Archives pour la catégorie Théories

La collectivisation des terres chez les anarchistes…

La collectivisation des terres est une idée essentielle de l’anarchisme rural. Il ne s’agit pas ici de collectivisations forcées (pour le producteur.trice) productivistes et bureaucratiques comme celles prônées par les communistes autoritaires.

Bien sûr que non! Ce que nous appelons de tout notre c’est une collectivisation par le bas, par ceux et celles qui utilisent la terre. Ce que nous voulons c’est la fin de l’accaparement des terres agricoles par de riches propriétaires (qui louent bien souvent à des prix plus qu’exorbitant); la fin également de la destruction des terres obtenues à coup d’expropriation pour y faire des projets inutiles, polluants et destructeurs mais générant un max de thunes pour une poignée de capitalistes…

Les terres doivent revenir à celles et ceux qui veulent les cultiver!

Exemples historiques

La collectivisation quand elle n’est pas forcée à ceux et celles qui cultivent par une bureaucratie complétement déconectée de toute réalité rurale (en gros quand elle n’émane pas de régime communistes autoritaires) a su montrer sa réalisabilité et son efficacité dans des expériences historiques de plus ou moins grosses ampleurs et ce malgré le contexte souvent complexe et assez défavorable (guerre d’espagne,..) .

Les Diggers

Les diggers (« piocheurs » en français) sont souvent considéré comme étant le premier collectif squatteur.euse.s. Les diggers ont été fondé en 1649 suite à l’occupation de l’église de Walton On Thames par un groupe de journaliers revendiquant le droit d’utiliser les prés et terres communal (qui étaient auparavant mises en commun par les paysans puis qui avaient été largement privatisé).  Ainsi ielles déclaraient :

« c’est indéniablement affaire de justice que le peuple travailleur puisse bêcher, labourer et habiter sur les communes, sans avoir à louer ni a payer une redevance à quiconque »

« une fois la terre redevenue trésor commun… il adviendra que nul n’osera chercher à dominer les autres, nul n’osera tuer son prochain et ne désirera posséder davantage de terre que son voisin »

« tous les hommes se sont dressés pour conquérir la liberté… et ceux parmi vous qui appartiennent à l’espèce des riches ont peur de la reconnaître car elle s’avance vêtue des habits du rustre… La liberté, c’est l’homme résolu à mettre le monde à l’envers, comment donc s’étonner que des ennemis l’assaillent… »

Ils avaient des idéaux collectivistes chrétiens et sont souvent considérés comme des précurseurs de l’anarchisme

L’ukraine

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Le 29 mars 1917 l’union des paysans est fondée à Gouliaï Polié, cette union regroupe des paysan.e.s refusant de payer le loyer aux proprios.

Cette union prendra la forme d’un conseil des délégués, paysans et travailleurs suite à une assemblée régionale. Ce conseil voulait préparer le terrain à des expropriations par des groupes de paysan.e.s armé.e.s ayant pour beaucoup été influencé.e.s par la pensée de l’anarchiste Nestor Makhno.

Le 25 Septembre 1917 les grands propriétaires sont convoqués et leurs titres de propriétés saisis. C’est le début de l’expropriation des grands propriétaires et de l’aristocratie par les paysan.e.s pauvres.

Les insurgés forment un tas de commune agraire autonome autogérée et émancipé du pouvoir étatique sur une région allant de la mer noir et au Donbass. Ces communes sont basées sur le volontarisme, la solidarité et au minimum une tentative d’horizontalité. Ces paysan.e.s ont pu expérimenter pendant plusieurs mois la vie et l’agriculture sans l’oppression d’un pouvoir politique. Ielles ont également pu pour quelques temps se réapproprier les terres qu’avaient accaparées les riches

Tout cela ne plait pas beaucoup aux bolcheviks…

En 1918, Lénine signe un traité livrant l’Ukraine à l’Allemagne et l’Autriche.

Les anarchistes ukrainien.e.s organisent la résistance par la guérilla principalement dans l’Armée Révolutionnaire Insurrectionnelle.

Parallèlement à cela la répression anti-anarchiste prend de l’ampleur en Russie. La presse anarchiste y est interdite et nombre de militant.e.s sont emprisoné.e.s.

La guérilla combat avec succès les Allemands  ainsi que les armées blanches.  L’armée Rouge qui avait passé des accord tactiques temporaire avec l’armée révolutionnaire insurrectionnelle se retourne contre les anarchistes suite à leur victoire sur les blancs…

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L’Espagne 36-39

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De même pendant le soulèvement social de 36 en Espagne, de nombreuses terres agricoles ont été collectivisés par les paysan.e.s et des communes agraires autogérés ont été formées. Ces collectivisations ont pris diverses formes selon les endroits. Elles ont été très nombreuses en Catalogne (70% des terres y ont été collectivisés) , en Andalousie (50%) et dans l’est de l’Aragon (450 collectivités agricoles).

La guerre contre le franquisme puis le régime dictatorial de Franco mirent fin à ces expériences..

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La collectivisation ici et maintenant?

 

La collectivisation des terres sa se passe aussi ici et maintenant que ce soit dans le cadre de potagers collectifs qui malheureusement sont bien trop souvent exempt de toute revendication que dans l’occupation de terres menacées par des projets capitalistes destructeur. Certaines coopératives ou communautés autogérées collectivisent également leurs terres

Dans le cas des potagers collectifs certain portent tout de même un message politique comme Après la pluie à Namur.

 

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Une bibliothèque anarchiste en ligne…

Une bibliothèque anarchiste en langue française et en ligne a été lancé il y a peu basé sur theanarchistlibrary, un projet similaire en Anglais.

Ca se passe ici

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Il n’y a pas de capitalisme vert…

Les dégâts de la pollution se font de plus en plus ressentir, destructions de la faune et de la flore, réchauffement climatique au conséquences futures probablement catastrophique, épuisements des ressources naturelles…

Pendant ce temps les dirigeants pavanent devant les caméras, se goinfrent dans des conférences où ils se fixent des objectifs ridicules qu’ils ne respecteront de toute façon pas. Tout en disant « il faut consommer vert, durable et trier vos déchets » ils/elles continuent à construire détruire les terres agricoles, la faune, la flore, piller les ressources naturelles. Tout ça bien évidement pour se faire un maximum de frics. Au fond sa veut dire quoi « durable » ? Ça veut dire polluer un peu moins, pour pouvoir polluer plus longtemps et continuer par la même occasion à exploiter humain.e.s et ressources naturelles. Quand on voit que certain n’ont même pas honte d’affirmer que LA solution à la pollution c’est le nucléaire. Ce même nucléaire qui fait peser un danger énorme sur énormément de gen.te.s et qui produit un nombre incalculable de déchets dangereux dont on ne sait quoi faire… Les bourgeois.e.s vont même jusqu’à spéculer sur le CO² et repeignent leurs vieilles logiques de profits mortifères en vert.

Il faut bien un moment se rendre compte que « l’écologie » capitaliste n’est que de la poudre aux yeux, juste un moyen de plus de faire du frics.

Le principe de base du capitalisme c’est la croissance, c’est-à-dire toujours produire plus… Quand on augmente pas la production, on perd (en résumé). A partir du moment où l’on sait que le ressources naturelles sont limitées, il est clair qu’à un moment il va y avoir problèmes… Et il est par ailleurs limpide que vouloir défendre la faune, la flore et les ressources naturelles ce n’est pas compatible avec le capitalisme fusse-t-il « vert ».

Pour une écologie radicale, anticapitaliste et anti-autoritaire visant à mettre une bonne fois pour toute fin à la destructions des ressources naturelles et à l’exploitation des humain.e.s

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Il y a une différence entre vivre et survivre…

Traduction d’un texte issus de Crimethinc ex-workers collective: Days of wars, Night of love!

Peu importe ce que la science médicale prétend, il y a une différence entre la vie et la survie. Être vivant c’est plus que juste avoir un pouls et une activité cérébrale. Être vivant, vraiment vivant, c’est quelque chose de bien plus subtile et magnifique. Leurs instruments mesurent la tension artérielle et la température, mais négligent la joie, la passion, l’amour, toutes ces choses qui font que la vie importe vraiment. Pour rendre nos vies à nouveau importantes, pour en tirer le maximum, nous devons redéfinir la vie en elle-même. Nous devons nous passer de leurs définitions cliniques simplistes, pour favoriser celles qui ont plus un rapport avec ce que nous ressentons actuellement.

En partant de cela, combien d’instants vivants avons-nous dans nos vies ? Combien de matin nous réveillons-nous en nous sentant vraiment libre, ravi d’être en vie,à bout de souffle d’anticiper les expériences d’une nouvelle journée ? Combien de nuits nous couchons nous comblé.e.s en repensant avec satisfactions aux évenements des jours précédents ? La plupart d’entre nous se sentent comme si tout avait déjà été décidé sans nous, comme si vivre n’était plus une activité créatrice mais plutôt quelque chose qui nous arrive. Ce n’est pas être vivant, c’est juste survivre : ne pas être mort. (NdT : du moins physiquement). Nous avons des pompes funèbres, mais leurs services ne sont pas souvent nécessaire ; nous avons des morgues, mais nous passons la majorité de notre temps dans bureaux cubiques et des arcades de jeux vidéos, dans des centres commerciaux, en face d’écrans de télévision. Bien entendu, les petit.e.s cadres de banlieues (NdT : Aux états-unis les banlieues sont principalement peuplées par les classes moyennes) sont térrifié.e.s par le risque et le changement ; ils ne peuvent imaginer de choses plus importantes que la sécurité physique. Leurs coeurs peuvent battre, mais ils ne croivent plus en leurs rêves, abandonnant leurs poursuites.

Mais c’est ainsi que la révolution commence : une minorité d’entre nous commence à poursuivre ses rêves, brisant nos vieux modèles, embrassant ce que nous aimons ( et découvrant par la même occasion ce qu’ils/elles détestent), rêvant éveiller, questionnant, agissant en dehors des limites de la routine et de la régularité. Les autres nous voient faire ça, voient des gen.te.s ayant l’audace d’être plus créati.f.ve.s et plus aventureu.x.ses, plus généreu.x.ses et plus ambitieu.x.ses qu’ils/elles ont imaginé.e.s possible, et nous rejoignent l’un après l’autre. Une fois que suffisament de gen.te.s ont embrassé cette nouvelle façon de vivre, un point de masse critique est finalement atteint, et la société elle-même commence à changer. A partir de ce moment le monde commence à subir une transformation, d’un lieu étrange et éffrayant à un lieu fait de possibilités, où nos vies sont entre nos mains et où chaque rêve peut devenir réalité.

Donc faites ce que vous voulez de votre vie, peu importe ce dont il s’agit ! Mais soyez sûr de faire ce que vous voulez, premièrement pensez attentivement à ce dont il s’agit vraiment et comment le réalise. Analysez le monde autour de vous, comme cela vous pourrez savoir qui et quelles forces travaillent contre vos désires, et lesquelles sont de votre côté… ainsi que comment vous pouvez fonctionnez avec nous. Nous sommes là, vivant pleinement nos vies, vous attendant pour – frauder les trains à travers les états-unis, organiser des protestations politiques dans les écoles publiques françaises, écire de jolies lettres au lever du soleil à Bangkok. Nous avons juste fini.e.s de faire l’amour dans la douche de l’entreprise une minute avant que vous n’alliez prendre votre pause midi d’un quart d’heure. Et la vie c’est t’attendre avec nous, sur le sommet de montagne jamais gravies, dans la fumée des feu de camps et d’immeubles brûlants, dans les bras des amoureu.x.ses qui vont détruire votre monde. Rejoins-nous !

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(Ebook) Emile Pouget : Le sabotage

 

Après avoir rappelé les jalons historiques qui ont vu l’apparition du sabotage dans la pratique des ouvriers anglais, puis européens, et énuméré les procédés existants utilisés pour le mettre en œuvre, Emile Pouget souligne que le sabotage ouvrier vise avant tout à frapper le patronat à la caisse, le seul langage qu’il ait jamais compris. Le sabotage patronal, lui, « s’attaque à la vie humaine, ruine la santé, peuple les hôpitaux et les cimetières ». L’un vise à l’émancipation humaine, l’autre à l’extension universelle et mortifère de la marchandise…

Livre en PDF

 

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(Ebook) Kropotkine: La morale anarchiste

Pierre (Piotr) Alekseïevitch Kropotkine, né le 27 novembre du calendrier julien / 9 décembre 1842 à Moscou et mort le 8 février 1921 à Dmitrov près de Moscou, est un géographe, explorateur, zoologiste, anthropologue, géologue1 et théoricien du communisme libertaire.

Kropotkine_-_La_Morale_anarchiste.djvu

 

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Qu’est-ce que l’autonomie?

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Vidéo: Le capitalisme ou le pillage du monde..

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Qui sont les Black Blocs ? Où sont les Black Blocs ?

Vu sur les-enragés

Cette ques­tion réap­pa­rais­sant dans la plu­part des jour­naux après chaque émeute, comme celle à Rome le 14 décem­bre, elle mérite une réponse. Est-ce que vous voulez-vous voir à quoi res­sem­blent nos visa­ges quand ils ne sont pas mas­qués par des fou­lards, des cas­ques ou des cagou­les ?
Ce sont les mêmes visa­ges qui paient un loyer pour vos appar­te­ments pour­ris, les visa­ges de ceux à qui vous offrez des stages non rému­né­rés ou des jobs à plein temps pour 1000 euros. Ce sont les visa­ges qui paient des mil­liers d’euros pour assis­ter à vos cours. Ce sont les visa­ges des gamins que vous frap­pez quand vous les chopez avec un peu d’herbe dans leurs poches. Ce sont les visa­ges de celles et ceux qui doi­vent s’enfuir du bus quand les contrô­leurs appa­rais­sent, ne pou­vant pas se payer le voyage.
Ce sont les gens qui cui­si­nent vos faux-filets à point dans les res­tau­rants chics, et reçoi­vent pour ça 60 euros la soirée, au black. Ce sont celles et ceux qui vous pré­pa­rent vos cafés serrés à Starbucks. Ce sont ceux qui répon­dent à vos appels en disant « 118 118, puis-je vous aider ? », ceux qui achè­tent de la nour­ri­ture à Lidl par­ce ­que celle des autres super­mar­chés est trop chère. Ceux qui ani­ment vos camps de vacan­ces pour 600 euros par mois, ceux qui ran­gent les étalages des maga­sins où vous ache­tez vos légu­mes bios. Ce sont ceux à qui la pré­ca­rité bouffe toute l’énergie vitale, ceux qui ont une vie de merde, mais ont décidé qu’ils en avaient assez d’accep­ter tout ça.
Nous fai­sons partie d’une géné­ra­tion, qui, pour un jour, a arrêté de s’empoi­son­ner le sang avec la névrose d’une vie passée dans la pré­ca­rité, et qui a sou­tenu les émeutes. Nous sommes le futur que vous devez écouter, et la seule partie saine d’une société cou­verte de métas­ta­ses. Ce qu’il est en train de se passer à Londres, Athènes et Rome est d’une impor­tance his­to­ri­que. Des places rem­plies à cra­quer de gens explo­sent de joie quand les cars de police pren­nent feu. Notre exis­tence même est dans ces cris : l’exis­tence de celles et ceux qui ne peu­vent pas croire que des gou­ver­ne­ments élus se retour­ne­raient contre leurs citoyens et leur feraient payer des dizai­nes d’années d’erreurs com­mi­ses par le sec­teur finan­cier et les mul­ti­na­tio­na­les ; l’exis­tence de ceux qui main­te­nant com­men­cent à penser que tous ensem­ble nous pou­vons com­men­cer à leur faire peur. Ces excla­ma­tions étaient furieu­ses et joyeu­ses, explo­sant depuis la partie saine de la société, pen­dant que celle empoi­son­née se cachait dans la Chambre des Députés.
Les Black Blocs ont encore frappé. Vous feriez mieux de regar­der autour de vous main­te­nant. Des rumeurs disent que vous pour­riez en ren­contrer cer­tains pen­dant vos cours, à la biblio­thè­que, à la machine à café, au pub, sur la plage, voire même dans le bus.
Collettivo Universitario Autonomo de Torino, 16 décembre 2010

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expliquer le privilège blanc à une personne blanche pauvre

Article original
Traduction en français : Il y a des années quand une féministe sur internet m’a dit que j’étais ‘privilégiée’
« Pétain de bazar de marde ??! que j’ai répondu.

Je suis issue de ce genre de communauté pauvre qu’on ne veut pas croire qu’il existe encore dans ce pays (USA). Avez-vous déjà passé un hivers glacial du nord Illinois sans chauffage ni eau courante ? Moi si. A 12 ans avez vous déjà préparé des nouilles chinoises dans un percolateur à café, avec de l’eau ramené d’un bain public ? Je l’ai fait. Avec vous déjà vécu dans un campement à l’année et utilisé l’adresse postale d’une connaissance pour recevoir votre courrier ? Nous si. Avez-vous fréquenté tellement d’école élémentaires différentes que vous ne pouvez pas vous souvenir d’un quart de leur noms ? Bienvenus dans mon enfance.
(photo: un exemple de caravane bien mieux que celle dans laquelle j’ai grandi)

Aussi quand une féministe m’a dit que j’avais un ‘privilège blanc’, je lui ai répondu que ma peau blanche n’avais rien foutue pour m’éviter la pauvreté. Et puis, comme toute féministe instruite l’aurait fait, elle m’a envoyé vers la désormais célèbre pièce de Peggy McIntosh de 1988 « White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack. »(le sac à dos invisible ?)

Après une lecture du puissant essai de McIntosh, il est impossible de dénier qu’être née avec la peau blanche permet certains privilèges immérités dans la vie que les personnes d’autres couleurs n’ont tout simplement pas. Par exemple :

« Je peux allumer la télévision ou ouvrir une page de journal et voir des gens de ma race (couleur) largement représentés »

« Quand on me parle de notre héritage national ou de la ‘civilisation’, on me montre des gens de ma couleur qui les ont réalisés »

« Si un agent de police me tire dessus ou un agent du fisc m’auditionne, je peux être sûre que je n’ai pas été visée à cause de ma race’

« Je peux si je le souhaite m’arranger pou être en compagnie de gens de ma couleur la plupart du temps’

Si vous lisez le reste de la liste, vous verrez comment les blancs et les personnes de couleurs font l’expérience du monde de manière très différente. Mais écoutez : tout cela n’est pas pour dire que les blancs doivent se sentir coupable à propos de ces privilèges. Ce n’est pas votre faute si vous êtes née avec la peau blanche et si vous vivez ces privilèges. Mais que vous le vouliez ou non, vous en bénéficiez, et c’est votre faute si vous ne faites pas l’effort d’être conscient de ce fait.

Je peux comprendre que l’essai de McIntosh irrite certaines personnes dans le mauvais sens. Il y a certains points de la liste qui parlent plus du statut de l’auteur comme personne de classe moyenne que de son statut comme personne blanche. Par exemple:
« Si je dois déménager, je peux être assez sûre de louer ou d’acheter une maison dans un endroit abordable et où je voudrais vivre’
« Je peux être assez sûre que les voisins dans cet endroit seront neutres ou agréables avec moi »
« Je peux aller faire des courses et être assez sûre de ne pas être suivie ou harcelée’
« Si je le veux, je peux être assez sûre de trouver un éditeur pour cette pièce sur le privilège blanc »
Et il y a tellement de points dans cet essai où le mot ‘classe’ pourrait se substituer au mot ‘race’ ce qui au final peindrait une image très différente. C’est pourquoi j’ai eu beaucoup de mal à m’identifier à cet essai longtemps. Quand j’ai fini par écrire sur le privilège blanc il y a quelques années, je me suis demandée pourquoi cette femme blanche pensait que mes expériences étaient les mêmes que les siennes, quand non, ma famille n’aurait certainement pas pu louer une maison ‘dans un endroit abordable et où je voudrais vivre’ et non, je n’aurais pas pu faire du shopping sans craindre mes voisins d’infortune.

L’idée que n’importe quelle personne blanche puisse trouver un éditeur pour une pièce est certainement un symptôme de privilège de classe. Étant issue d’une famille où les gens n’ont jamais passé de diplôme secondaire, sans connaitre aucune personne intellectuelle ou issue du parcours académique, il ne me serait jamais venu à l’esprit que je puisse être publiée.
C’est une anormalité absolue que je sois diplômée, considérant qu’aucune personne des 2 côtés de ma famille n’a même le BEPC (?). Et j’ai cru jusqu’à mes 30 ans que personne de mon origine ne pourrait atteindre un tel niveau. La pauvreté colore chaque perspective d’opportunité d’avancement dans la vie.
Les classes moyennes, les gens éduqués supposent que n’importe qui puisse atteindre son but s’il travaille assez pour. Les gens imprégnés de la pauvreté voient rarement leur vies passées à travailler à la station service qui paie leur location de caravane, et leur automédication à base de cigarette et de médicaments communs jusqu’à ce qu’ils meurent d’un arrêt cardiaque. (Je viens de décrire une partie entière de ma famille et la vie que je pensais vivre avant d’avoir la veine d’en sortir)

Moi, peut-être plus que d’autres personne, je peux complètement comprendre pourquoi de pauvres blancs sont énervés quand le mot ‘privilège’ est jeté dans la conversation. En temps qu’enfant j’étais constamment discriminée parce que pauvre, et cette blessure est encore très profonde. Mais heureusement, mon éducation a introduit en moi un concept plus nuancé du privilège : le terme intersectionnalité. Le concept de l’intersectionnalité reconnaît que les gens peuvent être privilégiés à certains égards, et certainement pas privilégiés dans d’autres. Il y a beaucoup de différents types de privilèges, et pas seulement le privilège de couleur de peau, qui ont un impact la façon dont les gens peuvent se déplacer à travers le monde ou sont victimes de discrimination.
Ce sont ces choses dans lesquelles vous êtes née, et non pas les choses que vous avez obtenues, qui vous offre des possibilités que les autres ne peuvent pas avoir. Par exemple :
– Citoyenneté: simple fait d’être né dans ce pays vous offre certains privilèges auxquels les non-citoyens ne pourront jamais accéder.
– Classe: Etre né dans une famille financièrement stable peut aider à garantir votre santé, le bonheur, la sécurité, l’éducation, l’intelligence, et les possibilités futures.
– Orientation sexuelle: Si vous êtes né hétéro, chaque Etat dans ce pays vous offre des privilèges que les gens non-hétéro doivent se battre pour avoir devant la Cour suprême.
– Sexe: Si vous êtes né mâle, vous pouvez supposer que vous pourrez marcher à travers un garage sans vous soucier d’être violée et d’avoir à traiter avec un avocat de la défense rejetant la faute sur ce que vous portiez ce jour-là.
– Capacité: Si vous êtes née valides, vous n’avez probablement pas besoin de planifier votre vie autour de l’accès aux handicapés, le braille, ou d’autres besoins spéciaux.
– L’identité de genre: Si vous êtes né cisgenre (votre identité de genre correspond au sexe vous a été assigné à la naissance), vous n’aurez pas à vous soucier que l’utilisation des toilettes ou d’un casier provoque l’indignation du public.

Comme vous pouvez le voir, appartenir à une ou plusieurs catégories de privilèges, surtout étant un hétéro, blanc, de la classe moyenne, hommes et valides, peut être comme gagner à une loterie à laquelle vous ne saviez même pas que vous jouiez. Mais cela ne veut pas dire que toute forme de privilège est exactement la même que l’autre, ou que les gens à qui il manque une zone de privilège puissent comprendre ce que c’est que de faire défaut dans d’autres domaines. La discrimination de race n’est pas égal à la discrimination sexuelle et ainsi de suite.
Écoutez: reconnaitre un privilège ne signifie pas souffrir de culpabilité ou de honte dans la vie. Personne ne dit que les hétéros, blancs, classe moyenne, valides et hommes sont des tas de trous du cul qui n’ont rien fait pour obtenir ce qu’ils ont. Reconnaitre son privilège est simplement être conscient que certaines personnes doivent travailler plus dur juste pour vivre les choses que vous tenez pour acquises (si toutefois ils les expérimentent jamais)

Je sais maintenant que je suis privilégiée de bien des façons. Je suis privilégiée comme citoyenne native blanche, comme femme cisgenre, valide. Je suis privilégiée parce que ma langue maternelle est aussi la langue nationale, et que je suis née avec l’intelligence et l’ambition qui m’ont sortie de la pauvreté à laquelle j’étais destinée. Je suis privilégiée parce que j’ai pu me marier avec un partenaire privilégié, classe moyenne, mâle et éduqué qui attendait pleinement de moi que je passe mon diplôme universitaire (?).
Il y a un million de manière par lesquels j’expérimente le privilège, et certains que je ne vis pas. Mais heureusement l’intersectionnalité nous permet d’examiner ces dimensions variables et ces degrés de discrimination tout en sensibilisant à la conscience des résultats de ces multiples oppressions au travail.

Dites moi, êtes-vous une personne qui s’est senti mal à l’aise avec le terme ‘privilège blanc’ ? Est-ce qu’une approche plus nuancée vous a aidé à voir plus clairement votre propre privilège ?

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