Archives pour la catégorie Gentrification/urbanisation

Réglement anti-mendicité à Namur: écraser les pauvres pour plaire aux touristes

3 ans après le premier règlement anti-mendicité de 2014 qui avait par ailleurs été suspendu par le conseil d’état, un nouveau règlement visant  à interdire la mendicité dans tout les axes commerciaux et touristiques de Namur, Salzinnes, Jambes, Bouge et Saint-Servais.

Ce règlement est en vigueur depuis le 1er Juillet et ce pour une durée de 3 mois. Le but de ce règlement est clair au vue des dates et des zones visées: Faire place net, relégué la misère là où elle ne sera pas visibles de ces touristes qui viennent les poches pleines à craquer pour flâner sur la citadelle et dépenser leurs pognons dans le centre-ville. Pour la ville de Namur, il ne faudrait surtout pas que ces braves touristes ne soient incommodé par la vue de la pauvreté… Dès lors la réaction de la ville n’est on ne peux plus clair: dehors les pauvres, nous on veux du frics à tout prix…

En plus de ce règlement abjecte la ville de Namur va fermé l’abri de nuit du 22 Juillet au 22 août…

Par ailleurs rappelons que pendant que la ville chasse les mendiant.e.s, elle investi également beaucoup d’argent dans la gentrification, le tourisme et le commerce. La ville se dit par exemple prête à dépenser 600.000€ par an pour le projet de téléphérique sur la citadelle… Avec une telle somme, il y aurait sans aucun doute de quoi largement augmenté les places et conditions d’accueils dans l’abri de nuit…

Rappelons également qu’en Wallonie, il y aurait plus de 30.000 logements vides pour près de 8.000 SDF. Bien entendu, tout.e.s les mendiant.e.s ne sont pas SDF et tout.e.s les SDF ne sont pas mendiant.e.s. Mais cela montre une fois de plus, que si une tel misère existe, si des gen.te.s se retrouvent à devoir mendier et/ou dormir dans la rue, ce n’est pas dû à un manque de logements, de nourritures (les poubelles de nos supermarchés regorgent de nourriture encore consommable mais plus d’une fois des gen.te.s se sont retrouvé.e.s accusé.e.s de … vol pour s’être servi de cette nourriture destiné.e à être gaspiller) ou de quoi que ce soit d’autres. Non, nous sommes ici en Europe dans une société de sur-abondance et de gaspillage. La misère elle existe à cause d’une volonté politique, à cause de la logique de profit du capitalisme. Certain.e.s se goinfrent et jettent à tout va pendant que d’autres crèvent la misère.

Mobilisation des mendiant.e.s

Les mendiant.e.s namurois.e.s semblent bien décider à ne pas se laisser faire !  Ielles avaient décidé d’occuper la place d’Armes vendredi soir. Samedi après-midi, ielles en ont été violemment délogé.e.s par la police. Évidement, dans la logique de la Ville, une protestation de mendiant.e.s en plein centre était inacceptable. Cela va complètement à l’encontre de leur but de les invisibilisé.e.s pour donner aux touristes l’image d’une ville bien « propre », bien bourgeoise où la misère n’existe pas… Les mendiant.e.s ont exprimé.e.s leur souhait de maintenir une mobilisation jusqu’à l’abrogation de règlement malgré les miettes de pain jetés par la commune qui a promis de toléré la mendicité pendant… 3 semaines (!!) sur les 3 mois d’interdiction.

Celleux qu’on devrait chasser de Namur ce ne sont pas les mendiant.e.s, c’est plutôt tout.e.s ces politicien.ne.s, promoteurs immobiliers, bourgeois.e.s et autres rapaces du secteur touristique.

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Manifestation: Un toit pour toutes et tous!

Manifestation à Bruxelles ce 21 Mars à l’initiative du collectif de squatteur.euse.s Piratons Bxl

A Bruxelles, il y a plus de 15.000 logements vides pour 5.000 SDF . En Wallonie, la situation n’est guère meilleure, il y aurait plus de 30.000 logements vides pour 8.000 SDF. Pourtant chaque année des gens meurent de froid dans la rue. Des milliers d’autres gens vivent dans des taudis minuscules aux loyers élevés. Nombre de locataires consacrent la plus grande partie de leur revenus à leurs loyers, d’autres n’ont tout simplement plus la possibilité de les payer et se retrouvent face à des menaces d’expulsions ne pouvant faire qu’empirer leur situation.

Les expulsions de locataires et de squatteur.euse.s s’enchaînent et ce particulièrement à partir du printemps et de la fin de la trêve hivernale dans les sociétés de logements sociaux. Pendant ce temps, nombre de riches propriétaires voient leurs portefeuilles s’engraisser grâce à la spéculation immobilière. Cette spéculation a pour conséquence l’abandon de nombreux logements permettant de rendre virtuellement l’offre moins importante que la demande ce qui fait bien entendu augmenter les loyers déjà très élevés.

Face à cette situation intolérable, la réponse de l’État reste toujours la même : des pouvoirs publics incompétents, le contrôle et bien entendu la répression. Les procédures d’expulsions sont de plus en plus souvent expéditives. Le CD&V a même déposé un projet de loi afin de punir d’emprisonnement le fait de squatter, ce qui revient une fois de plus à criminaliser les pauvres.

Nous ne nous laisserons pas faire !
Nous ne nous laisserons pas intimider par la répression !
Organisons-nous collectivement pour rendre difficile ces expulsions comme cela se fait déjà dans d’autres villes d’Europe. Contre la hausse des loyers et la spéculation immobilière !
Pour la réappropriation et non la détérioration des biens immobiliers ! Occupons les logements vides ! Défendons ces occupations ! Un toit pour toute et pour tous !

C’est pour défendre ces revendications que nous appelons à manifester en cette date symbolique du début du printemps et du début des expulsions de locataires de logements sociaux ce 21 mars 2016 à 17H à Porte de Namur !

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À Wazemmes, une gentrification conviviale

 

vu surlabrique.net

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Qui dit bières dit bars. Et, à Lille, qui dit bars dit Wazemmes. L’occasion d’un éloge vibrant ? Pas vraiment. Autour de la choppe, c’est tout un monde qui se déploie, qui écorne sérieusement la carte postale du sympathique quartier populaire. Le temps d’une nuit, on a exploré quelques-unes des ambiguités de la fête à Wazemmes. Reportage.

« À Wazemmes ce qui est bien, c’est que tu croises vraiment de tout, c’est hyper mélangé ». On en était à la cinquième interview, et nous venait la douce envie de fracasser le dictaphone sur le trottoir. Apparemment, les gens n’ont rien à dire. Sans doute aussi qu’on doit s’y prendre comme des manches, à poser des questions toutes plates ; et puis c’est peut-être bien le sujet qui est bidon. « La bière à Wazemmes » : difficile de mettre en percussion un thème autant remaché.

Wazemmes redimensionné

D’ailleurs c’est vrai : Wazemmes est un lieu rare. Il a pour lui son héritage populaire, sa convivialité crève les yeux, ses bars sont pleins de chaleur. « Les bars à Wazemmes, on y déboule pour voir les copains, croiser ceux des copains, et puis rencontrer des gens qu’on connaît pas encore. Ça réunit les avantages de la ville et du village », racontait un type en terrasse du Triporteur, point de départ de l’expédition. Le « village ». Alors qu’on poursuit nos rencontres, l’image sort à nouveau de la bouche des personnes avec qui on tchatche. Au point de nous chatouiller ; d’abord un peu, puis beaucoup. Et quand ça chatouille, on a envie de gratter.

C’est qu’en guise de « village », on parle quand même du plus gros quartier de Lille en nombre d’habitants. D’un marché qui accueille des dizaines de milliers de chalants chaque semaine – le « troisième marché d’Europe » pour certains 1. De T-shirts « I love Wazemmes » qui se vendent à 19 boules sur internet. D’un festival d’accordéon capable de drainer 20 000 personnes. Et d’une fête, dite de la « soupe », qui réceptionne 50 000 badauds sur un week-end – le double de la population du quartier. Les frontières de Wazemmes, au fond, ne sont pas si simples à dessiner. Une anecdote nous revient, qui achève de jeter la suspicion sur l’image d’épinal. « Wazemmes on t’aime !! »  hurlait, le 15 mai dernier, la foule réunie au bal de l’emblématique Cheval Blanc, situé près de la place du marché. Le problème, c’est que la fête, elle, avait lieu dans la salle du Grand Sud. 1600 personnes téléportées par navettes ont ainsi communié dans la vénération d’un bar et du « vrai » Wazemmes… mais à Lille sud.

Du chlore dans le folklore

Mais alors, si l’imaginaire est à ce point troublé, qu’en est-il des pratiques ? On repense aux longues banalités endurées lors des premières interviews, sur la mixité, le brassage et toute la farandole. Peut-être, après tout, qu’elles méritaient d’être prises plus au sérieux. « Wazemmes est en train de se gentrifier, mais les bars échappent à ce mouvement. On y croise tout le monde », continue une cliente croisée sur la terrasse du Relax. À 200 mètres de là, un peu plus tôt dans la soirée, dans son rade proche de la station de métro, le serveur de Chez Tayeb nous avait pourtant cueilli de volée : « vous êtes les premiers blancs à rentrer dans le bar cette semaine ». Lui dresse un constat amer sur l’évolution du quartier : « la place du marché, tout ce coin là, c’est propre, c’est animé. Chez nous, c’est juste la misère ». Deux mondes juxtaposés, sur un kilomètre carré. « Nous, on est des classes rapportées » tranchera, plus tard dans la soirée, une jeune prof habituée des terrasses.

Une opposition géographique, donc, qui saute à la gueule pourvu qu’on ouvre un peu les yeux. Mais une séparation temporelle, aussi. Car à Wazemmes, les rapports sociaux se lisent en suivant la succession du jour et de la nuit. La journée, au café du Poste, des ouvriers – actifs et retraités – viennent boire une chope ou manger un morceau. La nuit, elle, appartient aux étudiants, aux jeunes salariés et aux bières trappistes. « Le soir, c’est beaucoup de gens issus des facs de lettres, d’arts ou de sciences humaines, raconte un client assidu. Il y a pas mal de jeunes profs aussi ». On est pas encore dans le quartier européen de Bruxelles, mais de fait, la nuit éclaire différemment la physionomie sociale du quartier. « On se retrouve entre gens qui aiment la grosse picole ; donc forcément, ça n’inclut peut-être pas tout le monde », s’interroge Charlotte, la mine pensive, rencontrée au Triporteur.

Le « bobo », c’est l’autre

Aujourd’hui, Wazemmes apparaît comme le miroir inversé de la métropole anonyme, un des lieux qui permettent encore d’y survivre. Le quartier incarne ce qui échappe à la police de la ville, sa routine, sa laideur, son emprise, sa course à la compétitivité, son salariat anonyme. Il est précieux, mais à un point tel que, dans les rencontres que nous multiplions ce soir là, il semble souvent appréhendé sans nuances, que sa mise à distance affleure avec difficulté. Et lorsque celle-ci survient, elle se teinte de fatalité. David a débarqué de Paris il y a deux ans, et apprécie l’ambiance festive et simple du quartier. Habitué du Café Jean, il concède néanmoins : « c’est vrai qu’on est un peu entre nous, entre blancs trentenaires. On se dit qu’on y va trop souvent, que ça serait bien de faire autre chose que d’aller au bar, de changer un peu, et puis on y retourne quand même. » Il y a parfois quelque chose de morne dans la fête, quelque chose comme l’odeur renfermée de l’entre-soi.

Est-ce parce que la soirée avance, que nos questions sont plus affûtées, ou est-ce tout simplement qu’on a la chance de tomber sur des gens un peu moins creux ? Toujours est-il que les témoignages se font plus incisifs. Guitoune, rencontrée au Relax : « on dit que Wazemmes c’est trop bien, mais le truc  »quartier convivial, populaire » etc., ça ne veut rien dire. On est tous là, jeunes, de gauche, entre nous ». Sophie, croisée dans un autre bar, ne disait pas autre chose : « le mélange, s’il existe vraiment, c’est pas franchement dans les bars qu’il se joue. Échanger deux conneries avec un inconnu au coin d’une rue à trois heures du matin, je suis pas sûr qu’on puisse appeler ça  »mixité ». Dans le quartier, on trouve surtout des communautés qui vivent côte-à-côte ». Résidente à Moulins, elle-même dit ne pas aller à Wazemmes « sauf pour la teuf et le marché ». Guitoune, encore : « on parle de diversité parce qu’on va au marché, mais concrètement les gens différents, on les croise, on ne les rencontre pas ».
Une expression intuitive revient en permanence pour ramasser les impressions des personnes avec qui on échange. « Wazemmes, ça se boboïse ». On aurait presque envie d’être d’accord… Mais, petit problème : le terme n’a pas beaucoup de consistance sociologique – il est même foutrement flou. De qui parle-t-on ? De l’artiste désargenté ou du jeune entrepreneur tout fier de sa start-up ? D’une prof de fac ou d’un chômeur volontaire ? « Ce qui est chiant, c’est tous ces bobos qui habitent Wazemmes, mais qui n’y sortent pas » juge par exemple une cliente du Relax. À qui pense-t-elle ? « Ben… à mes potes de l’école d’archi. » La frontière est aussi mince que nos feuilles à rouler. Sans doute que le flou de l’expression est ce qui explique d’abord son succès. Mais au fond, le « bobo », c’est personne – si ce n’est l’autre. Le « bobo » existe moins en tant que tel, qu’il ne permet de marquer ses distances avec son propre dégradé : soi-même, en pire.
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Dis-moi qui tu bois, je te dirai quoi tu es

Il n’empêche : le quartier change, c’est un fait. « J’ai commencé à organiser des concerts, ça ramenait du monde. Et puis j’ai acheté plus de bières spéciales différentes, parce que ça aussi ça attirait beaucoup les gens » explique le patron d’un des bars les plus en vue du quartier. Il date le basculement autour des années 2006-2007. La tendance de fond est probablement plus ancienne, vers le début des années 2000, lorsque certains ont commencé à parler de la « deuxième gentrification ». « Gentrification », du nom de ce processus d’éviction des classes populaires de leur propre quartier. « Deuxième », parce qu’elle fait suite aux premières intentions de la mairie dans les années 70, lorsque les expulsions locatives ont commencé à se multiplier 2.
La fête n’est qu’un aspect parmi d’autres de ce phénomène, qui doit beaucoup aux efforts conjugués des promoteurs et des socialistes. Mais les bars y jouent un rôle – peut-être bien malgré eux. Rue des postes, ces derniers mois, les établissements se sont amassés contre le rond-point du Serpent. En attendant, un jour, de le dépasser pour remplacer les épiceries arabes. « Avant, cette rue était blindée de petits commerces populaires. Petit-à-petit, ils sont remplacés par des bars plus ou moins branchés », rapporte un vieux patron de bar du haut de la rue.
Le contenu même de ce qui s’y boit n’est pas neutre. S’enchaîner les pintes à 7 euros – c’est qu’il coûte cher, le Wazemmes populaire – n’est pas complètement à la portée de tout le monde. Les goûts reflètent les classes. « Dans mon bar, j’essaie de garder un mélange de la clientèle. Pour moi, c’était hors de question de servir du champagne à la coupe ou je sais pas quoi, argumente la patronne d’un petit troquet. Je n’ai pas de bières à plus de 7° : ça évite la viande saoûle, et puis ça met tout le monde à la même enseigne », précise-t-elle. Reste que le quartier tend à se scinder. Dans un de ses rapports récents, l’INSEE note que « deux parties semblent se distinguer : la partie sud reste en difficulté quand la partie nord bénéficie d’une mixité sociale avec l’installation d’étudiants et de jeunes cadres ». Chose étonnante : Wazemmes la populaire ne compte que 14% de logement social HLM, soit près de 10 points de moins que la moyenne de la ville. Les opérations immobilières en cours scandent la géographie de l’embourgeoisement.
La « deuxième gentrification » sera liquide

 

Mais, peut-être plus que dans le Vieux-Lille, où la gentrification s’est opérée à grands coups de rénovation urbaine, et peut-être aussi parce qu’elle est plus contrastée, celle de Wazemmes semble prendre des formes plus innocentes. Le caractère « populaire » de sa sociabilité vient bien sûr du fait qu’on trouve plus de classes différentes dans ce quartier-ci que dans beaucoup d’autres. Mais « populaire » semble aussi parfois simplement vouloir dire « nombreux ». Les grands événements du quartier (Festival de l’Accordéon, Fête de la Soupe, voire dans une moindre mesure la Fête de la Jonquille) s’organisent autour du folklore « populaire », mais turbinent aussi beaucoup à l’intense consommation d’alcool. Qui n’est pas forcément la pratique la mieux partagée du quartier.
Le Workshop s’est installé il y a deux ans rue des Sarrazins. « On est les seuls sur Lille à proposer des after le dimanche, à partir de 7h, jusqu’au lundi matin, 1h », détaille un de ses serveurs. Le dimanche, électro et transe cartonnent toute la rue. Et, du fait des horaires, attirent une clientèle qui vient de tous les coins de Lille. Le bar joue sur plusieurs tableaux : il est bien situé, il bénéficie de l’effet de réputation de Wazemmes, tout en profitant du portefeuille de teufeurs qui débarquent de la ville entière. Mais, dans le paysage de la rue, il tranche sévèrement. Si la fétichisation du Cheval Blanc a pris un tour complètement grotesque (sa patronne, Monique, sur scène, juchée sur un grand canasson en bois lors de Wazemmes l’Accordéon), le contraste entre les deux lieux est frappant. Et semble préfigurer ce qui attend la rue des Sarrazins.
Un peu plus loin, La Réserve, un « Bar à Manger », s’est installé récemment. S’il n’est ouvert que le vendredi soir en week-end – et ne participe donc qu’à la marge à cette gentrification « festive » – il organise régulièrement des vernissages d’exposition. Une pratique culturelle qui contribue aussi, à sa manière, à chambouler les habitudes du quartier. En attirant sans doute une clientèle plus âgée qu’ailleurs, mais plus hûpée qu’avant. « Ici, les gens ont plutôt entre trente et cinquante ans », raconte Sandrine, la quarantaine approchante. Elle qui dit « ne sortir qu’ici » explique : « je suis plus tranquille. En tant que meuf, c’est quand même plus paisible que dans d’autres lieux ». Deux autres clients, chemises et vestes soigneusement repassées, racontent : « on vient à la fois ici, et dans le Vieux-Lille, ça dépend des fois ». L’un habite dans le quartier, l’autre à République : « comme ça je suis entre les deux ». La discussion est interrompue par une descente de la Municipale. Et suscite cette analyse qui, un peu comme cette histoire de bars à Wazemmes, commence bien et finit mal : « la mairie fait ce qui fait plaisir à ceux qui votent. Et ceux-là ils habitent ici, mais ils ne vont pas dans les bars. C’est ça aussi : les jeunes ils ont qu’à voter. La solution, c’est peut être juste la démocratie ». La descente de flics les navre ; mais surtout parce qu’on approche d’1h du matin, et qu’ils ne savent plus où aller pour continuer la fête.

Tropismes de classe

Pour autant, la politique municipale de gestion de la vie nocturne apparaît vite au cœur des préoccupations de la plupart des autres personnes qu’on interroge 3. Sans qu’on aille même les chercher là-dessus, les remarques sur le mode du : « Wazemmes c’est plus pareil, tout est cadenassé » font florès. Au point d’en devenir embarrassant. Au fond, tout se passe un peu comme si l’opposition à la réglementation soudait un certain milieu social, blanc, la trentaine diplômée pour le dire vite, et dont la commune expérience se nouerait autour des pratiques festives. Un milieu qui serait focalisé sur un ennemi commun, les flics et la mairie, mais uniquement sur la base de ses intérêts matériels.
Sur le trottoir d’un bar de la rue Henri Kolb, où on termine notre maraude, un ami du patron commence par resservir l’hymne officiel du quartier : « À Wazemmes, tout le monde se connaît, ça se mélange, ça brasse ». Puis le discours s’étiole : « Après en même temps, dans dix ans, c’est clair que Wazemmes ça sera un peu comme le Vieux-Lille ». Ce truc autour de la « fatalité » nous revient dans la tronche. Parce qu’il pose une question difficile – celle qui, dans le fond, nous hante tout ce papier : comment politise-t-on la question des bars ? Peut-on se contenter d’un regard de « consommateur averti », et d’esquiver certains rades plutôt que d’autres ? Au cours des échanges, une personne nous rappelait cette réalité troublante, dont beaucoup ont fait l’expérience : « c’est difficile de convaincre ses proches, même bien marqués à gauche, de ne plus fréquenter les bars où on sait pourtant qu’on y trouve du sexisme et du racisme, que ce soit de la part des patrons ou des clients ». Ce n’est sûrement pas cette petite virée nocturne qui nous permettra de trancher sur la (non) politisation du milieu festif de Wazemmes. Mais elle n’aura pas non plus dissipé un fort goût d’amertume, qui ne devait pas sa ténacité qu’à l’engloutissement – certes frénétique –  de quelques litres de triple fermentation…

Diolto, Jacques T., Lawrence

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Londres: Manif et action anti-gentrification

Une manifestation anti-gentrification s’est déroulée à Londres dans le quartier en pleine gentrification de Shoreditch.

Les manifestantEs ont déclaréEs vouloir reprendre la ville « aux hipsters et aux promoteurs immobiliers ».

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Durant la manifestation plusieurs action directes ont eu lieu.

Un café à céréale pour hipster à prix exorbitant (4€ le bol) qui s’étaient installé dans le quartier a notamment vu sa vitrine couverte de peinture. Ce genre de lieu participe clairement à la gentrification en attirant un publique bobos et en donnant un côté plus « chic »  au quartier. Ces lieux participent à l’augmentation des loyers et donc au déplacement des classes populaires aux profits de classes moyennes/bourgeoises.

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Ce phénomène de gentrification n’est bien entendu pas typique de Londres et touche toutes les grandes villes européennes.  On ne peut qu’espérer que des luttes anti-gentrifications fortes et radicales verront aussi le jours dans ces villes…

 

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Stop à la gentrification du canal!

Ces dernières années les projets de quartiers « durables », de commerces chics et de bureaux pullulent à Bruxelles et particulièrement dans les environs du canal/ Tour&taxis.

Ces projets vont selon leurs promoteurs améliorer le cadre de vie du quartier. Il ne faut pas se laisser avoir, le vrai but de ces projets est de créer un cadre de vie agréable aux bobos et de peu à peu chasser les pauvres du quartier grâce aux augmentations de loyers qui suivent la création des nouveaux logements, bureaux, commerces chics et espace soit-disant « verts » (alors qu’ils continuent à Bruxelles comme ailleurs à urbaniser à tout va pour le bien du capitalisme…).

Ces projets nous dégouttent et agressent les habitants du quartiers. Ils participent à la ghettoïsation et visent à parquer les pauvres de plus en plus loin des touristes et des intérêts économiques.

Dans certaines villes européennes comme Berlin, de vastes luttes combatives, radicales et sans concessions ont actuellement lieu contre la gentrification et ses promoteurs. Contre ceux qui promeuvent ces projets et veulent nous écraser, transformer nos quartiers populaires en zones « durables » réservés aux bourges..

Pendant ce temps les expulsions locatives et de squats s’enchainent. Plus de 5000 personnes dorment toujours à la rue alors que plus de 15.000 (40.000 selon certains chiffres diffusés récement dans les médias…) logements restent à l’abandon à Bruxelles en bonnes parties pour de faire de la spéculation! Pendant que des milliers d’autres galèrent à payer leurs loyers pour vivre dans tandis!

Ne nous laissons pas faire!

Stop à la gentrification!

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