L’état instrumentalise la peur pour faire passer ses lois sécuritaire

Encore une fois l’état (en Belgique comme en France) se sert d’un événement tragique -les attentats du 13 novembre- pour faire passer une série de lois sécuritaires et justifier une omniprésence policière et militaire dans les rues.

Un certain nombres de ces mesures sécuritaires impacteront tout le monde; l’interdiction des cartes SIM anonymes par exemple qui est par ailleurs un pas conséquent vers la surveillance généralisé.

En France, ces mesures servent déjà à réprimer les mouvements sociaux et plus particulièrement la contestation autour de la COP21:

De nombreuses villes/région ont interdit toutes manifestations(dont l’ensemble des manifs autour de la COP).

Lors d’une manifestation de soutien aux migrants et contre l’état d’urgence, 58 personnes ont été identifiés par la préfecture et dénoncé au procureur pour avoir participé à une manif interdite sous l’état d’urgence et risquent jusqu’à 6 mois de prisons fermes. De nombreuses personnes ont reçu une convocation pour une audition « libre ». 2 au moins ont été placé en garde-à-vue. Une personne a été déféré.

Les contrôle aux frontières ont été rétablie au moins jusqu’à la fin de la COP 21. Plus de 1.000 personnes ont été empéché d’entrer sur le territoire francais.

Au moins 24 personnes assignés à résidence dans toute la France durant toute la durée de la COP 21.

Il y a eu au moins 1233 perquisition administrative à travers tout le territoire.

Le 24 novembre, le préfet de Dordogne a ordonné la perquisition d’une ferme de maraîchers bio. Les gendarmes étaient soit-disant à la recherche de « personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste ». Visiblement la perquisition était lié à leurs activités militantes.« Il nous dit : “le G8, les sommets européens, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ?”, et mentionne aussi la COP 21. Visiblement, la perquisition a un rapport avec nos activités militantes. ».  Les gendarmes font également référence à une action de blocage de péage autoroutier contre l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. Plus d’info ici.

 

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Contre Daesh, notre solidarité va aux combattant-e-s kurdes !

Communiqué de l’OCL suite aux attentats du 13 novembre , insiste sur l’hypocrisie du gouvernement francais qui préfère se rendre au G20 en Turquie pour négocier avec Erdogan, le président turc qui a mené tout cet été une guerre sans merci contre les Kurdes et leur révolution. Ce gouvernant vend aussi des armes à différents pays et groupes du Proche-Orient, ce qui poursuit une déstabilisation de la région déjà largement due aux menées impérialistes et colonialistes des « grandes puissances ».

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Attentats paris 13 novembre
Communiqué de l’Organisation Communiste Libertaire

Contre Daesh, notre solidarité va aux combattant-e-s kurdes !

Alors que le gouvernement veut nous mettre en ordre de marche pour la guerre contre le djihadisme et Daesh [1] à coups d’unité nationale et d’état d’urgence – ce qui, au passage, rogne considérablement et toujours davantage nos libertés individuelles et politiques (des manifestations de soutien aux migrants/réfugiés, ainsi qu’aux Kurdes pour dénoncer la répression en Turquie, ont déjà été interdites) –, nous apportons notre entière solidarité et notre soutien à la résistance active et révolutionnaire des Kurdes, qui combattent jour après jour des fascistes désireux de leur imposer la charia, le patriarcat et le capitalisme sauvage le plus abject [2].

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Depuis la victoire de Kobané en janvier dernier, le Rojava (Kurdistan syrien) mais aussi une partie du Kurdistan turc s’organisent sur un nouveau modèle social – antiétatique, féministe et collectiviste ; et les milices de combattant-e-s kurdes YPG et YPJ [3] réussissent à faire reculer efficacement Daesh. Mais, de cela, les gouvernants français ne parlent pas ; ils préfèrent se rendre au G20 en Turquie pour négocier avec Erdogan, le Président turc qui a mené tout cet été une guerre sans merci contre les Kurdes et leur révolution [4]. Ces gouvernants vendent aussi des armes à différents pays et groupes du Proche-Orient, ce qui poursuit une déstabilisation de la région déjà largement due aux menées impérialistes et colonialistes des « grandes puissances » [5].

Car le capitalisme, ce n’est pas seulement le réchauffement climatique. C’est également vendre des Airbus, des Rafale, des blindés et des équipements électroniques. Et c’est encore, pour renflouer des grands groupes capitalistes français défaillants, aller chercher des capitaux dans les régimes totalitaires des monarchies religieuses et intégristes du golfe Arabo-Persique – ces régimes qui soutiennent, financent et arment des mouvements djihadistes composés de dizaines de milliers de combattants, afin qu’ils mènent une guerre par procuration pour la conquête de l’hégémonie régionale au Proche-Orient !

Alors, c’est sûr, quand la guerre arrive sur le territoire français, tout le monde a la gueule de bois… mais quand l’armée française se bat (directement ou non) loin de ses frontières, n’est-ce pas déjà la guerre ?

Si, bien sûr, nous sommes écœuré-e-s par la mort et les blessures d’innombrables innocent-e-s dans les attentats qui ont été menés aveuglément en plein cœur de Paris le 13 novembre, nous n’acceptons pas et sommes indigné-e-s par la récupération – tout comme le 10 janvier avec les attentats à Charlie et l’Hyper Cacher – de l’émotion qu’ils ont suscitée. Ces attentats ne doivent pas nous faire oublier l’hypocrisie du gouvernement « socialiste » sur toutes ces questions.

Non à l’unité nationale et à l’état d’urgence – aujourd’hui comme en 2005 dans les banlieues !

Solidarité avec les combattant-es kurdes !

P.-S.

Organisation communiste libertaire

Notes

[1Voir les déclarations de Valls : http://www.humanite.fr/valls-sen-va-t-en-guerre-589708

[2Pour comprendre un peu plus la domination politique et économique de Daesh en Syrie et en Irak : http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2015/06/26/comprendre-la-domination-de-l-etat-islamique-en-sept-minutes_4662905_3218.html

[3Voir ce reportage sur l’entraînement des YPJ (sections combattantes uniquement féminines) : https://www.youtube.com/watch?v=ZmNlG_nmqEo

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Violence policière à Anvers: Une adolescente blessée par un tir de bal en caoutchouc

Nous apprenons qu’une adolescente de 14 ans a été blessée lors d’une opération de l’équipe d’intervention rapide de la police anversoise dans un établissement pour mineurs.

Les éducateurs de l’institution avait appelé la police après que la jeune fille aurait menacée de se mutilée et de blesser d’autres personnes avec des éclats de verre.

Lors de l’intervention l’adolescente a été blessé au ventre par un tir d’arme dite « non-létal » et a dû être emmené à l’hôpital.

Au vu des informations présentes dans les médias mainstream on peut suposer qu’il s’agissait d’un FN-303, une arme semi-automatique fabriqué par la FN Herstal.

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Cette arme peut tirer des petites balles caoutchouc, des balles munies de peinture indélébile ou non ainsi que des munitions avec du produits incapacitant ( OC comme dans les pepper spray).

Non-létal?

Le FN-303 fait parti des armes dites non-létal pourtant l’arme a déjà tué en 2004 à Boston. Victoria Snelgrove, une étudiante en journalisme s’était fait tiré dans l’oeil par la police de Boston avec un FN-303 et une munition au pepper spray. Ce tir a causé une hémorragie de l’oeil à Victoria, entraînant sa mort…

L’arme peut aussi causer des graves blessures même quand le visage n’est pas touché.

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L’arme est également utiliser par plusieurs corps de l’armée américaine et a été utilisé pendant les guerres d’Afghanistan et d’Irak.

La police turque l’utilise également et a déjà blessé un manifestant au visage.

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Anti-government protest, Istanbul, Turkey - 11 Jun 2013

La police Luxembourgeoise en est aussi équipé et en a notamment fait usage lors de la manifestation du 11 mai 2009 devant le siège d’Arcelor en blessant un journaliste a la main…

En Belgique, la police boraine, le GIS de Namur, le PAB de liège ainsi que l’équipe d’intervention rapide de Liège en sont équipé.

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Le PAB de Liège armé d’un FN-303

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Les policiers du GIS de Namur (anciennement Delta) équipés de FN-303 lors de la coupure d’électricité du Caracole-Neur.

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À Wazemmes, une gentrification conviviale

 

vu surlabrique.net

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Qui dit bières dit bars. Et, à Lille, qui dit bars dit Wazemmes. L’occasion d’un éloge vibrant ? Pas vraiment. Autour de la choppe, c’est tout un monde qui se déploie, qui écorne sérieusement la carte postale du sympathique quartier populaire. Le temps d’une nuit, on a exploré quelques-unes des ambiguités de la fête à Wazemmes. Reportage.

« À Wazemmes ce qui est bien, c’est que tu croises vraiment de tout, c’est hyper mélangé ». On en était à la cinquième interview, et nous venait la douce envie de fracasser le dictaphone sur le trottoir. Apparemment, les gens n’ont rien à dire. Sans doute aussi qu’on doit s’y prendre comme des manches, à poser des questions toutes plates ; et puis c’est peut-être bien le sujet qui est bidon. « La bière à Wazemmes » : difficile de mettre en percussion un thème autant remaché.

Wazemmes redimensionné

D’ailleurs c’est vrai : Wazemmes est un lieu rare. Il a pour lui son héritage populaire, sa convivialité crève les yeux, ses bars sont pleins de chaleur. « Les bars à Wazemmes, on y déboule pour voir les copains, croiser ceux des copains, et puis rencontrer des gens qu’on connaît pas encore. Ça réunit les avantages de la ville et du village », racontait un type en terrasse du Triporteur, point de départ de l’expédition. Le « village ». Alors qu’on poursuit nos rencontres, l’image sort à nouveau de la bouche des personnes avec qui on tchatche. Au point de nous chatouiller ; d’abord un peu, puis beaucoup. Et quand ça chatouille, on a envie de gratter.

C’est qu’en guise de « village », on parle quand même du plus gros quartier de Lille en nombre d’habitants. D’un marché qui accueille des dizaines de milliers de chalants chaque semaine – le « troisième marché d’Europe » pour certains 1. De T-shirts « I love Wazemmes » qui se vendent à 19 boules sur internet. D’un festival d’accordéon capable de drainer 20 000 personnes. Et d’une fête, dite de la « soupe », qui réceptionne 50 000 badauds sur un week-end – le double de la population du quartier. Les frontières de Wazemmes, au fond, ne sont pas si simples à dessiner. Une anecdote nous revient, qui achève de jeter la suspicion sur l’image d’épinal. « Wazemmes on t’aime !! »  hurlait, le 15 mai dernier, la foule réunie au bal de l’emblématique Cheval Blanc, situé près de la place du marché. Le problème, c’est que la fête, elle, avait lieu dans la salle du Grand Sud. 1600 personnes téléportées par navettes ont ainsi communié dans la vénération d’un bar et du « vrai » Wazemmes… mais à Lille sud.

Du chlore dans le folklore

Mais alors, si l’imaginaire est à ce point troublé, qu’en est-il des pratiques ? On repense aux longues banalités endurées lors des premières interviews, sur la mixité, le brassage et toute la farandole. Peut-être, après tout, qu’elles méritaient d’être prises plus au sérieux. « Wazemmes est en train de se gentrifier, mais les bars échappent à ce mouvement. On y croise tout le monde », continue une cliente croisée sur la terrasse du Relax. À 200 mètres de là, un peu plus tôt dans la soirée, dans son rade proche de la station de métro, le serveur de Chez Tayeb nous avait pourtant cueilli de volée : « vous êtes les premiers blancs à rentrer dans le bar cette semaine ». Lui dresse un constat amer sur l’évolution du quartier : « la place du marché, tout ce coin là, c’est propre, c’est animé. Chez nous, c’est juste la misère ». Deux mondes juxtaposés, sur un kilomètre carré. « Nous, on est des classes rapportées » tranchera, plus tard dans la soirée, une jeune prof habituée des terrasses.

Une opposition géographique, donc, qui saute à la gueule pourvu qu’on ouvre un peu les yeux. Mais une séparation temporelle, aussi. Car à Wazemmes, les rapports sociaux se lisent en suivant la succession du jour et de la nuit. La journée, au café du Poste, des ouvriers – actifs et retraités – viennent boire une chope ou manger un morceau. La nuit, elle, appartient aux étudiants, aux jeunes salariés et aux bières trappistes. « Le soir, c’est beaucoup de gens issus des facs de lettres, d’arts ou de sciences humaines, raconte un client assidu. Il y a pas mal de jeunes profs aussi ». On est pas encore dans le quartier européen de Bruxelles, mais de fait, la nuit éclaire différemment la physionomie sociale du quartier. « On se retrouve entre gens qui aiment la grosse picole ; donc forcément, ça n’inclut peut-être pas tout le monde », s’interroge Charlotte, la mine pensive, rencontrée au Triporteur.

Le « bobo », c’est l’autre

Aujourd’hui, Wazemmes apparaît comme le miroir inversé de la métropole anonyme, un des lieux qui permettent encore d’y survivre. Le quartier incarne ce qui échappe à la police de la ville, sa routine, sa laideur, son emprise, sa course à la compétitivité, son salariat anonyme. Il est précieux, mais à un point tel que, dans les rencontres que nous multiplions ce soir là, il semble souvent appréhendé sans nuances, que sa mise à distance affleure avec difficulté. Et lorsque celle-ci survient, elle se teinte de fatalité. David a débarqué de Paris il y a deux ans, et apprécie l’ambiance festive et simple du quartier. Habitué du Café Jean, il concède néanmoins : « c’est vrai qu’on est un peu entre nous, entre blancs trentenaires. On se dit qu’on y va trop souvent, que ça serait bien de faire autre chose que d’aller au bar, de changer un peu, et puis on y retourne quand même. » Il y a parfois quelque chose de morne dans la fête, quelque chose comme l’odeur renfermée de l’entre-soi.

Est-ce parce que la soirée avance, que nos questions sont plus affûtées, ou est-ce tout simplement qu’on a la chance de tomber sur des gens un peu moins creux ? Toujours est-il que les témoignages se font plus incisifs. Guitoune, rencontrée au Relax : « on dit que Wazemmes c’est trop bien, mais le truc  »quartier convivial, populaire » etc., ça ne veut rien dire. On est tous là, jeunes, de gauche, entre nous ». Sophie, croisée dans un autre bar, ne disait pas autre chose : « le mélange, s’il existe vraiment, c’est pas franchement dans les bars qu’il se joue. Échanger deux conneries avec un inconnu au coin d’une rue à trois heures du matin, je suis pas sûr qu’on puisse appeler ça  »mixité ». Dans le quartier, on trouve surtout des communautés qui vivent côte-à-côte ». Résidente à Moulins, elle-même dit ne pas aller à Wazemmes « sauf pour la teuf et le marché ». Guitoune, encore : « on parle de diversité parce qu’on va au marché, mais concrètement les gens différents, on les croise, on ne les rencontre pas ».
Une expression intuitive revient en permanence pour ramasser les impressions des personnes avec qui on échange. « Wazemmes, ça se boboïse ». On aurait presque envie d’être d’accord… Mais, petit problème : le terme n’a pas beaucoup de consistance sociologique – il est même foutrement flou. De qui parle-t-on ? De l’artiste désargenté ou du jeune entrepreneur tout fier de sa start-up ? D’une prof de fac ou d’un chômeur volontaire ? « Ce qui est chiant, c’est tous ces bobos qui habitent Wazemmes, mais qui n’y sortent pas » juge par exemple une cliente du Relax. À qui pense-t-elle ? « Ben… à mes potes de l’école d’archi. » La frontière est aussi mince que nos feuilles à rouler. Sans doute que le flou de l’expression est ce qui explique d’abord son succès. Mais au fond, le « bobo », c’est personne – si ce n’est l’autre. Le « bobo » existe moins en tant que tel, qu’il ne permet de marquer ses distances avec son propre dégradé : soi-même, en pire.
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Dis-moi qui tu bois, je te dirai quoi tu es

Il n’empêche : le quartier change, c’est un fait. « J’ai commencé à organiser des concerts, ça ramenait du monde. Et puis j’ai acheté plus de bières spéciales différentes, parce que ça aussi ça attirait beaucoup les gens » explique le patron d’un des bars les plus en vue du quartier. Il date le basculement autour des années 2006-2007. La tendance de fond est probablement plus ancienne, vers le début des années 2000, lorsque certains ont commencé à parler de la « deuxième gentrification ». « Gentrification », du nom de ce processus d’éviction des classes populaires de leur propre quartier. « Deuxième », parce qu’elle fait suite aux premières intentions de la mairie dans les années 70, lorsque les expulsions locatives ont commencé à se multiplier 2.
La fête n’est qu’un aspect parmi d’autres de ce phénomène, qui doit beaucoup aux efforts conjugués des promoteurs et des socialistes. Mais les bars y jouent un rôle – peut-être bien malgré eux. Rue des postes, ces derniers mois, les établissements se sont amassés contre le rond-point du Serpent. En attendant, un jour, de le dépasser pour remplacer les épiceries arabes. « Avant, cette rue était blindée de petits commerces populaires. Petit-à-petit, ils sont remplacés par des bars plus ou moins branchés », rapporte un vieux patron de bar du haut de la rue.
Le contenu même de ce qui s’y boit n’est pas neutre. S’enchaîner les pintes à 7 euros – c’est qu’il coûte cher, le Wazemmes populaire – n’est pas complètement à la portée de tout le monde. Les goûts reflètent les classes. « Dans mon bar, j’essaie de garder un mélange de la clientèle. Pour moi, c’était hors de question de servir du champagne à la coupe ou je sais pas quoi, argumente la patronne d’un petit troquet. Je n’ai pas de bières à plus de 7° : ça évite la viande saoûle, et puis ça met tout le monde à la même enseigne », précise-t-elle. Reste que le quartier tend à se scinder. Dans un de ses rapports récents, l’INSEE note que « deux parties semblent se distinguer : la partie sud reste en difficulté quand la partie nord bénéficie d’une mixité sociale avec l’installation d’étudiants et de jeunes cadres ». Chose étonnante : Wazemmes la populaire ne compte que 14% de logement social HLM, soit près de 10 points de moins que la moyenne de la ville. Les opérations immobilières en cours scandent la géographie de l’embourgeoisement.
La « deuxième gentrification » sera liquide

 

Mais, peut-être plus que dans le Vieux-Lille, où la gentrification s’est opérée à grands coups de rénovation urbaine, et peut-être aussi parce qu’elle est plus contrastée, celle de Wazemmes semble prendre des formes plus innocentes. Le caractère « populaire » de sa sociabilité vient bien sûr du fait qu’on trouve plus de classes différentes dans ce quartier-ci que dans beaucoup d’autres. Mais « populaire » semble aussi parfois simplement vouloir dire « nombreux ». Les grands événements du quartier (Festival de l’Accordéon, Fête de la Soupe, voire dans une moindre mesure la Fête de la Jonquille) s’organisent autour du folklore « populaire », mais turbinent aussi beaucoup à l’intense consommation d’alcool. Qui n’est pas forcément la pratique la mieux partagée du quartier.
Le Workshop s’est installé il y a deux ans rue des Sarrazins. « On est les seuls sur Lille à proposer des after le dimanche, à partir de 7h, jusqu’au lundi matin, 1h », détaille un de ses serveurs. Le dimanche, électro et transe cartonnent toute la rue. Et, du fait des horaires, attirent une clientèle qui vient de tous les coins de Lille. Le bar joue sur plusieurs tableaux : il est bien situé, il bénéficie de l’effet de réputation de Wazemmes, tout en profitant du portefeuille de teufeurs qui débarquent de la ville entière. Mais, dans le paysage de la rue, il tranche sévèrement. Si la fétichisation du Cheval Blanc a pris un tour complètement grotesque (sa patronne, Monique, sur scène, juchée sur un grand canasson en bois lors de Wazemmes l’Accordéon), le contraste entre les deux lieux est frappant. Et semble préfigurer ce qui attend la rue des Sarrazins.
Un peu plus loin, La Réserve, un « Bar à Manger », s’est installé récemment. S’il n’est ouvert que le vendredi soir en week-end – et ne participe donc qu’à la marge à cette gentrification « festive » – il organise régulièrement des vernissages d’exposition. Une pratique culturelle qui contribue aussi, à sa manière, à chambouler les habitudes du quartier. En attirant sans doute une clientèle plus âgée qu’ailleurs, mais plus hûpée qu’avant. « Ici, les gens ont plutôt entre trente et cinquante ans », raconte Sandrine, la quarantaine approchante. Elle qui dit « ne sortir qu’ici » explique : « je suis plus tranquille. En tant que meuf, c’est quand même plus paisible que dans d’autres lieux ». Deux autres clients, chemises et vestes soigneusement repassées, racontent : « on vient à la fois ici, et dans le Vieux-Lille, ça dépend des fois ». L’un habite dans le quartier, l’autre à République : « comme ça je suis entre les deux ». La discussion est interrompue par une descente de la Municipale. Et suscite cette analyse qui, un peu comme cette histoire de bars à Wazemmes, commence bien et finit mal : « la mairie fait ce qui fait plaisir à ceux qui votent. Et ceux-là ils habitent ici, mais ils ne vont pas dans les bars. C’est ça aussi : les jeunes ils ont qu’à voter. La solution, c’est peut être juste la démocratie ». La descente de flics les navre ; mais surtout parce qu’on approche d’1h du matin, et qu’ils ne savent plus où aller pour continuer la fête.

Tropismes de classe

Pour autant, la politique municipale de gestion de la vie nocturne apparaît vite au cœur des préoccupations de la plupart des autres personnes qu’on interroge 3. Sans qu’on aille même les chercher là-dessus, les remarques sur le mode du : « Wazemmes c’est plus pareil, tout est cadenassé » font florès. Au point d’en devenir embarrassant. Au fond, tout se passe un peu comme si l’opposition à la réglementation soudait un certain milieu social, blanc, la trentaine diplômée pour le dire vite, et dont la commune expérience se nouerait autour des pratiques festives. Un milieu qui serait focalisé sur un ennemi commun, les flics et la mairie, mais uniquement sur la base de ses intérêts matériels.
Sur le trottoir d’un bar de la rue Henri Kolb, où on termine notre maraude, un ami du patron commence par resservir l’hymne officiel du quartier : « À Wazemmes, tout le monde se connaît, ça se mélange, ça brasse ». Puis le discours s’étiole : « Après en même temps, dans dix ans, c’est clair que Wazemmes ça sera un peu comme le Vieux-Lille ». Ce truc autour de la « fatalité » nous revient dans la tronche. Parce qu’il pose une question difficile – celle qui, dans le fond, nous hante tout ce papier : comment politise-t-on la question des bars ? Peut-on se contenter d’un regard de « consommateur averti », et d’esquiver certains rades plutôt que d’autres ? Au cours des échanges, une personne nous rappelait cette réalité troublante, dont beaucoup ont fait l’expérience : « c’est difficile de convaincre ses proches, même bien marqués à gauche, de ne plus fréquenter les bars où on sait pourtant qu’on y trouve du sexisme et du racisme, que ce soit de la part des patrons ou des clients ». Ce n’est sûrement pas cette petite virée nocturne qui nous permettra de trancher sur la (non) politisation du milieu festif de Wazemmes. Mais elle n’aura pas non plus dissipé un fort goût d’amertume, qui ne devait pas sa ténacité qu’à l’engloutissement – certes frénétique –  de quelques litres de triple fermentation…

Diolto, Jacques T., Lawrence

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Reportage: C’est Athènes!

Petit reportage sur la réponse des anarchistes grecs à la crise économique…

 

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COP21 : Le gouvernement français va rétablir le contrôle à ses frontières

Vu sur Paris-luttes.infos

D’après les dernières infos, la France va introduire des contrôles aux frontières à partir du 13 novembre 2015 jusqu’au 13 décembre 2015. Soit un mois complet où les douaniers et les flics en tout genre pourront contrôler qui ils veulent à la descente d’un avion, dans les gares ou encore aux frontières terrestre avec nos voisins européens.
De mémoire, jamais la France n’avait levé les accords de Schengen sur une période aussi longue.

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Par ailleurs, il a été demandé aux flics et gendarmes de limiter au strict minimum les congés durant les quinze jours de la conférence. La tendance mode de Paris cet hiver, ce sera le bleu mais aussi peut être le rouge et noir !
Mais qu’elle est la menace si grave qui pèse sur le territoire durant la COP21 ?
Tu as deviné amis lecteur : L’épouvantail, le fameux Black Bloc !
Ainsi le ministère de l’intérieur commence dores et déjà sa rituelle criminalisation préventive médiatique. Le tout est bien sur repris sans la moindre analyse critique par une presse toute acquise à la glorieuse conférence de la COP21.
Le ministère de l’intérieur prépare les esprits franciliens aux barrages, flics, contrôles que nous allons subir encore plus que d’habitude pendant un mois.
Il prépare les esprits au fumeux clivage violent/non-violent.
Il prépare les esprits à la criminalisation et à la répression des manifestants.

Ne nous laissons pas diviser. Nous n’avons pas peur. Nous serons nombreux à nous manifester.

Source : Bastamag

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