’agressivité vis-à-vis de tout ce qui constituait un obstacle (réel ou non) pour les révoltés. Cela amena la situation à un tel point que pas tout le monde ne savait plus distinguer entre complices et délateurs. Les organisations politiques, à travers leur but de tout incorporer dans leurs desseins, sont en grande partie responsables de cet état de fait.
D’ailleurs, pour éviter d’écorner la « bonne image » qu’elles voulaient donner aux médias et aux institutions, elles ont totalement omis d’évoquer ces événements et ces affrontements dans les communiqués qu’elles ont diffusé après la manif’. Alors, une fois de plus, pour quoi se battent-elles, si ce n’est pour remplacer elles-mêmes la police et pour mentir, à l’image des politiciens de toutes obédiences ?
Bien que ce ne soit pas dans nos habitudes, nous voulons bien aider ces organisations politiques et syndicales à en tirer au moins une leçon : ceux qui se battent contre toute autorité et ceux qui se révoltent ne respecteront pas leurs mots d’ordre et ne se laisseront pas effrayer par leurs services d’ordre ou par leur collaboration avec les keufs. Et face à la police, face aux tortures dans les commissariats et aux tabassages dans la rue, face aux chasses à l’homme et aux enfermements, nous ne revendiquerons nullement une meilleure police, nous ne ferons pas des sketches politiques pour gagner de l’influence auprès des institutions. Notre approche, elle est fort simple : dans la mesure du possible, nous leur ferons payer coup pour coup et nous frapperons là où ils ne nous attendront pas, surtout contre ce que la police cherche à défendre. Ingouvernables.
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A Mortsel, la police assassine!

Le 6 Janvier 2010, Jonathan Jacob, 26 ans, meurt dans une cellule du commissariat de Mortsel suite à une intervention de l’équipe d’assistance spéciale d’Anvers qui a lancé une grenade lumineuse avant de le ruer de coups afin de lui injecter un calmant. Peu de temps après il meurt d’une hémorragie interne..

Nous ne croyons pas en la justice de l’état car nous savons que généralement elle protège ses larbins (flics,matons,…) et que même si pour se sauver la face d’un scandale médiatique, elle condamne les policiers responsables de ce meurtre, elle reste une institution pourrie et violente qui sert principalement à défendre les intérêts du capitalisme. De même nous ne voulons envoyer personne en prison, nous voulons la destruction de ces geôles.

Nous savons aussi que partout où elle existe et tant qu’elle existera, la police tabasse, humilie et assassine. Nous n’oublions pas ces meurtres policiers  beaucoup moins médiatisés comme ce jeune de 25 ans mort l’année passée dans d’étranges circonstances à Tamines, noyé dans la Sambre en tentant de fuir un contrôle de police.

NO JUSTICE NO PEACE !

Vidéo du meurtre de Jonathan Jacob :

Articles de la presse bourgeoise sur le sans papiers qui a tenté d’échapper à la police.

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APPEL expulsion: Quatrième tentative ce 2 mai.

Monsieur TM est arrivé du Cameroun il y a 3 ans. Il avait 20 ans. Il a été arrêté en janvier 2013 et a été enfermé depuis dans nos centres fermés, d’abord à Merksplas, puis à Vottem et actuellement à Bruges.

Le 4 avril il a subi une troisième tentative d’expulsion, à laquelle il a résisté. Les passagers du vol vers Douala ont réagi et ont refusé de voyager avec une personne expulsée de force. Le même jour l’Office des Étrangers a encore essayé de le mettre sur un vol vers Casablanca sans succès. Vu la résistance de Monsieur M ils ont abandonné. Monsieur a reçu des coups et a été ramené au centre fermé de Bruges. Il a actuellement encore des séquelles physiques suite à cette violence lors de cette tentative d’expulsion.http://www.gettingthevoiceout.org/appel-expulsion-3eme-tentative/

Monsieur M va subir une nouvelle tentative d’expulsion ce jeudi 2 mai vol  vers Douala  10h40, organisé à nouveau par SN Airlines. Il est bien décidé à refuser cette expulsion, ayant envie de rester près de nous. Il demande fermement notre aide.
Et attention l’Office risque à nouveau de le mettre sur un autre vol en cas d’échec. Il est plus que probable que ce serait le vol vers Casablanca organisé par Air Maroc à 17 heures 40.

Empêchons les expulsions et donnons un coup de main à Monsieur TM.

Rendez-vous à l’aéroport à 8h40 ce 2 mai pour parler aux passagers du vol SN Airlines vers Douala et au personnel de SN Airlines.

Essayons aussi d’être présents au check in de Air Maroc 15h40 vol 17h40 vers Casablanca au cas où Monsieur serait mis sur ce vol !

Campagne de fax, tel, mail à la compagnie responsable du vol et aux responsables politiques de ces expulsions ;

http://www.brusselsairlines.com/com/contact/
Fax = 027233599 / 02/7238496 / 027534931
Tél : 078 188889 / 027232345 / 027232362

A la compagnie SN airlines
Brussels Airlines
zone General Aviation
b.house
Brussels Airport Building 26
Ringbaan
1831 Diegem
Réception: 02 / 754 19 00

Monsieur,

Nous apprenons qu’un homme enfermé depuis plusieurs mois dans les centres fermés belges va subir une quatrième tentative d’expulsion ce 2 mai 2013 vers son pays d’origine, le Cameroun, par l’entremise de votre compagnie.
Nous vous demandons expressément de refuser cette expulsion et de ne pas participer à cette violence appliquée par notre gouvernement belge pour déporter des personnes qu’il juge indésirables.

En vous remerciant,

NOM

et Copie ou autre courrier à :

-Monsieur M. F. Roosemont, Directeur de l’Office des Etrangers : Bur_Presse@dofi.fgov.be
T 02 793 80 31 (NL – EN) – 02 793 80 30 (FR), Fax 02 274 66 40 ,

Monsieur Elio Di Rupo, Premier ministre : info@premier.fed.be // Fax 022173328, 025126953

Madame Joëlle Milquet, Vice-Première ministre et Ministre de l’Intérieur : milquet@lecdh.be, milquet@milquet.belgium.be // Fax: 022380129, 025048500, 025048580

Madame Maggie De Block, Secrétaire d’Etat à l’Asile, à l’Immigration et à l’intégration sociale, adjointe à la Ministre de la Justice : info.maggiedeblock@ibz.fgov.be // Tél 02 542 80 11 // Fax : 02 542 80 03Monsieur Elio Di Rupo, Premier ministre

 

http://www.gettingthevoiceout.org/appel-expulsion-quatrieme-tentative-ce-2-mai/

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Il faut détruire le salariat et l’état – Message adressé aux ouvriers d’ArcelorMittal

Compagnons d’ArcelorMittal, vous avez lors de vos actions démontré une rage envers les exploiteurs du patronat, de l’état et de ses larbins (flics et autres pourritures qui servent les intérêts des puissants). C’est pour cela que nous reconnaissons en vous des alliés objectifs de la guerre sociale, la guerre des exploiteurs contre les exploités. Cette guerre sans ligne de front définie et que les puissants voudraient bien voir disparaître au profit d’une guerre entre pauvres, d’une guerre entre sans-papiers et avec-papiers ( il est tellement simple de faire porter la chapeau de la misère à des boucs-émissaires plutôt que pointer les vrai responsables : le patronat, l’état et le système capitaliste), d’une guerre entre chômeurs et travailleurs,…

La guerre sociale et la violence du système capitaliste peuvent sembler être des concepts très flous. Et pourtant… Cette violence est omniprésente ! En effet pour nous, le monopole de la violence soi disant légitime de l’état et exercé par la police qui matraque, gaze, séquestre, humilie et tabasse… C’est de la violence. Les millions de précaires qui galèrent au jour le jour, C’est de la violence. Les travailleurs plongés dans la peur du chômage et maintenu dans un état d’esclavage moderne… C’est de la violence. Les gens qui meurent de faim ou vivent sans-abris alors que d’autres se gavent de millions… C’est de la violence.

Face à cette violence il nous semble légitime de répondre par l’action directe et le sabotage. Il nous semble aussi indispensable de ne pas s’enfermer dans une logique corporatiste et de tisser des liens, des affinités de luttes voir des amitiés entre travailleurs, chômeurs, jeunes de cités et autres pauvres.

L’abolition de l’état, du capitalisme et de l’esclavage salarial ( de nos jours plus besoins de chaines, les congés payés et la peur du chômage font très bien l’affaire) qui nous oppressent, enferment, exploitent et écrasent nous semble indispensable pour enfin conquérir notre liberté. Et nous savons bien que nous ne l’obtiendrons pas en allant poser un papier dans urne (quel immense liberté que de pouvoir choisir son maitre…) mais bien en luttant.

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Communication des détenus du centre fermé de Vottem – 19/12/12

Nous, détenus dans le centre fermé de Vottem, voulons dénoncer  l’inhumanité de nos arrestations, enfermements, expulsions.

Nous avons tous été arrêtés à notre domicile ou au travail. Nous vivons tous depuis plusieurs années en Belgique.

Certains de nous ont une femme et des enfants ici.

Certains de nous ont une carte de résidence en règle dans un pays de l’espace Schengen.

Certains de nous sont gravement malades.

Certains de nous sont nés en Belgique.

Certains de nous ont des enfants dans la même école que nos gardiens.

Nous avons tous fait une demande d’asile ou une demande de régularisation selon les règles dictées par la loi.

Et nous sommes traités comme des criminels lors de nos arrestations : menottes, enfermement dans des cellules des postes de police pendant des heures, parfois sans manger, ni boire.

Nous avons été amenés, toujours menottés et enfermés dans une prison nommée centre fermé pour étrangers. Sur les murs de nos prisons, chacun écrit sa petite histoire dans toutes les langues. Un vrai musée où on lit toute la misère du monde.

Certains ont subi des tentatives d’expulsions, parfois 2 en 24 heures et ont été témoins ou ont subi de graves violences policières. Nous sommes mis en isolement et amenés à l’aéroport, menottés et scotchés, sans être prévenus, sans qu’on nous ait laissé la possibilité de prévenir nos avocats ou notre famille.

D’autres sont partis menottés vers un pays où ils ne veulent ou ne peuvent plus vivre, vers un pays qu’ils ne connaissent parfois pas.

Certains ont des avocats qui ne font rien pour les défendre et qui sont incompétents. Ils sont perçus comme des collaborateurs à ces politiques d’enfermement.

L’incompétence, voir l’immobilisme des ces avocats arrangent bien l’Office des Étrangers, qui peut ainsi expulser à sa guise !

Nous comparons les agissements de l’Office des Étrangers aux  agissements du temps des nazis lors des arrestations et expulsions : l’Office peut arrêter, enfermer en toute impunité, sans discernement, la population désignée ici étant l’Étranger.

Nous dénonçons le pouvoir donné à l’Office des Étrangers, qu’on laisse travailler en toute impunité, sans aucun contrôle. Ils enferment, expulsent tout « étranger » parfois dans l’illégalité totale.

Nous dénonçons cet Office des Étrangers qui n’hésite pas à contourner la loi, qui n’hésite pas à utiliser des stratagèmes pervers pour arriver à ses fins, qui passe au dessus des décisions du Conseil du contentieux ou des directives européennes ou internationales.

Nous dénonçons cette politique de rendement aveugle : déportation de tous,  faire tourner la  machine à expulser, faire du chiffre.

 Nous, détenus dans le centre fermé de Vottem, voulons par cet appel montrer  ce visage de la Belgique que le citoyen Belge ne veut pas voir !

  Cet appel sera diffusé lors du rassemblement de Noël autour du centre fermé de Vottem organisé le lundi 24 décembre 2012

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[Espagne] Les services de renseignement contre les mauvais anarchistes

Le 25 avril au matin, à Madrid, jour de la manifestation “Assiège le Congrès”, la police s’est répandue sur l’arrestation de quatre “membres” d’une “cellule anarchiste violente”, qui avaient l’intention de brûler une banque.

Pour avoir une (petite) idée du contexte particulier de ces incarcérations, sur fond de restructuration capitaliste nommée “crise”, bien sûr, il faut avoir à l’esprit que la presse a relancé ces derniers jours l’”alerte terroriste” contre les anarchistes espagnols.

D’un côté, les journaux déblatèrent logiquement autour des deux dernières attaques de la FAI Informelle dans ce pays (une cafetière explosive dans la cathédrale Almudena de Madrid en février dernier, et l’envoi fin 2012 de godemichets piégés en forme de crucifix à l’archevêque de Pampelune et au directeur du collège des Légionnaires du Christ, qui a blessé une employée de la Poste dans ce dernier cas), mais ce n’est pas tout. Un rapport interne de la police espagnole, qui daterait d’avril, nous ressort ainsi en rab toutes les vieilles ficelles du siècle dernier (fin des années 90) sur le fantasmatique Triangle méditerranéen (Italie-Grèce-Espagne). Selon les journaflics qui citent leurs collègues spécialisés du ministère de l’Intérieur, des groupes de compagnons de ces trois pays entretiendraient des relations “non seulement au niveau idéologique mais également comme support stratégique”, sous forme de petits groupes “au sein desquels chaque composante jouit d’une autonomie individuelle”. Un truc incroyable, non ? Les révolutionnaires anarchistes seraient internationalistes et se baseraient sur l’individu ! Enfin, leur “modus operandi de base” irait notamment du jet de molotovs à la fabrication d’engins artisanaux explosifs, qui répondraient à “des appels sur internet”, outil qui leur servirait aussi pour “organiser des campagnes et diffuser leurs postulats idéologiques”. Oui, ça aussi il faut le savoir une bonne fois pour toutes, ces dangereux anars jouissent à la fois d’une réelle “autonomie individuelle” et obéissent tout de même comme de petits soldats à des “appels” virtuels ! Si après ça, vous n’êtes pas convaincus de la dangerosité sociale de ces schizophrènes…

Cette mise en scène méprisable ne prêterait finalement qu’à se moquer de ces larbins de l’autorité et de leurs porte-plumes, s’ils n’alignaient pas en sus, à l’appui de leurs calomnies qui sentent la préparation d’un mauvais coup répressif, des noms et des activités publiques dans différentes villes/régions (Palencia, Galicia, La Rioja, Cataluña, Madrid et Andalucía) pour les relier aux attaques anonymes qui se produisent régulièrement. Ainsi, les journaux glosent sur ces italiens qui passent faire des discussions en Espagne (citant des “insurectionnalistes” comme Bonanno qui a fait un tour de discussions en Espagne en juin 2012, ou trois autres “célèbres anarchistes italiens” lors de rencontres no-TAV), sur l’arrivée de Grecs, ou sur la présence d’un Finlandais/Russe “bien connu du groupe Action Autonome”. Le résultat de tout cela ? Les anarchistes espagnols se sont “infiltrés” dans des mouvements sociaux comme les manifestations de mineurs, la grève générale du 29-M ou les coordinations contre les coupes dans la santé, dans l’éducation ou la réforme du travail. Naan, tout ça pour ça, pour dire que les compagnons espagnols interviennent là où ça bouge pour foutre le bordel avec d’autres et apporter leur contribution spécifique ? Ou pour apporter leur solidarité avec des compagnons incarcérés (les activités de la Cruz Negra Anarquista et des prisonniers comme Tamara Hernández Heras, Amadeu Casellas ou Gabriel Pombo da Silva sont par exemple mentionnés) ?

En fait, il faut lire entre les lignes, et notamment se pencher sur l’étrange typologie établie par les services de renseignement d’outre-Pyrénées et rapportée par ses serviteurs. Ces lumières distinguent en effet trois courants anarchistes en Europe, histoire de dire qu’il ne faut tout de même pas mélanger les bons et les méchants : il y a “l’anarchisme autonome” qui “lutte pour les libertés individuelles [les droits] et opère dans différents champs d’activités comme l’antifascisme, l’anticapitalisme et l’antimilitarisme”, “l’anarchisme solidaire” qui “appuie les campagnes en faveur des camarades nationaux et internationaux”, et enfin “l’anarchisme insurrectionnaliste” qui “mène des actes de sabotage, place des engins explosifs et lance des attaques de niveau plus élevé”. Là, c’est déjà un peu plus corsé… et plus clair. Passent encore la théorie de salon, le folklore militant, les solidarités exotiques ou les luttes pour l’extension des droits démocratiques, mais faudrait quand même pas tirer quelque conséquence pratique de vos grandes idées. On comprend dès lors où souhaitent se porter les délicates attentions des chiens de garde de l’État, et tout l’enjeu de refuser le jeu des dissociations qui les aideraient à séparer le bon grain de l’ivraie.

Enfin, inutile d’ajouter que les titres de ces torchons parlent d’eux-mêmes : “Des anarchistes radicaux italiens visitent Madrid pour endoctriner les groupes antisystème” (Europa Press, 24 avril 2013), “Des groupes espagnols élaborent des stratégies communes avec des italiens et des grecs. La police en alerte face à l’augmentation de groupes anarchistes dans notre pays” (Ser, 29 avril 2013), ou encore une “Internationale noire qui menace toute l’Europe” (La Razón, 19 avril 2013).

Rien de nouveau sous le soleil, donc. Quand la tempête sociale risque à nouveau de gronder, l’État et les riches pointent les ennemis de tout pouvoir, ceux qui en défendent ouvertement la possibilité, s’en réjouissent et souhaitent l’alimenter… En langage policier, cela donne : “la situation de crise actuelle est le bouillon de culture idéal pour considérer que nous sommes dans une période d’expansion des activités anarchistes”. Chiche ?

Brèves du désordre, 30 avril 2013

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Tract diffusé pendant la manifestation contre le centre fermé de Vottem à Liège, le 17 mars 2013

vu sur le jura libertaire.

CITOYENNISME ET INSURRECTION
Sur la pertinence des voies citoyennes pour lutter contre les prisons

Entre la prison et son extérieur, il n’y a qu’un mur

L’horreur ordinaire et quotidienne au sein des prisons de tous types n’est plus à démontrer. Nous ne savons que trop bien qu’il y règne une atmosphère de terreur, de haine et de frustration. Faire la liste des tortures psychiques ou physiques que l’État inflige régulièrement à tous et toutes les « indésirables » nous ferait pénétrer dans une routine morbide qu’il est temps de briser. Ce qu’on oublie en revanche, c’est que la prison n’est que la concentration et l’expérimentation de méthodes de contrôle, de surveillance et de soumission que l’on retrouve à l’extérieur : la ville-prison. Au travers des caméras, des contrôles de police, du fichage institutionnel (ONEM, CPAS, Banques, ADN et empreintes digitales…), des politiques d’urbanisme, de la promotion du « bon citoyen »… s’exprime une réelle volonté de gérer la population pour s’assurer qu’elle ne quitte pas le droit chemin. Droit chemin balisé par ceux et celles qui ne souhaitent pas perdre leur pouvoir et leurs privilèges. Tout est pire que dehors en prison, et pourtant tout est tellement pareil. Une réflexion sur la prison qui ne critique pas le monde qui la produit est une réflexion amputée.

Qui sont ces gens que l’on enferme ?

Violeu.se.r.s, braqueu.se.r.s, voleu.se.r.s, meurtri.ère.er.s, sans-papiers, révolté.e.s… Une erreur commune est de considérer que derrière chaque personne enfermée, il existe un cas individuel auquel apporter une solution individuelle. Un.e tell.e sera violent.e, psychopathe, perturbé.e, asocial.e, prédisposé.e à la délinquance etc. Sans tomber dans un discours victimisateur et déresponsabilisant, nous sommes en partie le produit du monde dans lequel nous vivons. Ce monde qui prône la richesse, la réussite individuelle par la compétition, réduit les corps à des objets publicitaires, porte la guerre et l’exploitation dans certains pays pour assurer la prospérité d’autres territoires, et dont le mécanisme même ne peut que laisser des milliers de gens sur le carreau. Ce même monde qui feint l’indignation lorsqu’après avoir créé les conditions de la misère (affective, sociale, sexuelle, intellectuelle), certaines personnes vont chercher les moyens de leur satisfaction là où ils se trouvent, ou ceux de lutter contre ce qui les oppresse. Ce qu’elles ont toutes en commun, c’est de mettre en danger la stabilité de ce système socio-économique qu’est le capitalisme. Capitalisme dont l’État est le premier défenseur, son rôle principal étant de le faire accepter par la population ou, le cas échéant, de l’y contraindre.

Lutter contre l’État tout en lui serrant la main ?

Il paraît donc paradoxal d’attendre de l’État qu’il fasse quoi que ce soit qui aille à l’encontre des intérêts économiques qu’il défend et de la paix sociale qu’il met en place. Cependant, pour éviter les écueils de la dictature, l’État a dû au cours de son développement consentir à créer des espaces bien délimités qui permettent l’expression de la contestation tout en restant gérables. C’est pourquoi il martelle que les seuls moyens de s’exprimer sont ceux-là mêmes qui ne peuvent en aucun cas mettre en péril les fondements du système politique : voter, manifester pacifiquement, faire circuler des pétitions, monter associations et syndicats… en résumé : participer activement à la démocratie. Agir dans ces cadres hyper réglementés apparaît donc comme étant une perte d’énergie, en plus d’un aveuglement incroyable quant aux échecs répétés de ces méthodes de « lutte ». Comment imaginer changer quoi que ce soit par les actes précités alors qu’au sein des taules, les détenu.e.s doivent se mutiner avec violence pour obtenir la simple possibilité de prendre une douche ? Retirer les œillères du légalisme, c’est élargir son champ de vision aux multiples gestes subversifs du quotidien.

Comment s’aimer et se soutenir par-delà les barreaux ?

D’un point de vue strictement éthique, nous ne pouvons que refuser un quelconque dialogue avec les tortionnaires qui chaque jour, poussent des dizaines de gens au suicide (aussi bien dedans que dehors), quand ils et elles ne les passent tout simplement pas à tabac ou les droguent. On ne saurait plus vraiment dire si l’attitude pacifiste des syndicats et organisations politiques, a pour but de soutenir les gens enfermés ou de faire leur propre promotion en s’assurant que tout reste bien en place, car c’est cette attitude qui par sa passivité même contribue à la continuité de la violence d’État. Dedans comme dehors, c’est de liberté saccagée qu’il s’agit, et cette liberté à arracher ne saurait s’accommoder de moyens qui portent en leur sein les conditions de sa négation. Quitter les sentiers battus de la contestation spectaculaire n’est pas une simple question d’efficacité, mais bien d’adéquation entre les fins que nous visons et les moyens que nous utilisons. La question de la violence n’est rien d’autre qu’une question d’État, c’est-à-dire une façon d’en conserver son monopole tout en faisant oublier que chaque jour, il distille une dose de haine et de sadisme qu’on ne saurait ni voudrait jamais égaler.

Ce qu’il faut à l’heure actuelle, c’est une propagation de la révolte qui existe déjà à l’intérieur des geôles comme à l’extérieur. Des milliers de gestes et d’habitudes à transformer pour en finir avec un monde qui enferme, tue et mutile. Nous ne parlons pas de battre le pavé avec l’accord du bourgmestre, mais de les saisir et de leur trouver une autre utilité. Nous ne saurions établir le contact avec les prisonniers et prisonnières selon le calendrier de l’administration, nous préférons organiser des parloirs sauvages près des cours de promenade. Bien sur, ce ne sont que des propositions, libre à chacun.e de laisser vagabonder son imagination…

Ceci dit, rappelons-nous que nous parlions déjà plus haut de la ville-prison…

Ne pas s’arrêter en si bon chemin

Savoir faire le lien entre la construction d’un nouveau centre commercial et la construction d’une nouvelle prison, entre une voiture qui crâme et le suicide d’un.e prisonni.è.er.e, entre l’installation de nouvelles caméras et l’aménagement d’ailes de haute sécurité revient à arrêter de vouloir segmenter les luttes et à s’interroger sur l’aspect totalitaire du système capitaliste. Il est nécessaire de s’attaquer à la prison comme il est nécessaire de saper les fondements de la ville-prison, la première n’étant que le pendant répressif de la seconde.

« Pour que l’odeur de la poudre brise le silence de la paix sociale »

Pour aller plus loin…

Parce qu’on aime bien que les gens s’informent et réfléchissent par eux-mêmes, voici quelques pistes qu’il est intéressant de suivre.

Brochures (trouvables sur infokiosques.net) : L’impasse citoyenniste • Militantisme, stade suprême de l’aliénation • Notre planète est une prison • Paroles de retenus depuis la prison pour étrangers de Vincennes • Se battre contre l’isolement, c’est se battre contre la prison • Paroles de FIES • Comme un chien enragé • Pourquoi faudrait-il punir ? • Lavomatic – lave ton linge en public

Journaux : L’Envolée • La Cavale • Mauvaises intentions

Livres : Huye, hombre, huye de Xosé Tarrio Gonzalez • Fractures d’une vie de Charlie Bauer • Surveiller et punir de Michel Foucault • À couteaux tirés avec l’existant, ses défenseurs et ses faux critiques • Brique par brique se battre contre la prison et son monde • La joie armée de Alfredo M. Bonanno

Films : QHS et rébellion : un court métrage contre la prison • Illégal de Olivier Masset-Depasse • Celda 211 de Daniel Monzón

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[Brèves du Luxembourg] Des étincelles qui se multiplient…

Vu sur Indymedia Bruxelles

Le soir du 21 avril à Schrassig, un détenu met le feu dans sa cellule en incendiant des vêtements et du papier.
À peine deux jours après, le 23 avril, éclate un incendie dans la menuiserie de la prison pour mineurs à Dreiborn. La police de Grevenmacher mène l’enquête.

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Chronologie ArcelorMittal

Même si les revendications restent pour l’instant purement réformistes, il y a dans le mouvement sociale à ArcelorMittal certaines pratiques radicales intéressantes qui peuvent avoir un potentiel d’agitation sociale voir insurrectionnel. C’est pourquoi nous avons fait cette chronologie non-exhaustive de quelques faits marquants dans la lutte d’ArcelorMittal.

  • 3 octobre 2011 : La direction d’ArcelorMittal est séquestrée dans les bureaux du Centre Acier à Flémalle pendant près de 2 jours. Les délégués syndicaux, faisant bien leurs boulots de larbins du capital, avaient annoncé la libération de la direction plus d’une heure à l’avance mais s’étaient heurté au mécontentement d’une partie des travailleurs. En simultané commence une grève générale des usines ArcelorMittal à Liège.
  • 25 Novembre 2012 : Blocage des expéditions de marchandises à Seraing.
  • 25 Janvier 2013 : Manifestation à Bruxelles. Tentative de forcer un barrage pour accéder à la résidence du Premier Ministre. Jets de pavés,de pétards, de bouteilles et de boules de neiges sur les flics.
  • 29 janvier 2013 : Manifestation à Namur. Affrontements avec la police à coup de pavés. Vitrines de magasins brisées.
  • 6 Février 2013 : Manifestation à Strasbourg. Affrontements avec la police, jets de panneaux de signalisations. Un ouvrier perd un œil après avoir été touché par un tir de flash ball.
  • 8 Mars 2013 : Deux postes frontières sont bloqués pendant plusieurs heures.
  • 20 Mars 2013 : Manifestation à Namur. Jets de bouteilles dans les vitres du parlement, tentative de franchir les barrières anti-émeutes, affrontements et peinturlurage de flics. Encore une fois les délégués syndicaux, ces gardiens de la paix sociale ont mâché le boulot aux flics et ont tenté de « canaliser » les « manifestants les plus récalcitrants » selon les propos du commissaire Pierre Jacobs (sic).
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Luttes sociales en wallonie