Belgique : premier bilan de la grève générale du 15 décembre

Belgique : premier bilan de la grève générale du 15 décembre.

Article de la CNT 59.

Ce lundi 15 décembre 2014, la Belgique a connu l’une des grèves générales les plus importantes de son histoire. Depuis plusieurs semaines, la pression montait sur le gouvernement de droite dirigé par le libéral Charles Michel. Aujourd’hui, dans tout le pays, l’activité économique a été quasiment arrêtée. Des piquets de grève un peu partout, des barrages routiers et des blocages de zones commerciales & industrielles aux quatre coins du pays, les grands ports flamands fortement perturbés ou fermés à la circulation, les écoles et les crèches complètement fermées, des activités hospitalières réduites au minimum, les services de la poste et du ramassage des ordures paralysés, les programmes des radios publiques remplacés par de la musique (à l’exception des flashes d’info), aucun train, tramway et métro en Flandre et à Bruxelles, quelques rares bus en Wallonie, un espace aérien fermé sur l’ensemble du territoire, des magasins obligés de baisser leurs rideaux face à la pression des grévistes, des secteurs entiers de l’industrie, de la distribution et de l’administration tournant au ralenti ou totalement immobilisés… les travailleurs et travailleuses belges ont montré que ce sont eux/elles qui font tourner l’économie et que, uni.e.s et déterminé.e.s, ils/elles représentent une force considérable.

Bien sûr, ce n’est pas la révolution sociale à laquelle nous aspirons. Mais le fait d’avoir programmé un plan de lutte sur la durée avec des rendez-vous connus à l’avance (cf. notre article précédent) et la radicalité des actions menées lors de ces différents rendez-vous montrent que, s’il s’en donne les moyens, le mouvement syndical possède les armes susceptibles de faire plier gouvernement(s) et patronat. Un exemple à méditer, notamment en France où, depuis trop longtemps, certains syndicats endorment leurs adhérent.e.s et leurs sympathisant.e.s avec des journées de 24 heures sans lendemain et aux formes d’action mollassonnes.

Face à cette situation, Bart De Wever, le dirigeant du N-VA (parti nationaliste flamand) qui n’est pas membre du gouvernement fédéral mais qui est considéré comme le véritable homme fort de la coalition au pouvoir, a dénoncé une grève « politique ». Quant au patronat (frappé au porte-monnaie !), il a pleurniché sur le blocage des entreprises.

Au soir de cette journée mémorable, les syndicats belges continuent à dénoncer les projets du gouvernement fédéral qui, rappelons-le, vise à réaliser 11 milliards d’euros d’économies en 5 ans, refuse de revaloriser les salaires par rapport à l’inflation, prévoit de reculer l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans à partir de 2030 et programme des coupes dans les services publics, les transports et la culture. Rendez-vous dès la rentrée de janvier 2015 où il est fort possible que de nouvelles actions syndicales soient mises en place !

 

Share Button
0

Pourquoi faut-il fermer les magasins pendant une grève?

Depuis la grève générale du 15 Décembre, on a pu constater un emballement médiatique autour de la question des piquets de grèves ( rappelons que certains anti-grèves ont foncés avec leurs voitures sur des grévistes et que cela a fait beaucoup moins de bruits que « l’affaire Raymonde »), des fermetures de magasins et du tout nouveau terme à la mode du « droit au travail ».

Tout d’abord, il nous semble important de rappeler qu’actuellement le gouvernement poursuit une politique d’austérité clairement offensive envers les pauvres qui a été commencé par le précédent gouvernement socialiste.

Dès lors la grève général du 15 Décembre se place dans le contexte d’un conflit opposant les populations pauvres (travailleurs et non-travailleurs) au gouvernement. Il s’agit d’obtenir un rapport de force permettant de faire reculer le gouvernement.

Ce rapport de force face au gouvernement lors d’une grève ne peut avoir du poids que si l’économie du pays est paralysé.

Les « acquis » sociaux que le gouvernement attaque actuellement (pension, chômage, droits sociaux,…) n’ont pas été obtenue en lançant des fleurs ou en allant voter. Ils ont été obtenus par des luttes sociales longues et difficiles.

En partant de ce constat, si des grosses enseignes tel que H&M, L&L, McDo,… restent ouvertes elles participent à « casser » la grève, elles participent à rendre le rapport de force moins favorable aux grévistes.

Elles profitent même de la grève puisque la plupart des autres magasins sont fermés…

Qui plus est, ces grosses enseignes font très souvent appelle à des intérimaires ou à des CDD et n’hésitent donc pas à faire pression sur leurs employés pour les  empêcher de faire grève (ou les forces à utiliser un de leurs jours de congés).

Il est donc nécessaire pour tenter d’avoir un rapport de force favorable et pour permettre aux employés qui voudraient faire grève mais qui ont trop peur des conséquences (de par leur condition d’intérimaire ou CDD) de le faire, de faire fermer ces grosses enseignes…

Share Button
0

Vidéo: Où est la violence Raymonde?

Share Button
0

Justice de classe à Péruwelz…

Une société de Péruwelz qui était poursuivie pour « homicide involontaire commis par manque de prévoyance ou de précaution » a bénéficié de la suspension du prononcé. L’affaire portait sur un ouvrier qui est décédé par asphyxie alors qu’il travaillait sur une machine qui l’a pris en étau entre une palette de briques et une pièce métallique.

L’entreprise n’avait effectué aucune analyse de risques sur cette machine.

Ce rendu ne nous surprend aucunement, nous ne croyons pas en cette justice et nous ne pensons pas que de peines de prisons (ou autre) puissent changer quoi que se soit à ce tragique évènements. Ce genre d’affaires continueront à exister tant que le capitalisme ( et sa folie du profit à tout prix) existera.

Néanmoins cette affaire (et bien d’autres…) démontre assez bien que la justice n’est pas la même pour les pauvres que pour les patrons et autres bourgeois. Le pauvre qui aura volé pour survivre ou qui se sera révolté prendra des peines beaucoup élevés que le riche patron qui laisse crever ses employés pour le profit ou que le riche qui aura détourné des millions…

Share Button
0

La presse mainstream contre la grève…

En ce lendemain de grève, on voit pulluler dans la presse mainstream des articles très clairement dirigés contre la grève.

Des flots de témoignages de non-gréviste mécontent d’avoir été atteint dans leur droit de faire exploiter (de plus en plus) par leur chers patrons pleins aux as, ainsi que des attaques anti-grévistes de très bas étages du style « regarder sur le piquet, y en a qui boivent de la bière et font des barbecues ».

Pire encore, des actions collectives de fermeture de magasins restés ouverts à Namur se sont transformés en véritable harcèlement médiatique contre une secrétaire régionale Setca que l’on voit dans une vidéo faire voler quelques vêtements (et encore de façon assez calme…). Le magasin en question est un H&M, une entreprise aux agissements pour le moins crapuleux. Rappelons que cette entreprise exploite de nombreux ouvrier pour la confection de ses vêtements. Au Cambodge par exemple, ses employés ne sont payés que 50€/mois pour près de 70h de travail/semaine! Lorsque les salaires avaient trop augmentés à leur goût en Chine, ces esclavagistes ont décidés de délocaliser d’abord au Vietnam et au Bangladesh puis en Ethiopie. Des vêtements étaient produit pour H&M dans l’usine textile qui s’est effondré en tuant près de 1100 personnes… On est là bien loin de quelques vêtements qui volent…

Ces articles nous montrent clairement quels est le rôle réel de la presse mainstream: servir d’organe de propagande au patronat et au gouvernement…

Share Button
0

La lutte contre l’austérité continue…

La lutte contre les politiques d’austérités menés par ce gouvernement (mais dont les première mesures ont été prises rappellons-le par le précédent gouvernement PS) continue avec de nombreuses initiatives.

A Bruxelles, un Centre Social Occupé  « le Coin de la grève » a été ouvert le week-end du  6/7 décembre.  Cet endroit se voulait être un lieu de discutions, d’informations et d’organisation pour la grève générale. Le 8 décembre au matin des banderolles ont été posé sur le CSO. En après-midi, une trentaine de flics ont expulsés le CSO (Plus d’infos: http://bxl.indymedia.org/spip.php?article6051&lang=fr )

De nombreuses actions sont prévue pour le 15 décembre.

L’Union Belge du Transport ainsi que la FGTB incite les camionneurs à faire grève lundi et à « paralyser le pays »!

De nombreux piquets devant des entreprises et zonings sont prévu partout dans le pays.

Dans la province de Hainaut

A Charleroi, les syndicats annoncent renouveler les piquets du 24 novembre avec une mobilisation plus fortes.

Les Jeunes FGTB se donnent rendez-vous à 4h30 devant le centre Jeunes Taboo pour leurs action. Il y a également un rendez-vous à 5h30 du matin au QG de grève du front commun syndical à la FGTB Charleroi, 36/38 Bd evreux 6000 Charleroi.

La FGTB Wallonie Picarde annonce dans un tract que les zones d’activités économiques seront bloqués et inaccessibles.

L’aéroport sera bloqué par la grève de Belgocontrol et les barrages mis en places le 24 novembre seront renouvellés.

En province de Namur

A Namur aussi les syndicats prévoient une mobilisation plus forte que lors de la grève tournante du 1er décembre.

Il y aura un arrêt total accompagné de piquets aux zonings de Rhisnes et Seilles, Créalys aux Isnes, Sombreffe et Malonne.  Des piquets bloqueront la circulation vers les zonings au rond-point de Malonne et sur la N4 à Naninne.

En province de Luxembourg

De nombreux piquets principalement sur des zonings.

- Zoning industriel de Latour – Virton Piquets à Latour (près des entreprises Jindall, Mima,…) et à Virton (portail nord de Burgo.) Franck BAILLIEUX (0478/96 09 94)

- Zoning d’Aubange Piquets autour de Fédéral Mogul Serge CAREME (0477/31 13 50)

- Zonings de Messancy Piquets à Magolux, Ampacet et Ets Charlier et Zone commerciale du CoraSerge CAREME (0477/31 13 50)

- Zonings d’Arlon Entrée du zoning industriel de Weyler Franck BAILLIEUX (0478/96 09 94)

- Zoning de Bastogne Piquets à Autover et Eurolocks

- Zoning de Vielsalm Piquets à IBV et à Spanolux Christian GOMEZ (0475/56 16 95)

- Zoning de Marche Parking du Delhaize. Conseil : se garer à la place de l’étang Objectifs : commerces de Marche, zoning de Aye et du Wex, Administration communale Jennifer BERGMANN (0474/04 60 95) Christian SCHAMMO (0494/22 23 43)

- Libramont Piquet à L’Oréal et à la Laiterie des Ardennes. Christian GENTGEN (0473/94 48 75)

- Les secteurs publics Cheminots : les militants seront présents dès 3h00 du matin dans les différentes gares Poste : blocage habituel du centre de tri de Libramont et des gros points poste Enseignements et administrations : actions variables d’une localité à l’autre,…

La FGTB Luxembourg appelle également les sans-emplois et pensionnés à rejoindre les piquets!

En province de Liège

Des blocages sont prévus devant les 4 principales galeries marchandes: Cora Rocourt, la Médiacité, Belle-Ile et les galeries Saint-Lambert.

L’aéroport et le port autonome seront également bloqués.

Des grandes entreprises tel ArcelorMittal, Prayon, la FN Herstal, Techspace Aero seront eux-aussi bloqués.

Comme dans les autres provinces, de nombreux zonings seront à l’arrêt  comme ceux de Villers-le-Bouillet, de Grâce-Hollogne, du Sart-Tilman et des Hauts-Sarts.

L’Alliance pour des Alternatives à l’Austérité (AAA) qui avaient déjà organiser une manif le 1er décembre appelle à un rendez-vous à 7h Place Saint-Paul à Liège pour renforcer les piquets devant les banques.

A Bruxelles

Des blocages massifs sont prévu à l’entrée des zonings d’Anderlecht, de Drogenbos, de Diegen et de Zaventem.

La FGTB annonce un rassemblement dès 06h00 devant la banque nationale, située au 14 du boulevard de Berlaimont.

Les syndicats envisagent de bloquer totalement les navettes vers l’aéroport et les bus iDBUS mis en place par la SNCF pour suppléer aux TGV et Thalys. Des piquets seront en place dès 21h30 dimanche rue de France près de la gare du Midi et dès 21h00 à l’atelier SNCB de Forest. Un rassemblement des piquets de Bruxelles-Nord, de l’atelier de Forest, de l’atelier de Schaerbeek et de l’atelier Infrabel d’Haren est prévu vers 11h00 rue de France.

Des ateliers banderolles sont prévues le 13 et 14 décembre à partir de 17h à l’allée du Kaai (Avenue du ports 49) ainsi qu’une action à vélo le 15 à 7h.

 

 

 

 

 

Share Button
0

Contre la propagande médiatique, refuser de hurler avec les loups

(Article issus du site d’AL Bruxelles)

Jeudi 6 novembre, Bruxelles accueillait une manifestation syndicale historique qui rassembla plus de 100.000 personnes contre les politiques d’austérité du nouveau gouvernement. Pourtant, il n’aura fallu attendre que quelques heures pour que les médias et les politiciens reprennent en cœur les propos condamnant les échauffourées entre manifestants et policiers aux environs de la Gare du Midi.

Avides d’images sensationnelles, les médias avec l’aide de Christian De Coninck – porte parole de la police de Bruxelles – ont séparé le bon grain de l’ivraie, les bons manifestants des méchants casseurs. Premiers cités, les Dockers du port d’Anvers mais il n’a fallu gère longtemps pour que les anarchistes soient également visés par l’opprobre médiatico-politique.

En réalité la charge conservatrice avait déjà été sonnée quelques jours plutôt, notamment sous la plume de Françis Van De Woestyne (La Libre) ou dans les déclarations de Jacqueline Galand (ministre MR de la mobilité), où le droit de grève qui était remis en question. On le sait, ce gouvernement est antisyndical, il mène une guerre tant politique que culturelle contre les mobilisations syndicales. Comme Margareth Tatcher dans les années 80, il rêve de limiter le droit de grève voire de casser tout mouvement social.

Pour rappel, entre 84 et 85, le Royaume-Uni connait le conflit social le plus important depuis la seconde guerre mondiale : la grève des mineurs. Face à la lutte des mineurs contre la fermeture des mines de charbon, le gouvernement de Tatcher décide de casser la résistance syndicale pour imposer une nouvelle ère économique : le néo-libéralisme.

Pour casser des mouvements sociaux, la technique est connue et bien rodée. Désigner les mauvais manifestants. Ainsi, Tatcher fait des mineurs en grève des « ennemis de l’intérieur » et  fait abattre sur eux la répression de l’Etat. Les médias, dans leur rôle de chien de garde, présenterons les grèves comme antidémocratiques et les grévistes comme des casseurs. La répression de la police (militarisée pour l’occasion) fera 20.000 blessés, 11.000 arrestations et 6 mineurs seront assassinés par la police ! La justice, qui n’est jamais neutre, rendra les grèves illégales et décide de la dissolution de l’Union nationale des ouvriers de la mine.

Cette technique de division des manifestants est probablement aussi vieille que l’émergence des mouvements sociaux eux-mêmes.  Elle sera appliquée durant la « grève du siècle » de l’hiver 60-61 contre la loi unique de Gaston Eyskens. Il y a les bons manifestants, démocrates et pacifiques et en face les mauvais, les casseurs antidémocratiques.

Face à la propagande, personne ne se demande pourquoi des travailleurs-euses en viennent à utiliser la violence physique pour manifester leur mécontentement. Comme les mineurs britanniques ou les travailleurs belges des années 60, les dockers d’Anvers se battent contre la destruction de leurs conditions de travail (déjà parmi les plus dangereuses !). En effet, aussi bien les dockers néerlandais, belges que français font face à la libéralisation de l’activité portuaire. La libéralisation prévoit entre autre la possibilité pour les entreprises de ne plus avoir recours aux dockers statutaires mais bien à des travailleurs non syndiqués, non formés, sous statuts précaires multiples comme les intérimaires avec à la clé des salaires inférieurs de 30 % !

La destruction des acquis sociaux et la précarisation, c’est la politique qu’entend mener le gouvernement de Charles Michel, porte flingue de la NV-A. D’ailleurs, Bart de Wever (le vrai chef du gouvernement) vient de rappeler dans une interview qu’il n’y a pas d’alternative à la politique du gouvernement. Il n’y a pas d’alternative ? Cette déclaration fait écho à la fameuse phrase attribuée à Margareth Tatcher, « There is no alternative ». Aux yeux de De Wever et de Michel comme aux yeux de Thatcher il y a 35 ans, il n’y a pas d’alternative au système capitaliste, aux réformes néolibérales, à l’austérité que tue les travailleurs-euses, détricote nos acquis sociaux et nous pousse toujours plus dans la misère. C’est pour rappeler cette violence faite aux travailleurs-euses que nous avons occupé le 6 novembre le siège de la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique) dont on connait les collusions avec le gouvernement.

Mais comme le disait avec raison Bertolt Brecht, « on dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent  ». Car la violence c’est le gouvernement qui la mène (il suffit d’aller faire un tour à Anvers où la NV-A mène de front des politiques racistes et ultra-sécuritaires pour s’en rendre compte). Face aux mesures d’austérités prévues par le nouveau gouvernement, face à la répression grandissante, à la violence physique, morale et humaine, face aussi au refus d’entendre les mouvements sociaux (puisque De Wever l’a dit, il n’y a pas d’alternative aux politiques du gouvernement) on ne peut que comprendre le mécontentement grandissant et l’usage de la violence par des manifestants !

On nous rétorquera qu’on vit en démocratie ? Mais qui y a-t-il pour croire encore à ce mensonge éhonté ? A partir du moment où les soi-disant lois démocratique sont établies par ceux-là même qui défendent les patrons et les riches, qui peut encore croire que ces lois défendent le peuple ? Les lois n’arrangent que ceux qu’elles défendent. Il suffit de voir l’impunité dont jouit la police dans les nombreux cas de violences policières pourtant avérés ! Les prisons sont pleines de pauvres, parce que toute violation de l’ordre des riches est condamnable…

La division opérée par le gouvernement et les médias vise à rendre légitime la violence étatique mais inacceptable la contestation sociale, elle veut nous faire croire que si l’on marche dans les clous on sera entendu. Or l’histoire montre bien que tout mouvement social est fait de contestation, de désobéissance et de violence. De la lutte pour la journée des 8 heures, aux luttes pour les droits sociaux, la radicalité est imposée par les gouvernements et les états qui refusent une société égalitaire et démocratique.

Au lendemain des affrontements entre policiers et manifestants, cette division a pris une forme différente. Parce que les politiciens et les médias craignent que les manifestants s’identifient à ces événements, ceux-ci prétendent que l’extrême droite était présente dans cette manifestation. S’il est vrai que des militants d’extrême droite ont été repérés comme le fut Pascal Cornet, membre du groupuscule néo-nazi Nation, ce dernier fut chassé par les militants antifascistes. L’un de nos camarades anarchiste et photographe militant à également été victime d’une agression physique pour des raisons racistes et deux membres des Nationalistes Autonomes hollandais ont également été repérés. Si les actes racistes sont inacceptables,  il est cependant absurde de considérer que la présence de quelques fascistes masqués puisse influencer ou noyauter plusieurs milliers de manifestants. En effet, si l’on suit cette logique, la dernière manifestation de GAIA était une manifestation fasciste puisque Nation y était présent et visible !

Pour les dockers d’Anvers, comme pour de nombreux conflits sociaux, l’extrême droite tente de s’infiltrer dans les luttes pour profiter du mécontentement des travailleurs-euses. Ce fut ainsi le cas du Vlaams Belang au port d’Anvers. Si leur discours populiste et raciste peut influencer quelques travailleurs-euses, ce n’est pas le cas de la majorité d’entre eux qui sont conscients de leur double discours (puisque le Vlaams Belang n’a rien fait pour s’opposer à la libéralisation des activités portuaires voulue par l’Europe alors qu’ils y siègent).

L’antifascisme des médias est aussi peu crédible que celui de Laurette Onkelinx (PS) lorsqu’elle s’attaque aux ministres NV-A. Ce sont eux qui par leurs politiques et leurs discours pro-austérité ouvrent la voie aux populistes et à l’extrême-droite. Après avoir affirmé que les anarchistes ont noyautés les dockers, les médias affirment maintenant que les actes racistes de quelques dockers signifient forcément que ce sont des fascistes. Rien de plus faux, comme lorsque certains prétendent que ce sont en réalité des flics en civil ou autre « agents provocateurs » qui seraient responsables des évènements.

Les termes « casseurs », « anarchistes » ou autres « agents provocateurs » sont faits pour délégitimer une manifestation d’ampleur historique mais également pour rendre illégitime le recours à la violence par le peuple. L’objectif étant de favoriser le consensus mou et de brider la colère des exploité-e-s. En somme, nous sommes autorisés à manifester notre désaccord mais selon les règles du jeu fixées par les dominants. Ceux-là même qui nous imposent leur violence au quotidien. Les médias et les politiciens, veulent nous faire croire que c’est la violence des manifestants qui décrédibilise cette manifestation, alors que c’est ces mêmes médias et politiciens qui bien avant ces évènements avaient déjà condamné cette manifestation, notamment en se faisant les porte-paroles des patrons contre la grève !

Aujourd’hui l’état condamne les actes des dockers en espérant ainsi diviser la population. L’état les condamne pour des actes de violences ? L’histoire des mineurs britanniques montre que si demain les mesures antisyndicales sont votées, l’état condamnera les syndicalistes pour avoir fait grève. Et si nous tombons dans ce piège, un jour l’état nous condamnera pour avoir simplement exprimé notre mécontentement. Et ce jour là, nous serons tous considérés comme des casseurs !

Share Button
0